‹ Le Livre du prophète DanielChapitre 4 sur 27 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

façon, l'œuvre du saint prophète ; il est nécessaire de prouver, surtout à divers esprits trop faibles et trop disposés à des concessions impossibles, que quiconque aura le facile courage d'acculer dans leurs impasses ces bruyants adversaires, sera stupéfait de voir combien ils sont peu redoutables, quand on est résolu à ne pas les craindre et à ne pas leur livrer, sans combat, le terrain qu'ils convoitent.

Nous ne trouverons pas, dès lors, étonnant qu'il y ait peu de livres de l'Ancien Testament sur lesquels on ait tant écrit que sur celui du grand prophète qui devint, pendant la- captivité de Babylone, l'instrument dont se servit le Très-Haut pour manifester sa puissance et sa supériorité sur les dieux païens au moment ou il paraissait s'effacer et s'humilier devant eux. Les récits de Daniel ont excité, au plus haut degré, la sagacité des historiens, la curiosité des exégètes, les ardeurs passionnées de la critique. Nous ferions un gros volume avec la seule nomenclature des ouvrages composés sur Daniel ; et nous ne sommes pas surpris que les érudits et les théologiens aient largement exploité la mine ouverte par un des génies les plus puissants, les plus originaux dont le monde puisse s'enorgueillir.

Ecrit à Babylone, à l'époque de la captivité des Juifs, le chef-d'œuvre du prophétisme est, d'ailleurs, d'un grand intérêt pour la science profane, à laquelle il apporte des lumières précieuses pour l'histoire et pour l'étude des idées dans la société babylonienne. De sorte que, de tous les monuments de la littérature biblique, ce saint livre est un de ceux qui peuvent le mieux piquer et soutenir l'intérêt d'un public d'esprits cultivés. Après l'avoir méditée, nos lecteurs déclareront, sans risquer d'être en désaccord avec l'opinion générale, qu'il est digne d'une entière admiration.

On a dit, il est vrai, que ce livre prête, plus qu'aucun autre livre de la Bible, le flanc à la critique rationaliste et qu'il est celui dont l'apologie offre les plus sérieuses difficultés. Mais, à notre avis, il y a dans ces affirmations une exagération énorme : c'est toujours l'histoire des bâtons flottants. On a tort de s'effrayer de toutes ces byzantineries stériles de la critique rationaliste. Il suffit de gratter de l'ongle le château branlant qu'elle a construit, cette tour de Babel que les libéraux admirent et nous recommandent, pour n'en pas laisser

Page 1