Cf. Sainte-Beuve, op. cit., pp. OG et suiv. et p
2 Paul Stapfer, op. cit., t. Il, p. 205.
3. C.-D. D'IlÉRiCAULT, op. Paul Stapfer, op. cit., l. H, pp. 265-266.
Du Bartas a de même éclipsé Ronsard, joui d'une gloire sans rivale, d'une gloire européenne : « Nul poète n'a peut-être eu, de son vivant et après sa mort, plus de renom, en son pays et à l'étranger, que du Bartas ^ »
Et L'Hôpital, du Vair S Bodin, LaNoue, ... « quand on songe combien ils sont peu connus aujourd'hui, et combien la Satire Ménippée est, sinon lue, au moins connue, on ne peut s'empêcher de trouver un peu d'injustice dans cette inégale répartition de la gloire'. »
Si l'on classait les orateurs sacrés du siècle de Louis XIV d'après le nombre de stations que ce prince leur fît prêcher à fe cour, et qui devait vraisemblablement correspondre à l'estime que l'opinion publique faisait d'eux, voici, selon M. A. Gazier*,
1 . Sainte-Beuve, Tableau de la Poésie française au xvi* siècle^ p. 581. (Paris, Charpentier, 1869.) Cf. aussi Paul Stapfer, op. cit., t. II, pp. 246 et suiv.
2. Sur Guillaume du Vair (1556-1621), que Richelieu considérait comme un des meilleurs écrivains de son temps, cf. supra^ t. I, p. 233, notes.
5. Gustave Lanson, Histoire de la liUérature française, p. 315. « Les traités de Guillaume du Vair, écrit encore M. Gustave Lanson {op. cit., pp. 336 et 337), sont la grande œuvre de la philosophie morale de ce temps-là. Il y eut peu d'âmes plus belles, plus fortes que celle de ce magistrat, qui mourut évêque.... Si Ton rassemble la belle suite des harangues de du Vair, son curieux Traité de l'Éloquence française, ses œuvres morales et ses discours chrétiens, on se convaincra que ce remarquable orateur n'a pas encore reçu la place à laquelle il a droit. »
4. A. Gazier, Petite Histoire de la littérature française, p. 550. Cf. Paul Stapfeiî, op. cit., t. IL p. 264.
LE LTVBE. — T. IV. ^
lU LE LIVRE.
dans quel ordre ils se présenteraient : « Le roi des orateurs serait le Père Gaillard, jésuite, qui prêcha devant Sa Majesté quatorze avents ou carêmes; ensuite viendraient, sur la môme ligne, Bourdaloue et Mascaron; puis le Père La Rue, jésuite, et Toratorien Le Boux, évoque de Périgueux. Bossuet occuperait seulement le sixième rang, avec quatre stations, deux avents et deux carêmes, et il serait suivi de près par le Père Quinquet, théatin, par les oratoriens Soanen et Massillon. »
Bossuet, lui, est à présent, et depuis longtemps, au pinacle, considéré comme une des lumières et des gloires de la France. Sainte-Beuve a même été jusqu'à dire que « la gloire de Bossuet est devenue l'une des religions de la France; on la reconnaît, on la proclame, on s'honore soi-même en y apportant chaque jour un nouveau tribut; ... on ne la discute plus' ». Si, on la discute encore, et Sainte-Beuve, lui-môme, le grand juge littéraire, Sainte-Beuve le reconnaît et l'établit tout le premier : « Les esprits curieux et libres, les esprits délicats et fins, sont enclins à ne pas goûter Bossuet, et ils ont leurs .raisons pour cette antipathie^ ». Combien, en effet, ont prétendu et prétendent que cette gloire est usurpée, que l'auteur du Discours sur Vhistoire universelle aussi bien que des Orako)iS funèbres n'est