‹ Le livre: Historique--fabrication--achat--classement--usage et entretienChapitre 21 sur 156 · Le Faiseur, acte II, scène iv · texte numérisé non relu

Le Faiseur, acte II, scène iv

2. JUiisions perdues. Un grand homme de province à Paris, t. I, p. 205. (Paris, Librairie nouvelle, 1857.)

3. Sainte-Beuve a môme fait cette remarque qu'à part deux hommes seulement, Épaminondas et Washington, aucun grand homme d'État n'est arrivé et n*a gouverné par des moyens honnêtes et irréprochables. Et plus l'homme d'État est considérable. . et considéré, admiré et célébré, plus, d'ordinaire, il s'est montré fourbe et traître, perfide et gredin, plus il est et devrait être odieux. Voyez Louis XI, Richelieu, Mazarin, Frédéric le Grand, Catherine la Grande, Napoléon le Grand, Talleyrand, Bismarck, etc. Combien de forç^ats sont des innocents et dés anges, en comparaison de

de la purej vertu, on n'arrive pai> sans se compromettre et sans se salir, sans déchoir; pour nous servir du mot de Saint-Just, on n'arrive pa innocemment^.

ces criminels ! « Depuis et avant Cé^ar juscju'A Xnpol(W>n. tout ce qui a brillé et influé on tête des nations, ii:ran(l roi ou grand ministre, n'a songé et n'est parvenu à réussir qu'à l'aide d'une dose de machiavélisme plus ou moins mai dissimulée; tellement qu'on est en droit de se demander si le contraire est possible, el si l'enlière vertu n'api)orle pas son obstacle, son échec avec elle. On n'a, pour opposer véritablement à cette triste vue que le nom de Washington, qui va rejoindre, à travers les siècles, ces noms presque fabuleux des Épaminondas et des héros de la Grèce. » (Sainte-Beuve, PoWrat7s littéraires, t. II, p. 101.) « ... Tous les grands politiques ont été plus ou moins de grands dissimulateurs, pour ne pas dire un autre mot.... Osons bien nous l'avouer, oui, c'est au prix de cette connaissance et aussi de cet emploi du mal que le monde est gouverne, qu'il Ta été jusqu'ici. » (ïd.. Portraits contemporain.^^ t. V, i»p. tiiS-ti'iO.) Socrate a môme été jusqu'à dire qu' « il est impossible de vaquer aux choses publiques en honnête homme et de s'(mi tirer sain et sauf. » (Ap. iD.,o;>.c?7.,t. IV, p. 507.) « Happele/vous qu'en révolution, il ne faut jamais se metlre du côté des honnéles gens : ils sont toujours balayés. >• (Le ^^énér.il Menou, ap. ID., Causeries du lundi, t. XIII, p. ."57.)

1. Complétons et corroborons, par quelques autres témoignages, cette sévère mais équitable appréciation du succks : « La gloire, c'est douze mille francs d'articles {h payer aux journaux), et mille écus de dîners : demandez à l'auteur du Solitairel » (II. de Balzac, I/iusions jterduns^i. I, j>. 202.) « ... A Paris, il y a des impôts sur tout, on y vend tout, on y fabrique tout, même le succès! » (In., o/>. cit., t. II. p. 58.) « ... Ce Paris, oii tout est cabotinage, jusqu'à l'œil en coulisse de la Renommée, cetle première grande sauteuse des féeries en carton de la Gloire. » (Octave Uzanni:, Zif/za/js dUoi curieux, p. 12.) « Dans ce monde, en fait de bonheur et de succès, le premier rang est au llatteur, \c ^ç^^iowOv \\\\

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Il faut abandonner au vulgaire cette douce, consolante et réconfortante illusion que la vertu est toujours et forcément récompensée, que le mérite est tou* jours et inévitablement reconnu, qu'un chef-d'œuvre est toujours et immanquablement et nécessairement

sycophanle ou caloninialeur, les gens de mœurs corrompues viennent en troiràièine lieu. - (Ménandre, ap. Sainte-Beuve, Portraits conte niporains^ l. V, |). 259.) « ... Tout appartient aux impudents : les honneurs, les espérances et les richesses. • (PÉTRARQUE, Moïi Secvct, trad. Victor Develay, p. 156.) « Il ne faut qu*estre effronté pour obtenir des faveurs. • (BÉROALDE DE Verville, le Moyeu de parvenir^ ap. H. de Balzac, Contes drolatiques j Premier Dixain, Épilogue; t. I, p. 305; Paris, Librairie nouvelle, 1859.) « L'estimation vulgaire et commune se voit peu heureuse en rencontre; et, de mon temps, je suis trompé si les pires escrits ne sont ceux qui ont gagné le dessus du vent populaire • (obtenu le plus de renom). (Montaigne, Essais, Vivre IH, chap. ix; t. IV, p. 81; Paris, Charpentier, 1862.) « ... Il faut faire connaître votre talent.... Prenez un liacre, et courez de porto en porte ; c'est ainsi qu'on acquiert la célébrité.... Comptez qu'il importe plus d'être charlatan qu'habile...» (J. -J.Rousseau, ^'/ni/e, livre III ; t. I, p. 576; Paris, Hachette, 1862.) « Le vrai talent, plus simple et moins charlatan, n'y fait point fortune (en France). La modestie y est la vertu des sols. >• (Id., op. cit., livre II; t. I, p. 518, notcl.) « Au ton qui règne depuis dix ans dans la littérature..., la célébrité littéraire me parait une espèce de diffamation qui n'a pas encore tout à fait autant de mauvais effets que le carcan; mais cela viendra. » (Ciiamfort, Œuvres choisies, t. IL p. 24; Paris, Librairie des bibHophiles, 1879.) • Si vous voulez parvenir dans le monde, tuez votre conscience. • MiBABEAV, Conseils à un jeune bomme^ ap, Louis Blanc;

prôné, proclamé et magnifié; qu'à défaut des vivants, la postérité, c Téquitable postérité », ne se dérobe jamais à son devoir, qui est de tirer de l'ombre tous les génies méconnus, et de leur demander grâce en fanfarant leurs noms et érigeant au pinacle et en pleine lumière leurs images taillées dans le marbre ou coulées dans le bronze. Hélas non î il n'en va pas ainsi ; et, pas plus que les honneurs et les richesses

Histoire de la Réoolution française, t. III, p. 110.) * Il se fait, dans la société, un brigandage de succès, qui dégoûte d'en avoir. » (Prince de Ligne, ap, Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. VIII, p. 270.) « Les habiles en littérature sont ceux qui, comme les jésuites de Pascal, ne lisent point, écrivent peu et intriguent beaucoup. » (P.-L. Courieh, Lettres à M. Renouard, (Ewvres, p. 277; Paris, Didot,1865 ;— et Pascal, Lettres provinciales, III : Œuvres complètes, t. I, p. 40; Pari.s, Hachette, 1860.) « ... Les jeunes gens quelquefois se passionnent pour l'étude; c'est la perte assurée de quiconque aspire aux emplois de la littérature.... L'étude rend paresseux; on s'enterre dans ses livres, on devient rêveur, distrait, on oublie ses devoirs, visites, assemblées, repas, cérémonies.... » (P.-L. Courier, Lettre à Messieurs de l'Académie, op. cif., p. 307.) « ... Selon vous, on s'élève toujours par la fortune, jamais par le mérite. — Franchement, le mérite a fort peu de part à tout cela.» (Id., Conversation chez la comtesse . d'Albany, op. cit., p. 322.) « Jeunes gens, ne m'imitez pas; ne passez pas tout votre temps dans votre cabinet de travail. Courez, trottez chez les libraires, chez les journalistes : ne laissez pas chômer votre nom. Noire siècle est encombré de grands hommes ; la renommée s'enroue à les proclamer. Malheur à ceux qui se laissent oublier! • (Viennet, ap. Staaff, la Littérature française, t. II, quatrième cours, p. 667, note.) « Rien ne m'a plus donné un absolu mépris du succès que de considérer à quel prix on l'obtient. ■ (Gustave Flaubert, Correspondance, t. I, p. *204.) * Pour rèu^&vc ^^^x'à leslettres» il faut un peu de talent el beaucouv <^^ n^-

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