‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 67 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

favorable à la thèse messianique au sujet des soixante-dix semaines d'années, rejette également l'interprétation de Wieseler d'après laquelle la vision qui sera scellée est seulement celle de Jérémie (XXV, 2) ; et il ajoute que cette interprétation est « manifestement à côté du but de ce passage, dont l'objet a une étendue beaucoup plus grande » <palpably aside from the scope of the passage, which is of an extent much wider). Il ajoute que cette manière de voir implique un renversement de choses, car ce qui est raconté ici doit suivre les soixante dix semaines, tandis que le retour de la captivité les a précédées ; et ne pouvant approuver la fiction de Wieseler qui transforme les soixantedix semaines en semaines de jours, il termine en disant que « cette exégèse peut passer pour nouvelle, mais difficilement pour une exégèse vraie. » (4). Il suffit, d'ailleurs, de s'en tenir aux règles de la grammaire et de ne pas recourir à des incorrections ou à des exceptions que rien ne motive. Les expressions du texte offrent à dessein un sens indéfini, général : elles ne doivent pas, dès lors, être limitées à plaisir. Il n'est pas possible d'admettre qu'il soit question ici d'une vision particulière. Jésus visait ces prophéties lorsqu'il a dit : « Tous les prophètes et la Loi ont prophétisé jusqu'à Jean » (Math. XI, 13). Ce sont ces prophéties, qui, d'après la révélation de Gabriel, seront scellées, accomplies, confirmées. Or, nous savons, d'ailleurs, que le Messie était le grand objet des visions et des prophéties : le Messie est l'objet et la fin de toutes les prophéties ; elles ont toutes un regard, une intention directe ou indirecte vers lui : Finis Legis Christus ad justitiam omni credenti (Rom. X, 4); c'est dans le Christ que les prophéties devaient êtres accomplies ; c'est lui qui devait y mettre le «sceau» en les accomplissant. C'est aussi ce que Jésus-Christ témoigne lui même en disant : « Ne pensez pas que je sois venu détruire la Loi et les Prophètes ; je ne suis pas venu les détruire, mais les accomplir » (Math., V, 17) et ailleurs (Luc. XXIV, 44) : « Vous voyez ce que je vous avais dit lorsque j'étais encore avec vous, qu'il fallait

(1) Besides, this view of the matter would involveauaxepov 7ip6Tspov. Ail hère related is iofollow the 70 weeks ; but the return from the captivity did not follovv them. It occurred while they were in tra/isitu, and during the early part of them. Wieseler escapes from this, only by making the 70 weeks, in the verse before us, to mean merely 70 weeks of days, which passed away before the proclamation of Gyrus in Ezra i. ; a new exegesis, I admit, but hardly a true one.

que tout ce qui a été écrit de moi dans la Loi de Moïse, dans les Prophètes et dans les Psaumes fut accompli. » Tertullien expose très bien, en ces termes, comment notre passage a pu dire justement que Vision et Prophète seraient scellés : « Quid est quod dicit signari Visum et Prophetiam, quoniam omnes Prophetae nunciabant de ipso quod esset venturus et pati haberet : igitur quoniam adimpleta est Prophetia per adventum ejus, proptera signari Visionem et Prophetiam dicebat, quoniam ipse est signaculum omnium Prophetarum adimplens omnia quse retrô de eo Prophetae nunciaverant. Post enim adventum Christi et passionem ipsius, jam non visio neque Prophètes est qui Christum nuntiet venturum. Denique hoc si non ita est, exhibeant Iudaei Prophetarum post Christum aliqua volumina,etc. (Contra Judœos). Tout cela est fort clair. Reuss a cependant trouvé moyen de s'y embrouiller, en traduisant « sceller » par « cacher »: Sceller la vision, dit-il, signifiera qu'elle restera cachée, inconnue jusqu'au jour de l'accomplissement (ch. XII, 4, 9), par conséquent, en appliquant le même terme au prophète ou à la prophétie (en général), on a voulu dire qu'il n'y aura plus de révélation ultérieure, relativement à ces mêmes faits. D'autres cependant veulent prendre le mot sceller dans le sens de ratifier (p. 265). Il est bon de reconnaître d'abord que ce critique a dit, quelques lignes plus haut : « Enfermer le crime et sceller le péché, c'est le faire cesser. » On peut se demander ensuite pourquoi il dit ceci : «Sceller» la vision signifiera qu'elle restera cachée. D'après cette manière de traduire, l'expression sceller la paix entre deux peuples signifiera qu'on a caché la paix, le traité de paix ou ces peuples eux-mêmes.

Et pour oindre Saint des Saints. L'expression rrrpS offre un infinitif kal de rnzJQ, ^ a enduit, graissé, oint, sacré. L'onction dont il s'agit ne saurait être entendue littéralement. Il faut prendre le mot du texte dans un sens figuré. On sait que, dans de nombreux passages, l'action d'oindre est envisagée métaphoriquement. L'huile de l'onction était le symbole de l'Esprit de Dieu, de ses opérations, de sa pénétration dans les âmes et de ses dons. L'onction devint le symbole d'une communication de l'Esprit de Dieu (Ps. XLV, 8) et indiqua la sanctification (Exode, XXX, 22-29 ; XL, 1-16 : I, Sam., X, 1 et ss. ; XVI, 13, i4-, saint Jac, V, 14). L'onction s'appliquait aux rois et aux prêtres. Elle était aussi conférée à certaines choses, et dans ce cas, elle indiquait une consécration de ces choses à Dieu. Ainsi, le tabernacle fut oint, au moment de sa consécration, avec de

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