‹ Le Livre du prophète DanielChapitre 20 sur 27 · NATURE ET CARACTÈRE DU LIVRE · texte numérisé non relu

NATURE ET CARACTÈRE DU LIVRE

d'après lesquels Daniel donne Balthasar comme ayant été le dernier roi de Babylone et comme faisant succéder Cyrus à Darius. Mais il sera facile de voir que ce sont là des traits qui ne se trouvent que dans l'imagination de ces critiques.

La seconde partie du livre comprend quatre prophéties qui furent révélées à Daniel dans les années que nous avons indiquées (p. 56 ). Ces prophéties sont marquées d'un caractère particulier, soit au point de vue de la forme, soit pour le fond. Cependant elles ont un air de famille avec la vision d'Ezéchiel et de Zacharie. Le principal objet de ces visions prophétiques est de faire connaître l'époque de la venue du Libérateur promis à nos premiers parents dans le Paradis terrestre, la condition future du peuple juif après la Captivité et la grande persécution qui faillit détruire la nationalité et l'existence même du peuple élu.

Plan général et division du livre. — Ce livre se divise naturellement en douze chapitres, en réunissant en un seul les chapitres X, XI et XII qui sont l'objet d'une même vision.

Il se divise aussi en trois parties : la première, qui comprend les six premiers chapitres, est plus particulièrement historique. La seconde, plus particulièrement prophétique, va jusqu'au ch. XII inclusivement (VII-XII). La troisième comprend, dans la Vulgate, les ch. XIII et XIV qui, avec les versets 24-90 du ch. III, forment la partie deutéro-canonique du livre de Daniel. Mais comme les fragments deutéro-canoniques sont aussi canoniques que les autres, nous les avons rétablis â la place à laquelle ils ont droit (voy. § XI). De la sorte, la partie plus particulièrement historique comprend les ch. I, I bis (ou XIII), II, III, IV, V, V bis (ou XIV) et VI.

Cette première partie expose, dans leur ordre chronologique, quelques événements de la vie de Daniel et de ses trois amis, et rend compte de quelques incidents politico-religieux survenus à Babylone pendant la Captivité. Les chapitres I et I bis offrent une partie de cette autobiographie qui nous permet de jeter un coup d'œil sur l'éducation chaldéenne de Daniel et sur les rapports de ce prophète avec ses compatriotes.

Toutefois, cette partie dans laquelle l'histoire domine est entremêlée de prophéties. Ainsi le chap. II nous offre un songe de Nabuchodonosor sur les quatre empires, dont l'interprétation fut révélée à Daniel, et cette vision prophétique correspond à la vision des quatre animaux qui symbolisent les mêmes quatre empires dans la partie proprement prophétique.

La seconde partie comprend les visions de Daniel, c'est-à-dire des révélations ou des prédictions très précises sur les événe ments futurs. Ces six derniers chapitres contiennent, selon le même ordre chronologique, les prophéties qui ont pour objet les destinées des Gentils dans leurs relations avec celles du peuple de Dieu. Les deux premières se rapportent plus spécialement aux quatre monarchies du monde couronnées par le royaume messianique ; les deux dernières, au Messie et à Israël.

Les révélations les plus importantes sont celles des quatre royaumes païens qui auront des rapports avec le peuples de Dieu jusqu'à l'avènement du Messie, fondateur d'un royaume éternel (ch. II, VII, VIII), et la prophétie des LXX semaines d'aanées (ch. IX), qui développe la prophétie messianique indiquée sommairement dans les chapitres II et VII. Les prophéties ou visions relatives aux quatre empires nous offrent la même prophétie, sous d'autres images, et en abrégeant ou en développant certaines parties du tableau, qui déroule aux yeux l'avenir du monde; Ainsi, la seconde vision (ch. VIII] développe deux parties de la vision du chapitre VII qui ont trait à l'empire médoperse et à l'empire macédonien ou grec. Enfin la vision des chapitres X et XI donne de grands développements à la partie des deux autres visions qui se rapporte à l'empire grec, et met à l'ouvrage son couronnement en annonçant (ch. XII) le second avènement du Messie dont il a été question au ch. VII.

Daniel abrège et offre des récits distincts. — Il ne faut donc pas demander à Daniel une relation historique des événements qui se succédèrent dans cette trame courante et changeante de la vie politique et quotidienne qui forme l'histoire des peuples babylonien et juif pendant la période de l'exil. Evidemment, à cette époque, des faits se précipitent et se succèdent très nombreux. Daniel ne s'est pas proposé d'en dresser l'inventaire et d'en résumer l'histoire. Il a fait un choix au sujet de quelques faits personnels et de quelques événements d'un intérêt général. Son livre — ne cessons pas de le répéter — n'offre pas une histoire suivie des rois de Babylone : c'est une galerie de tableaux qui représentent des figures curieuses et puissantes dignes de fixer le crayon de l'historien ou l'étude du philosophe.

Mais il faut remarquer, toutefois, que tous ces personnages sont peints dans leurs cadres, c'est-à-dire dans leur milieu vivant. Chaque individu passe avec un mot juste, un geste vrai, dans le récit forcément étroit d'un simple fait. Tout cela a été vu : on y trouve une odeur particulière du sol, un goût de ter-

l'hébreu et l'araméen du livre 61

roir, le rendu parfait des impressions que le prophète hébreu dut éprouver dans la situation où il se trouvait. Il n'y a pas un mot qui puisse permettre de supposer que ces pages sont sorties du cerveau abstrait d'un rêveur.

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