‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 95 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

même vocalisation de ce mot, a traduit ainsi : al»v tw 7)Y0l\a£'vM3 T$ IpXojjivw (avec le chef-le-venant). Les versions syriaque et arabe ont traduit de la môme manière et ont sans doute lu rjy (avec) au lieu de yn (peuple). L'auteur de la Vulgate a dû lire deux fois □y, qu'il a ponctué de deux façons , savoir : Qy (avec) et pjy (peuple), et il nous donne cette version : populus cum duce venturo (un peuple avec son chef qui doit venir). Cette expression nous offre, du reste, à bon droit, le subst. ham (peuple) comme le sujet du verbe ishit.

Le Chef ou le Conducteur -le -Venant, le Nagid Habbo' est le Masiah Nagid du verset 25 et le Masiah qui vient d'être mentionné. Habbo', N2n est UQ participe (de Nia» venir, arriver), employé comme nom propre. Nagid et Habbo' sont deux substantifs réunis par apposition, et qui peuvent être employés séparément. C'est ainsi que les expressions : Notre Seigneur Jésus-Christ, le Christ Rédempteur offrent des noms propres juxtaposés qui peuvent se dédoubler et former autant de noms propres. Habbo' a l'article pour bien mettre en relief le Nagid, et faire voir que c'est lui qui est appelé Messie et qui était connu sous le nom de « Le- Yenant », Celui qui doit venir, ô Ip^6(jL£voç. C'était bien là un des noms que devait porter le Désiré des nations, l'objet de l'attente d'Israël. Si l'on recherche, en effet, ce qui a mis cette idée dans la conscience du peuple juif, on devra remonter aux premières pages de la Genèse.

L'expression de « Nagid -le -Y enânt » ne signifie donc pas seulement qu'il existera un jour : cet acte de venir est suffisamment exprimé par la suite du texte. Le-Venant, comme le Désiré, étaient des synonymes de Messie, de Schilôh et des autres noms du Messie ou de Celui qui devait venir, qui était impatiemment attendu. Ainsi, au moment de sa venue, il était désigné par cette expression « Messie, Celui qui doit venir » (6 ip^ôkuevoç, Messias)y ou tout simplement « le Venant ». Les disciples de Jean-Baptiste disent à Jésus de la part de ce précurseur : « Es-tu le Venant » (au et 6 lp/6[j.£voç) (Matth., XI, 3). Les Evangiles nous apprennent encore que l'on appelait le Messie « Celui qui doit venir » (Luc, VII, 9), « Celui qui vient au nom du Seigneur » (Matth., XXI, 9). Il était regardé comme le Roi du siècle qui vient (aîbv piXXwv, mn dSi^h)» c'est-à-dire le chef de la seconde phase de l'humanité, de l'ère messianique désignée par l'expression de « siècle à venir. »

Remarquons, de plus, que l'article préposé à NSlil n'est pas

employé ici pour tenir lieu du pronom relatif (qui vient), comme le supposent Rosenmûller, Lengerke, Ewald , qui donnent à habbo1 le sens de wy* 1WN. Cet article distingue le Nagîd et le présente comme « le Venant » par excellence. Déjà le Messie a été présenté comme étant le Chef, le Conducteur ou le Prince au suprême degré (xuptcoç et xat' àvrovojxaatav). De sorte que l'on ne saurait conclure de l'absence de l'article devant Nagid, que ce nom indique ici un personnage différent du Masiah Nagid du verset 25. Nous avons montré que l'omission de l'article est tout à l'avantage de celui qui est appelé Masiah et Nagid. Constantin l'Empereur, relève très bien cette circonstance, en ces termes : Atqui e versu 25 satis liquet Messiam et Ducem hic esse unum et eumdem : ut enim per excellentium dicitur anctus, similiter etiam dux nuncupatur.

Du reste, pour bien faire voir que le Messie-Chef et le Chefle-Venant sont le même personnage, l'Ange a donné les deux noms de Messie et de Chef a celui qui est annoncé, au verset 25, comme devant apparaître au bout des soixante-neuf semaines. Ainsi, J.-D. Michaelis, Jahn et de nombreux docteurs catholiques ont très bien vu que le Nagîd mentionné ici est le même qui vient d*être appelé Masiah et que Gabriel avait désigné déjà par le double nom de Masiah Nagîd. Il n'y a, en effet, aucune antithèse entre Masiah Nagid et Masiah habbo' . Mais il faut reconnaître que les noms de Messie et de Chef (Conducteur ou Prince) expriment deux traits caractéristiques du Roi-Messie. Le nom de Messie a surtout en vue la royauté sur le peuple d'Israël. Ce peuple a perdu la. prérogative qui le distinguait : les juifs sont déchus de la qualité de peuple de Dieu. Mais quoique le Messie ne soit plus, a proprement parler, le roi reconnu des Juifs, il n'a pas pour cela perdu sa royauté ; il n'en est pas moins le maître et le gouverneur de ce peuple. Israël n'a pas reconnu le Roi- Messie, mais ce roi lui apparaîtra comme Chef et Conducteur du peuple qui devait un jour détruire Jérusalem.

En le désignant sous le nom de Nagîd, nom d'office, de dignité, devenu nom propre du Messie, l'Ange met en relief un autre caractère de l'Homme-Dieu. Le nom de Nagîd nous offre, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, un aperçu nouveau : il nous montre le Messie en tant que roi des nations : le Chef invisible de la théocratie, le Chef de la Nouvelle Alliance et aussi un Conducteur d'armée ; et le titre de Nagîd lui est donné parce qu'il est considéré comme devant conduire un jour l'armée du

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