‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 73 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

d'une parole pour ramener (le peuple) : Vom Ausgange eines Wortes, zurùckzufûhren (das Volk) und zu bauen Jérusalem... D'autres critiques trouvent moyen d'y introduire leur fantaisie de cette façon : «Depuis la sortie de la promesse de faire revenir et de bâtir Jérusalem. » On ne peut, au contraire, qu'approuver la traduction que Tertullien nous donne de ce passage : A pr fectione sermonis, integrando et reœdificando Jérusalem [Adv. Jud., cap. 8). Vitringa reproduit aussi très exactement ce texte dans les lignes suivantes : Ut reducatur et extruatur Jérusalem (h. e. hebraeaphrasi, ut iterum œdificetur Jérusalem) usque ad Messiam ducem, sunt hebdomadœ septem, et hebdomadœ sexaginta duœ. Rursus œdificabilur {revertetur et œdificabitur, phrasi hebrsea quam modo notabamus) : platea etfossa [De LXX, Hebdomadis, Dan , adv. Marshamum).

Théodotion a, du reste, donné bien mal à propos à lehasîb le sens de « répondre, » en sousentendant dabar -, il traduit ainsi : Depuis la sortie des paroles pour répondre et pour que Jérusalem soit rebâtie (ànb IÇ68ou Xoywv xou à7ïoxpi0rjvoa, v.oà -cou otxo8o|j.7]67Jvou 'lepousaXfyj.). Ce traducteur a sans doute eu en vue la réponse faite aux Juifs pour la reconstruction de la ville sainte. Quoi qu'il en soit, cette version ne rend pas le sens de lehasîb dans notre texte.

Le décret pour reconstruire Jérusalem n'est pas un oracle antérieur, un décret divin révélé par Jérémie. — Quelques critiques donnant au mot dabar le sens de « promesse, » traduisent ainsi : « Depuis l'énoncé d'un oracle promettant de rétablir et de rebâtir Jérusalem. » Précisant cette manière de voir, Lengerke et d'autres critiques prétendent que dabar fait allusion au verset 2, c'est-à-dire une « parole de Jéhovah à Jérémie sur le nombre des années qui devaient s'écouler» pour accomplir soixante-dix années sur les ruines de Jérusalem. « Cette prophétie est consignée au ch. XXV, 11. Mais ce chapitre ne dit rien au sujet du retour des captifs et de la reconstruction de leur ville. Néanmoins, Wieseler (p. 19) prétend que cette prophétie, datée de la quatrième année de Joachim ou de l'an 606, indique l'année de « la sortie de la parole, » dont parlé l'Ange dans notre verset 25. Lengerke veut aussi que dabar désigne cet oracle de Jérémie, mais il prétend que « la sortie de l'oracle » ne doit s'entendre que du moment où il entra en vigueur, c'est-àdire depuis la destruction de Jérusalem, sous Sédécias (ann. 588). De son côté, Wieseler lui objecte, avec raison, que mozaî désigne la promulgation et non pas l'accomplissement. Ces deux critiques n'ont pas été, du reste, bien avisés en s'arrôtant à la

prophétie du ch. XXV de Jérémie, puisque cette prophétie ne dit rien de la reconstruction de Jérusalem. Hitzig a donc très justement fait remarquer qu'il ne saurait être question ici de la prophétie du ch. XXV (kann nicht gemeint sein), « puisque c'est là, au contraire, vs. 18, que se trouve expressément (cfr. vs. 9-11) la menace de la destruction de la ville. » D'un autre côté, le même critique trouve, avec raison, que Wieseler interprète mal le verset 25, en disant qu'il n'y est question que du retour du peuple, c'est-à-dire du fait mentionné au ch. XXIX, 10, de Jérémie. Ce que Wieseler (p. 19-21) dit du « retour, » prédit par Jérémie, qu'il veut identifier avec « la parole pour rebâtir, » est aussi réfuté par Hitzig (p. 158). Lehasîb n'a pas ici le sens de « retour du peuple; » et il s'agit expressément, dans l'oracle de l'Ange, d'une reconstruction dont, comme le constate Hitzig, il n'est pas dit un mot, dans l'oracle, du ch. XXIX (im Or. Jer., XXIX, keine Rede). On ne peut, en effet, manquer de trouver étrange qu'on prenne un oracle qui ne parle que de destruction, pour un décret de reconstruction. Heureusement que Kuenen (Hist. crit., II, p. 543) vient à la rescousse, et qu'il ne manquera pas de nous indiquer le dabar de Jérémie auquel nous devons nous arrêter. « (Jette « parole, » dit-il, est probablement un décret divin, voir le vs. 23 ; et, eu égard aux vs. 1 svv., un décret annoncé par Jérémie -, il faut donc songer ici, soit à Jér., XXV; XXIX, soit à d'autres oracles du prophète, tels que, ch. XXX (vs. 18); XXXI (vs. 38). » Ce critique se contente de dire « probablement. » Reuss y va carrément : « La parole de ramener, c'est la promesse de Jérémie qu'Israël serait ramené (ch. XXIX, 10). » Nous avons donc plusieurs prophéties de Jérémie qui seraient visées par l'Ange. Il ne faut pas remonter à celle du ch. XXV, où il n'est question ni de la délivrance ni de la reconstruction de la ville. En revanche, les ch. XXIX, XXX et XXXI offrent des prédictions relatives au retour des captifs et à la reconstruction de Jérusalem. Mais il serait difficile d'y trouver un point de départ certain. Ces prophéties ne se trouvent pas rangées dans un ordre rigoureusement chronologique, et les trois dont nous nous occupons ne sont pas datées. On a toutefois supposé que le point de départ indiqué par l'Ange était la seconde prophétie de Jérémie (ch. XXIX, 10-14), parce que, quoiqu'on soit obligé de reconnaître que cette lettre de Jérémie aux captifs n'est pas datée, on a supposé qu'on pouvait trouver sa date dans les circonstances et dans les termes de cet écrit. Des captifs avaient été emmenés en

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