CHAPITRE IX
Chaldée en 607-606 et en 69 9. La lettre de Jérémie leur fut portée par des gens que le roi de Juda, Sédécias, envoyait en mission auprès de Nabuchodonosor. Sédécias fut détrôné par ce prince en 588-587. La lettre a donc été écrite de 599 à 588. On y trouve, en effet, les expressions : « à ceux qui restaient des anciens de l'exil ; » et l'on en a conclu que la lettre de Jérémie est de plusieurs années postérieure à la transportation des captifs (faits sous Jéchonias ou Joachin, en 598 — car c'est de ce roi que certains rationalistes font dater la Captivité — puisque Jérémie les appelle « les anciens de l'exil, » et qu'il en est déjà mort une partie. Mais ceux qui raisonnent ainsi ne tiennent pas compte des captifs qui furent emmenés dans la troisième année de Joachim (Dan., I, 4-3) et de ceux qui, d'après Bérose, furent déportés en Babylonie après la bataille de Carchémis (an. 606-605). Ainsi, rien ne prouve que la lettre soit datée du temps du dernier siège de Jérusalem. C'est sans motif que l'on fait résider à cette époque Nabuchodonosor à Babylone. Tout cela n'est inventé que pour placer le voyage des envoyés du roi de Juda et la lettre de Jérémie vers la fin du règne de Sédécias, en 588. Mais Jérémie n'avait pas tardé, jusqu'à cette époque, à donner aux captifs les conseils de résignation et les encouragements pour bâtir des maisons et planter des jardins à Babylone (ch. XXIX, 5-7). Ce n'est pas au moment où Sédécias se voyait lui-même à bout de chemin, que ces conseils auraient été nécessaires ; chacun pouvait voir alors que Jérusalem serait détruite. Vatable et d'autres exégètes ont pensé que cette lettre a été écrite la quatrième année du règne de Sédécias, en 594. Jérémie dit seulement (vs. 2) qu'elle fut écrite après le transfèrement de Joachin à Babylone. Wieseler a sans doute supposé qu'elle avait été écrite dans l'année 599. C'est, du moins, à cette date qu'il fait commencer les sept semaines d'années du verset 25. Hitzig lui objecte que, au terme de cette période, on ne peut découvrir l'Oint, le Prince (Endlich wûrde von diesem Termin aus [Jahr 599] « der Gesalbte, der Fûrst » nicht zu ermitteln sein). Mais Wieseler croit avoir trouvé un moyen d'aboutir à Cyrus. Il n'a qu'à supposer que, d'après la révélation de l'Ange, les soixantedix ans de la Captivité sont o abrégés » de sept années : elle ne durera que soixante -trois ans, et se terminera à l'année 636. Ce critique aurait pu aisément comprendre que, au point de vue de Daniel, la Captivité a commencé en 607 (ch. I, I). C'est, en effet, une date qu'il importe de retenir. Le motif qui porte, d'ailleurs, à adopter, pour « la sortie de la parole, » la date de
l'an 588, époque de la destruction de Jérusalem, c'est que l'on obtient ainsi une cinquantaine d'années, quarante-neuf ans ou sept semaines d'années, qui séparent l'an 588 de l'an 537, dans laquelle Cyrus s'empara de Babjlone et mit fin à la Captivité du peuple juif.
Mais il suffit de lire attentivement le texte de notre verset 25 pour voir qu'il n'a en vue aucun des oracles de Jéftmie relatifs à la fin de la Captivité. Un examen consciencieux de ce texte a été fait par Moses Stuart. Ce critique, qui a, du reste, fait tout ce qu'il a pu pour arrêter les quatre empires à l'empire grec et pour ne voir dans notre chapitre IX que les persécutions d'Antiochus Epiphane, n'a pu, néanmoins, s'empêcher de reconnaître d'abord que l'on ne peut identifier le da6ar du vs. 25 avec le da6ar du vs. 23 (in vain the critics seek to identify the first with the second). Il comprend que le premier ne se rapporte qu'aux versets 24-27, tandis que le second signifie un commandement ou message pour rebâtir Jérusalem (That in the verse before us as plainl y means a command or message to rebuild Jérusalem). Stuart s'appuie aussi sur ce fait que le dernier dabar n'a pas l'article et que, par suite, il ne peut être rattaché à un dabar déjà mentionné. Puis il ajoute : «Pour la même raison, le dabar du verset 25 ne peut pas se référer au de bar Yehovah du verset 2. « Le manque d'article prouve qu'il n'a pas un antécédent auquel il se rapporte. C'est un nouveau message et, dès lors, l'article aurait donné une mauvaise direction à l'esprit du lecteur. » Le même exégète repousse avec raison la légende relative à la négligence des Juifs plus modernes au sujet de l'article -, il trouve qu'elle ne peut être adoptée que par des esprits qui ont des partis pris ou qui ne connaissent pas les écrits des Juifs de la dernière période. Enfin, dit-il, ceux qui ne sont dans aucune de ces catégories doivent ne pas se presser d'admettre de telles allégations, jusqu'à ce qu'elles soient prouvées, surtout dans un cas si évident que celui-ci. [A Commentary on the bookof Dann p. 281.) (4)
(1) For the same reason, -qt in v. 25 cannot refer to the y2l ,-p;-|) of v. 2-, whither so many critics refer it. That it has no article, is a proof that it has no antécédent to which it refers It is a new message ; and of course the article would give a wrong direction to the mind of the reader. The allégation made by several critics, that the négligence of the later Hebrew in respect to the article stands in the way hère of any argument drawn from the présence or absence of it, may be credited by those who hâve some favorite