VIII PREFACE
Nous avons rétabli dans le texte le fragment de Susannet la Prière d'Azarias avec l'Hymne des trois Martyrs, et le chapitre de Bel et du Dragon. Ces morceaux en avaient été retranchés, probablement dans le second siècle avant notre ère, pour des motifs que nous exposons dans l'Introduction. Nous y faisons toucher du doigt une opération des copistes qui a pu paraître fort innocente en elle-même, mais qui a amené des résultats fâcheux auxquels ils n'avaient pas songé. Cette restitution du texte a l'avantage de le montrer sous son vrai jour.
En terminant ces réflexions préliminaires, nous croyons donc pouvoir assurer que, après avoir traversé le domaine de la critique et de la polémique et, après avoir repoussé les attaques du rationalisme, nous serons conduits à une connaissance plus profonde et plus étendue 4u livre de Daniel. Nous verrons alors beaucoup mieux que la majesté de cet immortel prophète est au-dessus de toute atteinte. Son livre est, en effet, une enclume qui a brisé tous les marteaux de l'incrédulité. Malgré les efforts et les coups redoublés de l'antichristianisme moderne, l'enclume est toujours là, au milieu de ces masses de marteaux brisés qui l'entourent. En nous inclinant pour la considérer avec attention, nous reconnaîtrons qu'elle n'a pas baissé d'un zeste depuis les attaques qui avaient déjà été repoussées au ive siècle, mais qui ont repris, avec une violence inouïe et avec des apparences d'une très savante stratégie, dès les premières années de notre siècle.