‹ Le Livre du prophète DanielChapitre 13 sur 27 · OBSERVATIONS PRELIMINAIRES XIII · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS PRELIMINAIRES XIII

byloniens, nous indiquerons, lorsque nous en expliquerons le sens, la forme de ces noms telle que les inscriptions nous l'ont conservée.

Sous un autre rapport, les Assyriologues n'ont pas été plus avisés. En découvrant l'orthographe archaïque et étymologique des noms assyro-babyloniens, ils ont cru que, du temps de Sargon, de Sennachérib ou de Nabuchodonosor, ces noms étaient prononcés comme ils sont écrits dans les textes cunéiformes. Ils n'ont pas compris que l'assyrien des textes était une langue savante, une langue morte qui avait été remplacée par un dialecte araméen dont nous retrouverons des spécimens dans le livre de Daniel. De sorte que, à l'époque de ce prophète, au temps de la captivité, ces noms étaient abrégés et modifiés dans la prononciation vulgaire.

C'est ce qui ressort des inscriptions araméennes gravées sur briques que l'on conserve au British Muséum. Ces inscriptions sont anciennes; quelques-unes proviennent de Ninive. Elles contiennent des contrats de vente correspondant à des actes notariés, et elles sont accompagnées d'un texte assyrien plus développé, en caractères cunéiformes. Or, M. Ph. Berger, en mission à Londres, a examiné ces textes et, dans un Rapport très intéressant, il est arrivé à la conclusion que nous avons indiquée. Il nous paraît utile de citer ce passage de son travail : « En comparant la transcription des noms propres sur ces tablettes en assyrien et en araméen, on ne peut s'empêcher de remarquer que les formes araméennes sont en général beaucoup plus brèves que les formes fournies par l'écriture cunéiforme (1), et l'on est obligé de reconnaître que les formes araméennes se rapprochent souvent plus de celles que nous ont conservées les auteurs grecs. On est ainsi amené à se demander si, dans bien des cas, l'écriture araméenne ne nous a pas conservé une prononciation plus conforme à la réalité, tandis que l'écriture cunéiforme, par suite de son principe, nous donnait la forme étymologique du nom. La forme assyrienne est d'un très grand prix pour nous, parce qu'elle nous indique les éléments dont se composait le nom 5 mais peut-être, en les prononçant comme s'ils étaient isolés

ce cas, de la ponctuation adoptée par les Massorètes, mais aussi du texte hébreu lui-même, en remplaçant ^7 par un x. Qu'elle provienne du traducteur ou des copistes, cette transcription est défectueuse. Mais elle est facile à expliquer. Le traducteur n'a pas trouvé le nom de ce roi dans les écrivains grecs vu qu'aucun d'eux ne l'a mentionné, et dès lors il a du reproduire une prononciation en vogue qui s'était introduite fort naturellement parmi les Juifs. La prononciation araméenne, indiquée par les consonnes du texte., offre Blchatzr qui devint facilement Bal-chtzar, Bal-cht-azar, Balthasar, Ballasar. De la sorte, on confondit le nom de Belchazzar avec celui de Balthasar. Il ne serait pas inutile de corriger le premier de ces deux noms. Mais tout bien considéré nous avons conservé l'orthographe consacrée par un long usage : la masse des Français parlera longtemps encore du « Festin de Balthasar. »

(1) Voir encore Rawl., n<> 4 : SpITIU — Istardurkoli ; Rawl. , n° 14 uJNlU — Sar-ïstar; n° 1 : "jdSxIN = Arbaïlsarrat.

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