Jules Levallois, la Piété au xix' siècle, p. 40. (Paris
r « immortel » auteur de Gerfaut \ — Emile Souvestre (1806-1854), qui a publié plus de quarante romans ; — Méry (1798-1866), le spirituel Marseillais ; — Léon Gozlan (1803-1866); — Ernest Feydeau (1821-1873), r « immortel » auteur de Fanny ; — Amédée Achard (1814-1875), V « immortel » auteur de Belle-Rose', — Louis Reybaud (1799-1879), r« immortel » auteur de Jérôme Pâturât-, — Jules Noriac (1827-1882), r « immortel i> auteur du ÎOÎ' Régiment',— Louis Ulbach (1822-1889), V « immortel » auteur de Monsieur et Madame Fernel-, — et tant d'autres « immortels ».
Et je ne vous parle pas du théâtre, où, parmi les pièces de Shakespeare, une des moins bonnes. Pendes, obtint le plus de succèç * ; — où /e Misanthrope fut froidement accueilli*; — où, « avant /a Folle journée [le Mariage de Figaro], les fastes delà scène
Michel Lévy, 1864.) C*esl George Sand qui révéla au monde le génie de Maurice de Guérin. « Le 15 mai 1840, la Revue des Deux Mondes publia, avec une notice de George Sand qui y servait de préface, un magnifique fragment d'un poète mort l'année précédente à vingt-neuf ans, George-Maurice de Guérin. Ce morceau capital, intitulé le Cen^aî/rc, révélait une nature de talent si neuve, si puissante, si vaste, que le mot de génie semblait naturellement s'y appliquer. » (Sainte- Beuve, Causeries du lundi, i. XII, p. 231.)
i. Cf. l'avertissement en tête de Périclès : Shakespeare, Œuvres complètes, trad. Emile Montégut, t. VIII, p. 141.
2. Cf. la notice en tète du Misanthrope : Molière, Œuvres, t. V, pp. 559 et suiv. (Collection des Grands Écrivains de la France.) \
française » n'ont offert « qu'un seul exemple d'une réussite aussi extraordinaire, c'est celui de Timocrate^ tragédie faible de Thomas Corneille* » : vous pourriez fort judicieusement me répliquer que la postérité n'a fait ici que remettre les choses au point ; mais, à mon tour, je vous objecterais que, de tous les ouvrages du savant historien Anquetil (1725-1806), c'est le plus mauvais, ou plutôt le seul mauvais, qui est demeuré debout et a sauvé de l'oubli le nom de l'auteur, — sa pitoyable Histoire de France, qui a eu des milliers d'éditions*. Encore une fois, voyez-vous,
... habent sua fata libelli '.
1. L.-S. AuGER, Notice sur Beaumarchais, p. xiv, en lèle du Théâtre de Beaumarchais. (Paris, Didot, 1863.) « J'ai déjà cent fois, au théâtre, fait cette remarque : plus un cfini est absurde, plus il y a chance de réussir, si son absurdité va dans le même sens que Tabsurdité du public. « (Francisque Sarcey, le XÏX" Siècle, 18 février 1887.) Et il en est de la chanson comme du théAtre : des refrains ineptes, absolument idiots [J'ai un pied qui r'niue Et l'autre qui ne va guère, etc.; — Ohf Eh! les petits agneaux, Qu est-ce qui casse les verres, etc. ; — Rien )Cest sacré pour un sapeur ! — Sur le bi du bout du banc; — Viois, Poupoule, viens! — etc., etc.) réussissent, triomphent, se propagent instantanément d'un bout de la F'rancc à l'autre et jusqu'au fin fond des campagnes, s'implantent dans toutes les mémoires et vibrent sur toutes les lèvres, tandis que de charmants couplets, d'une jolie facture, pleins de grâce et de talent, tombent à plat aussitôt envolés, et meurent dans le plus prompt et le plus irrémédiable oubli.
"1. Cf. Augustin TniEiiRY, Lettres sur lliisluire de France^ IV, pp. i\) et suiv.
3. Terentianus M.vurus : cf. supruy p. 105. * Maisie, artiste
Quant à « 1 iminorlalilé > académique, écoutons ce que disaient un jour entre eux deux philosophes et académiciens, deux « immortels », Caro et Jules Simon :
< La réputation d'un académicien, quand cet académicien n'est pas Corneille ou Victor Hugo, dure . deux arifi, » déclarait Caro. Jules Simon paraît trouver cette moyenne encore exagérée : « Il faut, remarque-t-il, trois mois au secrétaire perpétuel pour composer Téloge du dernier mort. Quand il ^ commence à l'écrire, la mémoire de son héros est présente à tous les esprits; elle est partout effacée, trois mois après, quand il écrit les dernières lignes*. »
A propos de « la docte Compagnie », pourquoi — on se l'est demandé souvent* — pourquoi y rencontrons-nous Montazet, Villar, Lacuée de Cessac, Mole, Carné, Campenon, Champagny, Roger, Tissot, Fé- Ictz, Empis, etc., qu'on ne lit plus, qu'on n'a jamais
peintre, demande à Dick, dans un roman de Rudyard Kipling (The nUjht that failed) : « Ai-je tort de tâcher d'obtenir un peu de succès? — Oui, répond Dick, parce que vous târhez. Un J)on ouvrage est une chose, le succès en est une autre. Klles n'ont point de rapport nécessaire. Le succès n'appartient pas à Tauteur d'un bon ouvrage comme sa conséquence forcée; c'est un pur accident heureux qwi tombe sur lui on ne sait d'où. « (Paul Stapfeh, op. cit., t. II, p. 222.)