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CHAPITRE VIII

LA keliurp:.

La reliure des premiers livres imprimés. Les anciennes reliures allemandes. — La reliure au temps de Louis XII. — Les reliures italiennes. — Aide Manuce. — Thomas Maïoli. — Jean Grolier. — François V. — Henri II et Diane de Poitiers. — Catherine de Médicis. — La reliure en France et à l'étranger.

— Henri III. — Les Eve. — Les Fanfares. — Louis XIII. Le Gascon. — Florimond Badier. — Louis XIV. Les maroquins du Levant. — Cramoisy. — Les reliures au temps de Louis XIV.

— La Régence. — ■ Padeloup. — Les Derome. — Dubuisson. — Thouvenin et les Fanfares. — Lesné. — La reliure au xix" siècle.

IMPRIMERIE, qui avait remué et bouleversé tant de choses , créa pour ainsi dire l'art du relieur.

Auparavant , le Heur était simplement un ouvrier cousant entre eux les feuillets d'un manuscrit, sans autre science et malice que de serrer le tout solidement avec nerfs et cordelets. Aussitôt que le luxe s'en mêlait, le Heur ne comptait plus. Sur les volets ou ais de bois, dont on fermait le livre, les ecriniers, les Jo'.illiers incrustaient leurs œuvres propres, prodiguant les ivoires, les pierres, au gré de Tamateur ou du libraire.

D'ordinaire, ces travaux recouvraient les livres à miniatures les plus précieux, les Heures j^oyales, et en général les manuscrits qu'on jugeait dignes de ce vêtetement magnifique, rarement les copies sans conséquence. L'imprimerie, venue tout à coup mettre le désarroi dans la tribu des copistes, le mit aussi parmi les Heurs, les écriniers du manuscrit, les joailliers. La besogne se multipliant, on délaissa vite les riches reliures et chaque libraire se mit à l'ouvrage, ou tout au moins fit revêtir chez lui les livres destinés à la vente. La mode n'était point alors d'offrir à l'étalage les volumes brochés comme aujourd'hui. Les clients voulaient un objet facile à manier, résistant, et sur lequel on ne fut point obligé de revenir pour des embellissements ultérieurs.

Ainsi se présentèrent devant le public les ouvrages laborieusement composés par Gutenberg, Schoiffher et Fust, un peu à la manière des manuscrits qu'ils avaient la prétention d'imiter, avec leurs solides volets de bois, recouverts de peau de truie ou de veau. Aux quatre coins, des clous de cuivre à la tête large empêchaient le frottement sur les rayons de la bibliothèque, car, à cette époque, les livres étaient mis à plat et point dressés comme aujourd'hui. C'est toujours au bibliomane de la nef des fous que nous renverrons pour donner une idée de ces dépôts ; on peut voir rangés devant lui, sur un pupitre, les gros in-folio à clous, étalés à plat et bravant ainsi la poussière, au lieu que la tranche l'emmagasinait et laissait la porte ouverte aux maculatures (voir fig. 24).

Malheureusement les ais de bois portaient en eux

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