‹ Le livre: Historique--fabrication--achat--classement--usage et entretienChapitre 84 sur 156 · Op. cit. y p · texte numérisé non relu

Op. cit. y p

2. Contrairement à cette règle et cet usage, le Père A. PouRCELET (op. rit,, p. 29) déclare que, « quand un auteur a deux noms de famille, on traite le premier comme un simple prénom ou nom de baptême. Ainsi Guyard de Berville s'inscrira Berville (Guyard de) ». Il conseille toutefois de placer une carte ou fiche de renvoi à Guvard (Guyard de Berville ; voir Berville). La plupart des bibliographes, et les plus autorisés (Léopold Delisle, op. cit.j p. 28; — Albert Maire, op. cit., pp. 127-128; — etc.), sont d'un avis contraire et classent Guyard de Berville à Guyard.

(Irpt'uilaiil Poqm*liii de Molière, François de Salif,nia<*(lola Mol lie-Fénelon*,Aroueldc Voltaire, Charles (le Secondât de Montesqnieu, Caron de Beaumarchais, etc., se classent à Molière, Fénelon, Vol- TAini:, Montesquieu, Beaumarchais, etc., parce que •ces noms, universellement connus, s'imposent comme mots d'ordre; et les fiches seront rédigées sous celle forme : Molière (Poquelin de), Fénelon (FraïKjois de Salignac de la Mothe-), etc.

Les femmes auteurs sont désignées par le nom sous lequel elles ont publié leurs ouvrages :

Dacikr (Aune Lefèvre, femme d'André);

Si-viGNi': (Marie de Rabutin-Chantal, marquise de);

Stmôl (iermaine Necker, baronne de)';

Sand ((ieorge — ; pseudonyme d'Aurore Dupin, baronne Du(levant).

Lorscjue plusieurs auteurs portent le môme nom, on l(*s classe d'après leurs prénoms : Corneille (Pierre) avant Corneille (Thomas).

Si les prénoms sont les mêmes pour plusieurs homonymes, les (jualités, grades ou professions, joints à ces noms par les auteurs eux-mêmes, ou ajoutés exeeplionnellement par vous, détermineront

1. On micMix : « Traiirois i\o. Sohifindc de la Mollic-Féiielon ». (Guslavo I.ANSON, Histoire de Id fitlcmlKre française, p. OOi, noie 1.)

2. C'est par une singulière inadvertance que M. Albert Mauik (op. rit., p. 130) considère les noms de Skvigné et de Staï^l comme des pseadonymes.

le classemenl. Dumas (Alexandre) fils se classera alphabétiquement avant Dumas (Alexandre) père*; Martin (Henri), archiviste paléographe, conservateur à la bibliothèque de FArsenal, avant Martin (Henri), historien^ membre de l'Académie française ; et ce dernier avant Martin (Henri), professeur^ membre de l'Académie des inscriptions *.

Les homonymes dont les prénoms seraient inconnus se classeraient par ordre chronologique.

Certains personnages, tels que les princes souverains, les papes, divers prélats et écrivains, etc., n'ont point, à proprement parler, de noms de famille, et ne sont communément désignés que par leurs prénoms : c'est ce prénom qui sera le mot d'ordre, « et l'on distinguera, dit M. Léopold Delisle'% les

1. Quelques bibliographes n'hésitent i>ns à préférer ici l'ordre chronologique à l'ordre alphal)éti(|ue.

'2. Cf. Léopold Delisle, op. cit.. p. 22. 11 est à remarquer que le ('atalogue qénéral de la librairie française <J'Otlo LoiŒNZ et 1). JoRDELL (L XII, p. 094, et t. XV, p. 518) écrit avec un y le prénom de M. Henry Martin, l'archiviste paléographe, aujourd'hui administrateur de la bibliothèque de l'Arsenal, ce qui, à l'égard de cet érudit écrivain, tranche la difficulté, Henry se classant ai)rès Henri. Mais il faut observer aussi ([ue la véritable orthographe de ce prénom est Henri, avec un /, comme le donne M. Léopold Delisle, et de même (fu'on écrit Henriette et uoq Henryette. Henry, avec un //, est une forme archaupie ou fanlaisisle.

3. Instructions élémentaires et tec/initjues pour la mise et le mnintien en ordre des livres d\uie hihliothèijue, ]). 22. (Lille. Danel, 1890: in-8, 76 pp.) Cet opuscule, auquel nous venons encore d'avoir recours, est un des meiileiu'S guides qu'on puisse consulter sur la question qui nous occupe, et nous

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homonymes par le nom des Élals qu'ils ont gouvernés, des églises qu'ils ont administrées, des locailités dont ils sont originaires. Dans la série des homonymes, les saints passent au premier rang. Les papes viennent à la place que Tordre alphabétique assigne au mot pape. » Exemples :

('.iiAKLEs VIII, roi de F}^nce....

CiiARi.ES, duciï Orléans.,..

Paul (saint).

Paii. Diacre,

Paul dÈf/ine.

Pai'l 111, pape.

Paul I, empereur de Russie.

Philippe, abbé de Bonne-Espérance,

Philippe le Bon, duc de Bourgogne,

Philippe II, roi d'Espagne.

Pm LIPPE 111, roi de France.

Philippe de Thessa Ionique.

« Pour les personnages qualifiés de saints ou de hienlieureiu\ les mots saint et bienheureux doivent être mis de côté, tandis que ces mots font partie intégrante <les noms de lieu ou d'institution dans la composition desquels ils sont entrés*. » On écrira donc :

le suivons ici presque mot à motet pas à pas. Voir aussi Vinalruction générale rclnlive au service des bibliol/iâquea uuiversitaireu, du 4 mai 1878, ap. Albert Maire, op. rit., pp. 425- UO. 1. Léopold Delisle, op. rit., pape 24. Cl'esl à tort que

Benoît (saint), Règle..,,

Louis (saint), Enseignements..,»

Mais on mettra à la lettre S les articles :

SAiNT-BENOiT-sur-Loire (Abbaye de)....

Saint-Louis (Ordre de)....

SAiNT-Louis-des-Français, à Rome (Église de)....

On classera aussi < à la lettre S les noms d'hom-

M. Albert Maire {op. cil. y p. 129) dit qu' « on peut adopter deux méthodes pour les noms de saints », et classer indifféremment saint Paul, par exemple, à Paul (saint) ou à Saint Paul. En suivant ce dernier mode, saint Simon, apôtre, classé à Saint Simon, se confondrait (à part le trait d'union) avec Saint-Simon, historien; saint Victor, martyr, classé à Saint Victor, se confondrait avec Saint-Victor, littérateur et critique; saint Martin, évêque de Tours, avec Saint- Martin, orientaliste ; etc. Rappelons d'ailleurs ici ces deux règles typographiques : 1" « Les mots saint et sainte ne prennent ni majuscule ni trait d'union quand ils se rapportent aux personnages eux-mêmes ; » 2® « Les noms composés qui désignent des pays, des villes, des rues, des églises, etc., prennent des traits d'union entre tous leurs mots ». Ainsi on écrit : le martyre de saint Pierre, et l'église Saint-Pierre; le supplice de sainte Catherine, et les tours de Saint-Sulpice ; les villes de Saint- Valery-sur-Somme et de Bar-le-Duc ; l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, la rue Vieille-du-Temple, l'église de Saint-Louis-des-Français, etc. Cf. supra, p. 259, n. 1.) Seuls, et seulement d'après certaines marches typographiques, les noms composés étrangers font exception : New York, San Francisco, Civita Vecchia, etc. (Cf. Emile Leclerc, op. cit.^ pp. 134, 136 et 149-150; —Auguste Tassis, op. cit., pp. 42-45; — Desormes, Notions de typograpldCj p. 309; — Règles typographiques adoptées dans les publia entions de la librairie Hachette, pp. 35-56; — etc.)

mes tirés d'un nom dans Jequel le mol iSalnt entre comme partie intégrante ' ». Exemples :

Saint-Foix (G. -F. de), E.<!<ai!< historiqfœs sur

Smnt-Pikiuu: (Bernardin de'), Paul et Virginie..,. Sai.nt-Vicïou (Paul de), Hommes et Dieux...

1. LrojM>I(i Dklisle, o;>. cit. y p. 25. Jal, dans son Dictùmntiirr critii^ue fie. hiofjraphie et dliistoire, a eu la fâcheuse idée de niellre Jean-Bon Saint-André à André, Saint-Simon à Simon, t'U*. Sainte-Beuve, qu*il avait, en conséquence, mis à 1H:( VE, dans la première édition, et dont le nom a disparu dans la seconde (1872), a vivement reproché à l*auteur ce l'iasscnionl l)aroquc : « Vous coupez les noms propres arld- Irniromenl ot en dépit de la raison », lui écrit-il. (Lettre du ''l't mars ISC)" : Cinrespinid/inrr, t. II, p. 150.) Sur Jal et Sainte- Beuve, cf. .s////)vi, p. 2, note 4.

'2. Beaucoup d'écrivains considérant ici Bernardin, non côimne nom de haptc^me, mais comme nom de famille, écrivent : Br.HNAnniN de SAiNT-Pinm^E, et classent par cons<M[iicnt ce nom à la lettre B : cf. Sainte-Beuve, Causeries (Itf imidi. tome dernier. Table générale et analytique, art. Bcrn.'U'clin d<' Saint-Pierre: Laroisse, o;). cit., art. Bernardin <lc Sailli Pierre: etc. — Ouoique, comme il vient d'être dit. rarlicle sur Bernardin de Saint-Pierre soit classé à Beu- NAHDiN dans la Table générale et analytique des Causevic.<i du lundi, P<n'lvails de femmes, etc., table due à M. Ch. Pierrot, nous trouvons, dans les Causeries du hmdi mêmes, les renseignements suivants : « ... Si on lui donne, en lui écrivant (à Bernardin de Saint-Pierre), son prénom de Bernardin à coté du non) de Saint-Pierre, il s'en formalise également : « M. Panckoucke, dit-il en un endroit, est le pre- « mier de tous les hommes et le seul qui m'ait appelé « Bernardin. » (Saintk-Bei vk, op. cit., t. VI, p. 450.) «J'avais cru, comme tout le mon<le, que votre nom de famille était Bernardin. »(M. Hennin, lettre à Bernardin de Saint-Pierre, ap. iD.. Qp. cil. y p. 455.) « M. de Saint-Pierre, l'auteur de

Pour les auteurs dont on possède des exemplaires des œuvres complètes, des œuvres choisies et d'ouvrages s(^parés, on classe en premier lieu la fiche relative aux œuvres complètes, inscrites dans Tordre chronologique des éditions * ; puis la fiche concernant les œuvres choisies, rédigée de môme ; les fiches relatives aux ouvrages publiés séparément viennent après, rangées par ordre alphabétique des titres-. Exemples :

CnATEAUBRiA>D, Œffvres complètes,,,.' Chateaubriand, Œuvres cJioisies,,..

Chateaubriand, Atala..,.

Chateaubriand, Marlyn^, (les) ou les Martfp'.'i.,., Chateaubriand, Natchez (te) ou les Natchez....

Si un auteur a publié plusieurs de ses ouvrages sous des noms difîérents, on rédige la fiche complète ou fiche principale avec, pour mot d'ordre, le nom généralement le plus connu, et Ton met à chaque autre nom une fiche de rappel ou de renvoi. Ainsi Voltaire (qui est déjà un pseudonyme et représente

Paul et Virginie, portait comme noms de baptême Jacques llenri-13ernardln...; il signait : De Saint-Pierre. » {Vlnlcrmédiiiive dea chercheurs et curieux, H) juillet lOO'i. col. 29-30.) Il résulte de ces documents <iue c'est bien à Saint-I^ieiuîe, et non à Bernardin. (piMI faut classer Bernardin de Saint-Pierre.

1. Pour In rédaction détaillée d'une fiche relative aux œuvres comi)lèles,cf. iufra, pp. 295 et suiv.

2. Cf. Constantin, o;>. ci7.,p. 125; et Léopold Delisli:, op. cit., p. 51.

Arouet)a signé ses écrits de cen/ soixante noms différents*. Vous cataloguerez toutes ces publications à VoLTAiHE sous Cette forme :

^<:oU' du catalogue méthodique.)

VOLTAIRE [François-Marie Arouet deJ. [Docteur Ralph].

Candide ou rOplimisme, roman traduit de Tallemand du docteur Ralph....

(Ndu registre d'enlrée.)

(Cote du catalogue méthodiciue.)

VOLTAIRE [François-Marie Arouet de].

[Docteur Akakia].

Diatribe du docteur Akakia

(N" du registre d'entrée.)

1. On en trouve la liste dans Larousse, op. cit., art. Pseudonyme. Voir aussi J.-M. Qlérard, ta France littéraire, t. X, art. Voltaire, pp. 437-439.

Et vous mettrez à Ralph (docteur) et à Akakia (docteur) uiie fiche de renvoi :

RALPH (docteur).

Voir Voltaire.

Vous pouvez, mais ce nVst pas indispensable, ajouter, à l'angle gauche supérieur de la fiche de renvoi, la cote du catalogue méthodique inscrite sur la fiche principale, le plus valant mieux que le moins.

Les premières éditions des ProvincAales de Pascal ont paru sous le nom de Louis de Montalte ; vous cataloguerez de la sorte un exemplaire d'une de ces premières éditions :

PASCAL (Biaise). |Montalte (F^ouis i)e)|.

JL^'s* Provinciales on le^ J.nUrps êcrilos par Louis de MonfaUe à un provincial de ses amis, et auxRli. PP, Jésiciles^ 9'' édit.

Cologne, Nicolas Schonto, 1685. In-l'i. Rel. v.

Et à Montalte vous placerez une fiche de renvoi :

MONTALTE (Louis de).

Voir Pascal (Biaise).

Quelques bibliographes font l'inverse, placent la fiche principale au nom porté sur le titre, soit à Montalte dans le dernier exemple, et la fiche de renvoi

LK LIVHE. — T. IV. V^

à Pascal: mais la plupart sont d'un avis contraire ri cslimonl qu'il faut prendre comme mot d'ordre le vrai nom ou le nom le plus connu. « C'est cette dernière manière de faire qui a été en général suivie, et avec raison selon nous, dit le docteur GraeseP, parce» qu'elle est plus conforme à ce grand principe qui veut que tous les ouvrages d'un même auteur soient autant que possible réunissons son vrai nom', qu'ils aient paru sous ce vrai nom, sous un nom suppose, ou môme sous le voile de l'anonymat. •

De môniOj s'il s'agit d'un nom traduit, d'une mélonoraasie : — Mélancuthon, traduction grecque de rallemand Schwarzerd (ou Schwartzerde) , terre noire; ( Hv'.oi.ampade, traduction grecque de l'allemand llausschein, lumière de la maison; Quercetanus, Iradiiclion latine (lu fran(;ais Duchesne ; Castella- NUS, traduction latine du français Duchâtel ; etc., — il faut prendre pour mot d'ordre le nom traduit, qui est le seul connu, le seul inscrit sur les titres des œuvres, et Ton mettra, si l'on veut, au nom véritable et qui ne figure sur aucune œuvre, une fiche de renvoi. Contrairement à cette règle si rationnelle, la Bibliothèque nationale porte toujours l'auteur à son nom véritable^ : c'est comme si, dans un diction-

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