CHAPITRE VIII. 2<îi
que vers la fin du xv° siècle, avec les armoiries et les
Z. Z~ do'.'/s '■1.1 F'g- 9J' — Reliure pour Louis XII. Collection de M. Dutuit, di Rouen.
emblèmes. A l'extrême commencement du xvr, on
historia quelques reliures pour le roi Louis XII et la reine Anne de Bretagne; mais il ne nous en reste guère aujourd'hui que cinq ou six spécimens. Ils sont grossiers d'aspect; les ornements en bleu de Pexeniplaire exposé à la Bibliothèque nationale sous le n^ 3-8 sont lourds et mal venus. L'ouvrier qui a poussé au fer la reliure que nous reproduisons ici, d'après le curieux exemplaire de M. Dutuit de Rouen, a trop jeté les motifs les uns sur les autres; les armoiries, le porcépic, les hermines se tiennent de si près qu'ils se confondent et forment un mélange peu agréable en soi. Si Ton songe aux délicieux encadrements de Vostre ou de Pigouchet, contemporains de cette médiocre besogne , on s'étonnera de voir dans un tel degré d'infériorité un métier ayant où s'inspirer, ou puiser des motifs gracieux de décoration.
Il fallut que la France trouvât encore en Italie des maîtres capables de lui révéler des secrets de composition et d'arrangement, pour qu'elle quittât cette voie pénible. Les guerres d'Italie n'auraient-elles eu que ces résultats artistiques, on ne saurait se plaindre des énormes sommes qu'elles ont englouties. Le curieux de l'aventure fut qu'un trésorier des guerres, un financier, employé par les rois de France dans ces expéditions, devait, grâce à des relations de goût et d'amitié avec les Aide de Venise, apporter en France l'amour des reliures somptueuses, des éditions superbement habillées. Il se nommait Jean Grolier, ce bibliophile du Kvf siècle, qui fut bien réellement, avant même le roi François, avant tous autres, le premier à comprendre l'art des reliures. Ce n'est point trop de dire l'art,