‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 78 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

et avant l'expression « dans l'angoisse des temps » peut s'appliquer sans recourir à un changement du sens du mot haru'z.

P Et dans l'angoisse des temps. Le -| préfixe a le sens de « mais » : sed in angustia temporum. Cette conjonction n'est pas seulement employée pour lier les mots d'une phrase -, elle signifie quelquefois « mais, quoique, cependant, alors. » Comme il n'est pas certain, du reste, que zôq (angoisse) soit à l'état construit, on pourrait traduire : «Et dans angoisse, ces temps » Le ,-; préposé à hittim ne signifie pas seulement « des temps, » mais il fait rapporter ce mot aux temps mentionnés pour bâtir. Nous savons, d'ailleurs, que la reconstruction de Jérusalem eut lieu dans des temps troublés et difficiles. Au sujet des difficultés et des oppositions que formèrent les ennemis des Juifs pour empêcher le rétablissement des murs de Jérusalem. Voyez le second livre d'Esdras (IV, VI, VII). — Au lieu de «dans l'angoisse des temps, » Théodotion a mis : xa\ IxxevcoOïfaovTai oï xaipo\ (evacuabuntur tempora). Dans quelques manuscrits, l'Itala porte : Et exanientur tempora. Ce mot grec a été mal lu par Tertullien (Contr. Jud., c. 8) : innovabuntur tempora; comme aussi par Théodoret qui le rend par iyxatvtoôriaovTa.

Les soixante-dix semaines divisées en sept, soixante-deux, et une semaine, forment un tout qui se termine à la mort du Messie. — Au verset 24, l'Ange a annoncé à Daniel que l'effacement ou l'expiation du péché, l'avènement de Justice éternelle, de Saint des Saints oint, n'aurait lieu qu'après une durée de soixante-dix semaines d'années. Cette même durée est précisée et éclairée au verset 25 : le point de départ est fixé (une parole pour rebâtir) et l'intervalle entre ce terminus a quo au point d'arrivée (70* semaine, apparition du Messie ; vs. 26) est divisé en 7 + 6 2 semaines d'années (cfr. ch II, VII : ce qui est dit des quatre empires). Le verset 25, parallèle au verset 2 4, nous montre que les sept semaines doivent être unies aux soixante-deux semaines qui suivent et ne font, les unes et les autres, qu'un seul nombre de soixante-neuf semaines d'années au bout desquelles le Messie accomplira son œuvre (vs. 26). La période totale commence ainsi à une autorisation de rebâtir Jérusalem et finit â l'établissement du règne messianique. Ainsi, l'Ange répond d'abord à une pensée qui devait naturellement s'offrir à Daniel au sujet du commencement de la réalisation de cette prophétie. La reconstruction de Jérusalem est l'objet d'une parole, d'une autorisation et aussi le point de départ de la période des soixante-dix semaines. Pour faire mieux ressortir ce

point de départ et le début de la grande période, l'Ange met en relief le temps que prendra le rétablissement de l'ancienne capitale du royaume de Juda. Dans ce but, il divise les soixante dix semaines en sept, soixante-deux et une semaines. Puis il indique pour chacune de ces sections les points d'arrivée. Les sept semaines sont en connexion avec « les places et les murs qui seront rebâtis. » De sorte que, au bout de quarante-neuf ans, Jérusalem sera redevenue une ville. Les soixante-deux semaines commencent à la fin des sept premières et sont en connexion avec les événements indiqués aux versets 26 et 27. Chaque incise a ainsi un commencement précis et une fin certaine. Nous avons trois drames et chacun d'eux a son point de départ et son point d'arrivée nettement indiqués. Toute la période aboutit à une dernière semaine, au dernier drame qui comprend le ministère et la mort du Messie.

Raison de la mise en relief des sept premières semaines. — On se demande fort naturellement quelles raisons ont motivé cette division, cette mise en vedette de sept semaines nettement caractérisées par la reconstruction de Jérusalem dans des temps fâcheux et difficiles. Il est évident que cette division en sept et soixante-deux semaines est intentionnelle e l'Ange a pour but de porter l'attention du prophète sur les sept premières semaines. Ce n'est pas sans un grave motif que Gabriel déclare que, au bout de quarante-neuf ans, Jérusalem sera devenue une ville semblable à l'ancienne. De grands intérêts religieux étaient engagés dans la reconstruction de Jérusalem : cette ville réédifiée, c'est la nation juive et avec elle la religion mosaïque qui se meut et se déploie. Mais, pendant la Captivité, l'idée que Jérusalem put être rebâtie devait être considérée, par beaucoup de juifs, comme une illusion : il devait paraître impossible qu'un homme d'Etat quelconque écoutât une proposition relative au rétablissement d'une ville qui, sous le règne de Nabuchodonosor, s'était signalée comme un fojer de rebelles. Le rôle que les juifs avaient joué dans l'histoire à cette époque, devait paraître odieux à tous les souverains orientaux. L'Ange veut donc fixer Daniel et ses corréligionnaires sur un point qu'il était bon d'éclaircir : l'état de la nation juive après l'exil. Après le décret qui accorda aux juifs la liberté et la seule reconstruction du Temple, il devait s'écouler une période d'environ quatre-vingts ans avant qu'ils eussent obtenu l'autorisation de reconstruire la ville. Cette période devait offrir peu ou point d'espoir de voir Jérusalem revenir à son ancien état. De

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