CHAPITRE IX
mulas non vulgares adhibet. Ainsi, il désigne le Messie par les expressions : Ange du Seigneur (III, 49), Bar 'Elahîn ou Fils de Dieu (vs. 95), Bar e'nas ou Fils d'homme (VII, 13), Veillant [hir) et Saint (voy. p. 393-895, 302, 592, 806). Au verset que nous examinons, le prophète le présente comme «Justice éternelle» et comme «Saint des Saints.» Au verset 25, l'Être céleste apparaît comme « Oint (Messie)-Chef, » (Masiah Nagid) et au vs. 26, comme Messie et comme Nagid Habbo\ Ce sont là des noms propres employés, par suite, sans article. Les Targums disent aussi Malka Mesiha1 (Roi-Messie) et les protestants disent également Christ, sans article, parce que ce nom est alors considéré comme un nom propre. Il ne faut donc pas introduire l'adjectif indéfini un partout où manque l'article (voy. p. 175). Il faut tenir compte de l'observation que nous venons de faire. Il est vrai que Lengerke reproche à Daniel le manque de l'article, dans des cas où le doute n'est pas possible (das Fehlen des Artikels, wenn keine Zioeideutigkeit entstehen kann (p. LX), et que Ewald [Lehrb. § 277) constate que « la brièveté artistique des écrivains modernes se fait remarquer d'une manière frappante dans l'omission de l'article.» Mais ces écrivains auraient dû comprendre que cette omission se justifie et que les critiques doivent en connaître le motif et en tenir compte.
h Pour sceller Vision et Prophète. Nous avons déjà expliqué le sens de lahtom (infin. hiphil) de hatam, cacheter, sceller et métaphoriquement « finir, terminer. » Une prophétie arrivée à sa fin, à son terme, à son accomplissement, cesse d'être à l'état de simple prophétie ou de vision de l'avenir. Le verbe « sceller» indiquait ainsi que la prophétie était accomplie et que, de la sorte, la réalité de sa provenance surnaturelle était ratifiée, confirmée et authentiquée. Saint Jérôme a adopté ce sens : Ut adimpleatur (afin que soit remplie ou accomplie...). Ainsi notre texte indique que, à l'époque indiquée, l'ère des prophéties messianiques sera arrivée à son terme (cfr. Matth., VI, 17). Les promesses de Dieu relatives à l'avènement du Rédempteur seront accomplies. Ce passage n'indique pas qu'il n'y aura plus de prophètes et de visions aux temps du Messie (Siméon, Anne, etc. ; cfr. Act. , II, 17, 18). Nous apprenons seulement par cette révélation que lorsqu'il sera venu, il mettra fin au ministère prophétique de l'Ancien Testament : ce prophétisme aura atteint son but et sa mission sera devenue désormais inutile. Les sacrifices sans cesse renouvelés étaient une prédiction de tous les jours, les fêtes, les sabbats étaient une « vision et une prophétie »
dont le langage conduisait à la Victime sainte, au Pontife éternel de la nouvelle alliance.
L'espression hazon venabV signifie « Vision (surnaturelle, prophétique) et Prophète. » Le singulier sans l'article indique que l'objet est considéré dans sa plus large universalité ; l'absence de l'article indique la généralisation de l'objet : « Les visions et prophètes. » Saint Jérôme a traduit : Visio et prophetia, se contentant de donner le sens général ou peut-être parce qu'il a lu nebou'ah (-Ni 13 prophétie) au lieu de nabi (W13, prophète). Il s'agit, du reste, ici des visions et des prophéties qui se trouvent dans la Bible et en particulier des prophéties messianiques : le but de ces prophéties sera atteint dans le temps du Rédempteur. Il est donc étrange de voir Rosenmûller déclarer que ad absignandum visionem, s. oraculum et prophelam, signifie ut adimpleatur Jeremiœ prophetia de exilii fine. Pour donner à cette interprétation un semblant de preuve, il se contente de rappeler que Daniel a consulté les écrits de Jérémie : Intelligitur Jeremiœ vaticinium de septuaginta exilii annis XXV , 11, 12, XXIX, 10., quod Daniel se legisse dicit supra Vs. 2. Mais Daniel a-t-il fait, dans sa prière, allusion à cette prophétie ? L'Ange indique-t-il de quelque façon qu'il va expliquer la prophétie de Jérémie? Aucunement : ni l'Ange ni le prophète n'en disent le moindre mot. Rosenmûller se voit, d'ailleurs, forcé de reconnaître que, dans ce cas, il aurait fallu un article : Quum de certo quodam vaticirrio hic sit sermo scribi debuit prœmisso articulo. En effet, le texte devrait porter hahazon vehannebV . Or, l'article ne s'y trouve pas et, dès lors, il faut conclure que l'Ange n'a pas en vue cette prophétie particulière de Jérémie. Mais Rosenmûller a une façon très cavalière de s'en tirer ; il lui suffit de dire que les Hébreux de la dernière période négligent fréquemment les règles de la grammaire : Sed seriores Hebrœos leges grammaticas haud raro negligere constat. Le lecteur jugera s'il est permis de traiter avec cette légèreté une question aussi grave. Lengerke lui-même qui ne voit, d'ailleurs, ici qu'une explication de la prophétie de Jérémie, est plus sérieux au sujet de ce membre de phrase ; et il repousse l'assertion de Rosenmûller. Il reconnaît que, dans ce passag'e, hazon ne signifie aucune prophétie en particulier et est seulement un abstrait qui a le sens de « révélation, prophétie, » et qui n'ayant pas de pluriel, est employé pour an ni (paroles : -p-yn ^st n^er keine einzelne Weissagung...
sondern est ist abstractum... fiir Offenbarung, Weissagung De
son côté, Stuart qui n'est pas non plus suspect d'une exégèse