CHAPITRE IX
vahit la Perse, lorsque l'invasion dont il s'agit a pour objet la Tille et le temple de Jérusalem (1).
Nous venons de voir aussi que les traductions d'Hitzig et de Rôsch (celui qui vient après, celui qui suit) sont inadmissibles : elles n'ont pour but que de faire du Nagfd un successeur d'Onias, que l'on veut identifier avec l'Oint ou le Messie mentionné au commencement du verset. C'est ce que Maurer adopte très légèrement lorsqu'il dit : Venturum principem.... significare successorem in locum uncti ante dicti. Kuenen n'ose pas dire ici trop carrément que le Nagfd est Antiocbus ; il se contente de traduire ainsi ce passage : « Et la ville et le sanctuaire seront profanés (le texte porte : détruits) par le peuple d'un prince qui viendra ; » et il ajoute en note : « N£»1 implique que ce prince » avait déjà été annoncé ; ce qui est juste s'il faut l'entendre d'Antiochus Epipbane, dont les cb. VII et VIII ont parlé expressément » (p. 544). Admettons que l'article indique ici qu'il s'agit d'un prince déjà mentionné. Pourquoi ce prince serait-il Antiochus qui n'est pas mentionné au ch. VII, mais dont il est parlé seulement au cb. VIII? Dans ce dernier chapitre, il est aussi parlé de Cyrus et d'Alexandre. La raison qu'apporte Kuenen convient tout aussi bien à ces deux princes. Mais il ne s'agit ni de celui-là ni de ceux ci. Le « prince » mentionné déjà est le Masîah Nagîd présenté au verset 25, et dont l'apparition doit
(1) Maurer remarque, en effet, très bien que l'idée d'invasion n'est pas suffisamment exprimée (ut ceniendi verbo subjiciendam esse notionem iiwadendi cognoscatur e nexuy. Puis, il traite comme elle le mérite cette fantaisie de Lengerke : Quod autem expeditionem in Persidem susceptam intelligi jubet vir doctissimus, id non potest ferri ullo modo. Nam quum ^SH absolut» positum sit, ad illam invasionem referri tune tantum posset, si Antiochus praeter illam fecisset nullam. At ilium etiam in ^Egyptum et in Judœam irruptionem fecisse constat (vid. ad 8, 9). Quod Lengerke conferri jubet quse subjiciuntur S13"'!1 ïypl e0 nihil proficere illius inteprétationem, ad illa verba videbimus. Prœterea, quo, quaeso, hase inter se vinculo cohœrent : urbem et sanctuarium perdet populus principis alicujus, qui invasurus est (Persidem) ? Debebat certe, quoniam de Judœa hicagitur, de invasione in Judaeam facta cogitare vir doctissimus, vel, quod magis placerez de irruptionibus Antiochi in unioersum. — Tout cela est bel et bien ! mais Lengerke a voulu voir ici, avec beaucoup d'autres rationalistes, qu'Antiochus mourut dans l'invasion, et comme leur pseudo-Daniel est censé avoir appris que ce persécuteur était mort en Perse, il fallait bien faire en sorte qu'il eût indiqué cette expédition dans notre verset 26.
avoir lieu après les 7 + 62 semaines ; le Messie-le-Venantest le Fils de l'homme représenté au ch. VII, 43, comme «venant avec les nuées du ciel, » et déclarant lui-même qu'il viendrait, accompagné de ces nuées, présider à la destruction de Jérusalem (Matth., XXVI, 64, etc.). La traduction de Kranichfeld : Volk eines Fûrsten, des Kommenden) (peuple d'un chef, le Venant) serait excellente en supprimant l'article indéfini (einesV
v Détruira la ville et le sanctuaire. Le Nagid-habbo détruira, îskit n^ïTCft troisième pers. fut. hiphil de nnu inus. au kal, il a détruit, abattu, tué-, Gesenius : depressit, dejecit ; prostravit , hiph. perdidit, pessumdeditvel vastando et deslruendo, ut muros, cœdendo, ut arbores, vel occidendo, ut homines. Ce verbe est employé dans la Genèse pour exprimer la destruction de Sodome. Il est, dès lors, facile de voir, d'après la signification de ce mot et d'après le contexte, qu'il ne s'applique pas aux événements qui eurent lieu à Jérusalem sous Antiochus. A cette époque, la ville et le sanctuaire ne furent pas détruits. Lengerke traduit par wird verwu^ten (sera dévasté, ravagé), et il ne traduit ainsi ce mot qu'à moitié. Kranichfeld y va plus franchement : il emploie l'expression ivird vernichten ; c'est-à-dire un verbe qui signifie annihiler, détruire, écraser ; etcependant il identifie le Nagîd avec « la petite corne» (das gottfeindliche Horn) du chap. VIII, ou, en d'autres termes, avec Antiochus Epiphane. Kuenen altère évidemment le texte en traduisant ainsi : « la ville et le temple furent profanés. » Il sait parfaitement que, sous ce roi, ni la ville ni le sanctuaire ne furent détruits ; mais ce n'est pas là une raison pour altérer le texte.
y Et leur fin (sera) dans l'inondation, dans cette inondation. Le texte hébreu actuel offre veqizzo (sa fin). Le mot qe'z (VP) signifie « extrémité, bout, pointe d'une chose, fin (de l'année, de la guerre, etc.) ; calamité, ruine. » L'expression hébraïque bassetef signifie « dans l'inondation (PITDÏJ inondation, flot, pluie torrentielle) ; mais ce mot se prend aussi métaphoriquement pour désigner l'invasion d'une armée ennemie qui se répand comme un cyclone dans une contrée (cfr. Dan., XI, 10, 22, 26, et les armées qui arrivent comme un flot). La Vulgate traduit d'après le sens général : Et finis ejus vastitas (et sa fin sera la dévastation). Dans le langage figuré de l'Ancien Testament, l'envahissement des flots représente la ruine et la dévastation. Ainsi, Jérémie décrivant la destruction de Babylone, emploie cette image : a La mer a inondé Babylone, elle a été couverte par l'inondation de ses flots » (41, 42). C'est une description semblable que nous offre