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La justice est l harmonisation des devoirs et des droits.
Corporellement, F État vit de la terre, de l'industrie et du commerce: d'où trois assemblées du travail, avec cahier des besoins correspondant à chaque série.
Animiquement , VEtat se maintient par le Capital-Propriétë ou bourgeoisie, au point de vue économique ; et par la religion au point de vue moral.
Intellectuellement , V Etal se civilise par l 'enseig?iement et T œuvre de pensée et d'art, et comme la justice est identique au savoir, ce sont les scients qui doivent juger.
Mais les conflits sont inévitables entre l'oligarchie des Sénats et la démocratie des Chambres, entre patrons et ouvriers, capital et travail, et quoique V Amphictyonnat intellectuel doive opérer une première accommodation des antinomies phgsiques et morales, c est-à-dire plè-
bèiennes et bourgeoises, la décision ne peut être que V office d'un homme isolé de toute caste.
L'homme du Sceptre est ce saint, ce génie, ce mage, ce prêtre, non pas homme d'État mais homme d' HUMA- NITÉ, capable de formuler en actes LE PLUS GRAND NOMBRE DE RAPPORTS HARMONISÉS.
Entre les compétents aristocrates et les souffrants démocrates il faut l'homme du Sceptre, comme arbitre. Il représente la Providence entre le Destin du peuple et la Volonté oligarchique. Il n'est ni le savant, ni le génie, il est la raison attentive, le confluent des aspirations, silencieux solitaire, il incarne sa race avec justice.
Toute question lui arrive doublement jugée ; et par les intérêts, qu'il met au point divin, il est le hiérophante, le Pape d'un peuple. Il ne croit pas au profit de l'injustice, ni qu'un État doive moins à la morale que l'individu. Il veut le bien universel et ne favorise pas son peuple au mépris de l'humanité.
Ce n'est pas l'autocrate, car son avis, quoique décisif, vient le dernier ; ce nest pas le roi constitutionnel car il est responsable: il n'a pas de cour, il ne chasse, ni ne joue, ni ne plaisante, il pense sans arrêt, sans parole, sans intermède : tel est le signalement du sacerdote social.
L'homme du Sceptre doit être V incarnation de la Providence.
Chaque période historique montre V exploitation de l'État, au profit d'un, de plusieurs, ou ï 'oppression de la minorité par le nombre, injustices égales.
Les chrétiens n ont pas encore compris que le prochain désignait l'étranger autant que le citoyen et qu'en toute matière le sentiment international est le plus vrai, et le national le plus faux et le plus mauvais.