‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 6 sur 318 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Les Septante ont adopté une autre signification : ils ont pris ce mot pour l'araméen 4sSl2^ (porte.) et ils ont traduit (édit. d'Alcala) : lx\ ttjç nù\r\i OùAaï'. La Vulgate a suivi cette version : Super portam Ulai. Il aurait pu y avoir à Suse une porte de la rivière (Cfr. Bab-el-Oued). Saadia explique aussi ow6a/par « porte.» Mais il exprime une incorrection lorsqu'il motive le choix qu'il fait de cette interprétation en disant que Suse n'a pas de rivière. On a aussi interprété 'abûla'' par columna ; et il est vrai que ce mot signifie aussi « colonne » en syriaque, comme le remarque saint Ephrem. Ce mot avait également ce sens chez les Phéniciens qui l'ont donné à une montagne du détroit de Gadès, Abyla (le «j se prononçait ou et a pu aisément donner le son de l'y). Enfin Symmaque a traduit 'Ubal par « marais, » parce qu'il y avait en ce lieu une grande abondance d'eau. La Vulgate a donné ce sens à ce mot, au verset suivant (ante paludem, devant le marais). Mais il s'agit bien d'un cours d'eau. Comme Ezéchiel, le prophète Daniel a des visions surles bords des fleuves. Ezéchiel près du Chobar et Daniel sur les rives de l'Ulaï (VIII, 1, 16) et sur celles du Tigre (X, 4). On a constaté qu'on ne trouve rien de semblable chez les prophètes palestiniens.

Quelques commentateurs ont pensé que Daniel ne se trouvait pas réellement à Suse ; mais qu'il y était seulement transporté en esprit, comme Ezéchiel (VIII, 3) à Jérusalem. L'ensemble du récit nous paraît indiquer le contraire. Daniel était à Suse pour les affaires du roi (v. 27).

Possibilité d'an séjoair de Daniel à Sîise. — Théodoret pense que Daniel ne fut transporté à Suse qu'en esprit. D'autres interprètes admettent aussi que le prophète se trouvait corpo-

sauvages) et quelques palmiers dont les maigres panaches sont impuissants à ombrager le tombeau de Daniel.

» L'Acropole était immense, sa superficie exacte comptée à partir des parements extérieurs des murailles mesurait 123 hectares. Sur ce chiffre les ouvrages défensifs entraient pour un dixième. Les palais et les constructions militaires occupaient trois plates-formes distinctes, apparentes sous l'épais manteau de terre qui les recouvre. A l'ouest, se dressait la citadelle. Les ruines affectent la forme d'un demi-cercle dont le centre serait orienté vers l'intérieur. La crête des éboulis atteint encore 38™, 50 au-dessus du niveau moyen du Chaour. A l'est, un tumulus long de 1,000 mètres, large de 61)0, portait les habitations privées du roi et des reines. Au nord-ouest une plate-forme à peu près carrée, haute de soixante pieds (21m,60), longue et large de 400 mètres environ portait l'apadâna ou salle du trône des grands rois.

Tellement à Babylone et qu'il n'était à Suse qu'en vision, comme Ezéchiel (ch. VIII, 3 ; LX, 2) fut transporté de cette façon à Jérusalem. C'est l'opinion d'A. Lapide (per visiunem videbatur sibi esse Susis... Sic Ezéchiel c. XI, 1, in spiritu fuit in Jérusalem ibique multa vidit. Visus est autem esse Susis» : qui a inde Cyrus qui Babylonem caperefc, et Balthassarem occideret, erat venturus. Susse enim fuerunt regia Persarum. Ita ex Aben-Esra Maldonatus(ïn Dan. VIII, 2). Vatable va même jusqu'à traduire ce passage : Et in visione circumspiciens, visus sum mihi esse in Susis Castro. Il ne semble pas cependant que Daniel dise expressément qu'il n'était pas à Suse corporellement, mais seulement en vision. Peut-être a-t-on été porté à interpréter le texte de cette sorte, parce qu'on voulait éviter de compromettre Daniel en les présentant comme contredit par des faits. Mais on n'a rien à craindre à ce sujet : le Voyant a pu très bien se trouver à Suse, personnellement, dans la troisième année du règne de Balthasar. On ne trouvera là aucune objection contre l'authenticité du récit; et il n'est pas nécessaire de couper court aux objections, en disant que Daniel n'était sur les bords de l'Oulaï que dans une vision et non pas physiquement.

Nous n'ignorons pas, en effet, que Bertholdt, Rosenmûller et d'autres commentateurs mettent ce verset en connexion avec le verset 27, et l'expliquent comme signifiant que Daniel était réellement à Suse. Il ne nous répugne pas d'être de leur avis et nous admettons volontiers que, d'après les textes, Daniel aurait fait un séjour à Suse pour affaires d'administration ou au nom du roi chaldéen. Mais nous soutenons que, dans ce cas, les rationalistes (Bertholdt, De Wette) ne sont pas admis à prétendre que « Suse n'appartenait pas aux Babyloniens du temps de Balthasar, » et que le prophète « ne pouvait pas s'y trouver pour des affaires du roi (vs. 27), puisque cette ville n'existait pas à cette époque, et quelle ne fut fondée que sous le règne de Darius l'Hystapide. »

En effet, 1°, en supposant que Suse ne fut pas alors sous la dépendance de Balthasar, Daniel aurait pu être envoyé dans la province d'Elam pour des affaires relatives aux intérêts babyloniens. Il est vrai que Reuss s'y oppose. Mais il ne faut pas chercher chez lui des raisons : il se contente de ne pas vouloir qu'il en soit ainsi et de mêler au texte une erreur qui ne s'y trouve pas. Après avoir dit que l'histoire du ch. V lui est suspecte, il ajoute : « 11 en est de même de la notice que le Prophète se serait trouvé dans la capitale de la Perse (ch. VIII, 2, pendant qu'il était attaché à la cour de Babylone » (La Bible, etc.)

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