PRÉFACE III
Du reste, il a étayé, aussi savamment que faire ce pouvait, tout cet échafaudage d'objections, et il a dressé, comme une machine d'assaut, son livre contre le livre de Daniel. L'œuvre du critique allemand est la plus méthodique et la plus complète : nous l'avons distinguée entre toutes, parce que, en la réfutant, nous rejetons dans le néant tout ce qui peut être allégué contre le livre de Daniel. En citant textuellement les paroles de Lengerke, nous rapportons celles de tous les adversaires de notre grand prophète.
Nous ne négligerons pas, d'ailleurs, d'exposer aussi les oracles des idoles plus modernes de la critique rationaliste. Les objections de Kuenen et de Reuss, entre autres, seront exposées et discutées. On ne pourra pas nous soupçonner d'avoir affaibli les arguments du rationalisme : nous les citons textuellement, fidèlement, complètement ; nous avons collectionné toutes les difficultés ; nous n'en avons dissimulé aucune ; nous n'omettons rien. Nul, en un mot, ne pourra s'empêcher de reconnaître que nous avons réuni le dossier complet de la critique négative.
Ce dossier nous permettra de constater, à chaque ligne, l'inanité d'une critique si facile à émettre des objections, si incapable de les résoudre. On verra que l'esprit de cette fameuse critique est toujours poussif, anémique, négatif; et qu'il n'est hostile à la réalité des faits que parce qu'il donne trop de place chez lui à la domination exclusive des chimères de la fantaisie. On reconnaîtra aussi que notre foi n'ignore pas les objections; qu'elle ne s'en détourne pas pour ne pas les voir ; mais qu'elle se distingue de la critique rationaliste en ce qu'elle a le courage de les approfondir, de les étudier et de les résoudre.
Il est toutefois pénible, pour nous, de promener des lecteurs catholiques dans le dédale de cette critique. Mais ils auront tout profit à suivre l'ennemi pas à pas, à parcourir l'un après l'autre les arguments imaginés contre le livre de Daniel et à examiner toutes les critiques, c'est-à-dire les fantaisies de Bertholdt, de Lengerke, de Kuenen et de tous les érudits de même acabit. C'est le seul moyen d'opposer à leur détestable poison l'antidote d'une réfutation en règle. Il est utile d'établir ainsi que cet assaut furieux, donné par les généraux les plus célèbres du rationalisme, n'a entamé, en aucune