‹ Le Livre, illustration - la reliureChapitre 115 sur 140 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

un germe de destruction, le ver, capable de réduire d'abord les volets en poudre, et de continuer par le corps de l'ouvrage, les ligatures, les nerfs. Certaines préparations détruisaient bien l'insecte; mais quelque-

Fig. 92. — Atelier de reliure au xvi"^ siècle. Gravure de Jost Amman.

fois la précaution n'avait aucun effet, et c'est ainsi qu'on peut s'expliquer aujourd'hui la disparition de volumes assez répandus autrefois pour qu'on pût espérer les retrouver en nombre.

Dès le principe, les opérations du relieur furent ce qu'elles sont encore, sauf les perfectionnements; cela

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va de soi. Elles consistaient à coUationner entre eux les cahiers d"'un livre, à les plier suivant les cas, à les battre pour les rapprocher et leur donner de la cohésion, à les coudre, d'abord entre eux, puis sur des nerfs ou ficelles en croissant, place's sur le dos, et qui forment ces cinq ou six nervures en arc vues à Textérieur. Primitivement ces nerfs se reliaient aux ais de bois, et sur les uns et les autres on collait une peau résistante, où, grâce aux gravures en relief et en creux, on frappait des motifs de décoration des plus agréables. La peau de truie, fine et blanche, se prêta, surtout chez les Allemands, à ces impressions de luxe; on en fit de très nombreuses, mais les bois des volets ou des plats ne leur ont point permis de venir toutes jusqu'à nous.

Les plus anciennes que nous puissions citer sont des œuvres allemandes du t^mps de Louis XI i; elles sont très fortes et très grossières. Les nerfs en forment une saillie énorme et massive. Le revers des plats est le plus souvent sans doublure de papier ou d'étoffe. Dans les cas de grand luxe, on mettait parfois aux imprimés ainsi qu'aux manuscrits du velours sombre appelé « velours tanné » dont Vérard relia des livres destinés au père de François I", comme nous Pavons dit auparavant.

L'art ne pénétra dans ces travaux de conservation

I. Citons la première signature de relieur mise par Jean Reichembach, de Geislingen, sur un Saint Jérôme imprimé par Mentelin, de Strasbourg, aujourd'hui à la Bibliothèque nationale, exposé sous le n" 486. La lettre est poussée au fer chaud, et la date est 1469.

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