‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 72 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Quelques critiques ont prétendu que cette version ne rend pas le mot lehasib et qu'elle a omis un mot essentiel ; ce qai est fâcheux, disent-ils, sar ce mot marque précisément qu'il s'agit ici de l'édit de Cyrus et non pas de celui d'Artaxerxès. Mais il est facile de voir que l'auteur de la Vulgate n'a pas écarté ce mot et qu'il la traduit parfaitement d'après les règles de la grammaire, et d'après le sens général que ce verbe a en hébreu. Quelques critiques, il est vrai, avouant que cette manière de traduire est bonne à la conjugaison kal (comme pour tasûb, ciaprès), objectent qu'on ne le trouve pas employé ainsi au hiphil (sed in conjugatione hiphil sûb illo modo haud reperitur usurpatum. — Rosenmûller). Mais, de ce qu'on ne le trouve pas employé de la sorte dans le petit nombre de textes bibliques, que nous possédons, il ne suit pas que cette combinaison des deux verbes ne fut pas admise dans la langue, et saint Jérôme a pu savoir, par les docteurs juifs qu'il consultait, que la traduction qu'il nous a donnée était conforme au génie de la langue hébraïque. Personne n'est, du reste, en état de prouver que Yhiphil de sûb n'était pas employé ainsi. Le rabbin Cahen l'a aussi compris de la même manière, puisqu'il ajoute cette note à sa traduction de ce passage : «lehasib velibnôt marque une action. itérative, comme II, Sam., 15, 25, pour bâtir de nouveau, rebâtir. » On ne peut donc reprocher à la Vulgate d'avoir omis de traduire ce verbe. Rien d'essentiel n'est omis, et l'expression iterum œdificetur offre les deux idées de « rétablir dans son ancien état et de bâtir. » Sans doute, saint Jérôme aurait pu ne pas transformer sûb en adverbe et traduire littéralement : ad redire faciendum et œdificandum Jérusalem. Mais les adversaires n'auraient rien gagné à cette traduction qui a dû paraître trop répugner au génie de la langue latine. Pour les satisfaire, il aurait fallu introduire dans le texte ce qui n'y est pas et rendre ainsi le verbe lehasib : ad redire faciendum poputum ; et c'est ce qu'ils font mentalement ou expressément. En traduisant ainsi : a depuis l'édit qui ordonna le retour et le rétablissement de Jérusalem,» ces critiques se gardent bien de dire que le régime de lehasib est Jérusalem, et qu'il n'est question ici que du retour ou du rétablissement de la ville dans son premier état ; en traduisant : « pour revenir et bâtir Jérusalem, » ils prétendent, d'ailleurs, que le dabar lehasib est l'édit du retour du peuple Ksermo de reducendo populo) et en insérant ainsi dans le texte le mot « peuple, » qui ne s'y trouve pas, ils faussent la prophétie. Le mot lehasib se rapporte ici, bien certainement, à Jérusalem. 11 ne s'agit que d'un décret

promulgué « pour qu'on relève cette ville, » le but de ce dabar sera de faire sortir Jérusalem de ses ruines. Que Ton combine lehasib avec libnôt ou qu'on sépare ces deux verbes, nous n'en sommes pas moins amenés à conclure qu'il ne s'agirait pas d'un décret permettant une reconstruction imparfaite et provisoire de quelques maisons à Jérusalem, mais d'un décret autorisant une reconstruction complète et permanente de cette ville. C'est, en effet, ce qu'exprime le mot lehasib : un retour de la ville à son état antérieur. Sans doute, a un point de vue, la reconstruction de la cité sainte, impliquait son repeuplement et une certaine reconstitution de juifs en corps de nation. Mais le texte ne mentionne ici qu'un décret ayant pour objet l'autorisation de la reconstruction des maisons et des murailles. Il est si formel, à ce sujet, qu'il insiste afin de bien faire connaître l'objet du décret et qu'il le résume en répétant la môme expression : « emplacements et murailles seront rebâties » (voy. plus loin). Le verbe tasûb qui suit iramédiatament est, en effet, en connexion avec lehasib : ces deux expressions se correspondent, se corroborent et s'expliquent très bien lune par l'autre. Il est d'autant plus important de bien établir ce sens de hasib que, d'après ce sens, nous voyons très bien que le point de départ des soixante-dix semaines devra être, non une autorisation d'une construction de quelques masures pour les ouvriers ou d'une tentative de construction de quelques maisons bourgeoises, mais une permission de commencer des travaux qui rétabliront Jérusalem, la ville, telle qu'elle était aux jours de sa splendeur.

L'Ange ne parle donc pas d'un décret qui ait pour objet le retour du peuple. Dès lors, pourquoi lui faire dire ce qu'il ne dit pas ? Il serait très facile à Gabriel de dire : « Depuis le décret pour ramener, pour faire revenir le peuple à Jérusalem. » Mais il ne le dit pas : tout le monde est contraint de le reconnaître. Vatable a donc mal traduit ce texte par : Ab exitu sermonis de reducendo populo et œdifîcândo Jérusalem, Il faut juger de la même manière la version de Pagnino et de Marsham : Ad revertendi faciendum. Saadia Gaon n'a pas non plus porté suffisamment son attention sur le sens tout spécial du verbe lehasib lorsque, le faisant rapporter aux captifs, contrairement à la teneur du texte, il a paraphrasé ainsi ce passage : « Depuis le temps où le décret sortira de la face du Créateur, pour faire revenir les déportés de Babylone, et pour bâtir Jérusalem » (N2WO

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dS^IIO* Wieseler a commis la même erreur : « Depuis la sortie

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