CHAPITRE IX
II ne s'agit donc ici ni d'un oracle de Jérémie ni de la promesse fait© par le Seigneur, en diverses circonstances, de restaurer Jérusalem (cfr. Is., XLIV, 26). L'Ange indique une parole, un décret qui sera constaté dans la suite des temps et on ne peut pas dire que rien dans le texte n'indique le futur, car le mot dabar, sans article, montre suffisamment que l'Ange n'a pas en vue un retour à des faits passés, mais que sa prophétie ne se rapporte qu'aux faits futurs qu'il est chargé de décrire. On s'est demandé si ce décret rendu pour le rétablissement de Jérusalem serait purement et simplement une parole divine. Au verset 23, le mot dabar indique un décret divin communiqué à un ange qui fut chargé de le promulguer en le faisant connaître à Daniel. Hitzig trouve que « ce dabar, étant exprimé dans une prophétie où est mentionné le dabar divin du verset 23, doit être regardé aussi comme une parole de Dieu; de sorte que Gabriel ne peut avoir en vue un décret d'un roi païen (p. 158). Kuenen vient aussi de nous dire que « la parole » visée par l'Ange « est probablement un décret divin, » parce que, au vs. 23, le mot a parole » désigne l'ordre donné à Gabriel d'aller porter un message à Daniel. Il s'en suivrait que le mot « dabar » signifierait partout un décret divin promulgué par un ange. On ne peut ignorer, cependant, que beaucoup de décrets de Dieu ont été annoncés par des prophètes ou édictés par des rois. Dans le cas présent, le décret pour rebâtir Jérusalem sera certainement un décret divin, mais il devra apparaître dans le monde des faits et il faudra le trouver dans le domaine de l'histoire. Le décret donné comme point de départ à un cacul chronologique, sera bien sans doute inspiré par Dieu -, mais, en considérant l'état de captivité dans lequel se trouve le peuple hébreu, on peut aisément comprendre que l'autorisation donnée par le Très-Haut, sera exprimée par un homme, son organe, son instrument. L'accomplissement de la prophétie nous fera voir que « la sortie de la parole» se manifestera dans un édit royal. La parole émanée pour « rebâtir Jérusalem, » et pour remettre le peuple juif sur l'ancien pied devait, en effet, être rendu par un roi : les déportés ne devaient être mis en liberté et avoir la
views to be supported by such a position, or by those who are not covcrsant with the later Hebrew writings. Those who are in neither of thèse predicamcnts, will be slow to believe such allégations unt.il they are proved, and especially in a case so plain as the présent.
permission de rebâtir Jérusalem que sous le bon plaisir et par un effet de la bienveillance des princes auxquels ils se trouveraient assujettis. Mais il va de soi que le décret promulgué par un organe humain serait en même temps un décret de Dieu. C'est ainsi que, au sujet de la réédification du Temple, Esdras dit: «Ils bâtirent par le commandement du Dieu d'Israël et par le commandement de Cyrus » (VI, H). Le prince que l'Ange a en vue sera aussi influencé par une inspiration divine.
m Jusqu'au Christ conducteur. — Cette expression, comme nous le verrons plus loin, exprime le terme final des soixante-neuf semaines dont rénumération va être faite : La période indiquée par l'Ange doit se poursuivre jusqu'à l'avènement du Roi-Messie had-Masîah Nagid (7U3 n*UQ— Tï). ^es LXX n'ont pas traduit ce passage. Théodotion l'a très bien rendu ïuç Xpiatou rjyoupivou, c'est-à-dire comme s'exprime la Vulgate : usque ad Christum Ducem ; ou comme l'entend la version syriaque : «jusqu'au Christ-Roi.» Examinons d'abord ces mots séparément-, nous verrons ensuite quelle est la signification que nous offre leur juxtaposition.
Le Masîah-Nagîd est le Messie d'Israël, le Désiré des nations. — Le mot masîah (rpiTQ) est un adjectif verbal passif et un substantif qui signifie «oint, enduit d'huile; sacré (de TWÏD. il a oint, particulièrement il a oint d'huile, il a sacré : mesah, huile). Il correspond au mo,t grec Xpiatoç (oint ; du jrpfo, j'oins). Les Hébreux disaient d'un roi qu'il était « un oint, » un homme distingué de la foule par une onction ou un sacre. Dans le Lévitique (IV, 3, 5, 16-, VI, 15), le grand-prêtre est désigné par l'expression : « le prêtre, le oint (n>U7Qn "irpn). Le nom d'oint était ainsi une épithète honorifique des rois et des prêtres juifs : ces personnages recevaient l'onction et étaient des «oints» Le substantif Masîah, pris par antonomase, signifiait l'Oint par excellence, le Saint des Saints dont l'onction vient d'être mentionnée (vs. 24), l'Oint qui a une royauté et un sacerdoce incommunicable à tout autre, le Messie.
Nagid n>^\ signifie proprement « conducteur, guide» (de 733
4° prœivit, duxit, traxit;1°indicavit< nuntiavit ; Gesenius remarque que les LXX traduisent ce verbe par àvayYÉXXto, obta-fyiXXto, j'annonce, je notifie, je porte une nouvelle), et secondairement « celui qui annonce, qui apporte une nouvelle.» Ce substantif a pris le sens de « préfet » (a prœeundo dictus) et il a désigné celui qui était préposé à la surveillance du peuple, de la trésorerie, du palais des rois, etc. On s'est aussi «ervi de ce mot pour dé-