‹ Le Livre, illustration - la reliureChapitre 134 sur 140 · CHAPITRE IX. io · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. io

rimportance que ce palais délaissé pouvait avoir pour y installer commodément les collections royales. On était en 1721. Le dépôt venait d'être subdivisé en quatre sections, ou, comme on disait alors en style d'administration, quatre départements distincts : manuscrits, imprimés, titres, planches gravées. Le maître de la librairie poussa le Régent à profiter de l'occasion, ce qui fut accordé. Dès le mois de septembre, le déménagement commença, et de la rue Vivienne la Bibliothèque du roi, la plus belle du monde et la plu > précieuse au dire de Naudé, entra dans l'ancien palais Cardinal, qu'elle ne devait plus quitter jamais ^

Elle n'y était point seule cependant. La Compagnie des Indes occupait la partie du monument élevé aujourd'hui sur la rue des Petits-Champs. L'espace réservé aux livres du roi donnait sur la rue Richelieu et sur la rue Colbert. La galerie Mazarine de nos jours était pour les manuscrits; quant à la salle actuelle des estampes, elle dépendait de la Bourse, qui se continua dans le local, du côté de la rue Vivienne, où est le jardin. La banque devait rester en cet endroit jusqu'à la Révolution, où on la transféra à l'église des Petits-Pères.

I. Dans le plan dit de Turgot, on voit les bâtiments très nettement indiqués. La façade sur la rue Richelieu est une longue construction sans grand caractère, au milieu de laquelle est percée une porte cochère. Une autre porte sert à aller rue Colbert. Le bâtiment du fond de la cour est sur galeries, comme aussi la Bourse, qui donnait rue Vivienne, et qui était séparée de la Bibliothèque par une cour. La Compagnie des Indes était établie dans l'hôtel de l'administrateur général, rue des Petits- Champs. Le plan de Turgot est daté de ij3g, juste au temps où le dépôt du roi avait été rendu public.

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Nous approchons de l'époque où le grand établissement scientifique allait quitter son caractère privé et s'ouvrir aux savants de tous les pays. En 1735, Pimpression du catalogue fut décidée pour quelques divisions seulement: la théologie, le droit canon, le droit des gens, les belles-lettres. Cette résolution coïncidait, précisément avec l'ouverture des portes, qui eut lieu en 1787; deux ans après paraissait le premier volume du répertoire comprenant rÉcriture sainte.

A la fin du xviii® siècle, la Bibliothèque du roi était définitivement installée. Les imprimés comprenaient alors environ 200,000 volumes, et on y accédait par un escalier conduisant à six grandes salles autour desquelles régnaient des galeries. Dans son Guide des amateurs (I, p. 207), Thiéry se loue du personnel : « Nous ne pouvons mieux terminer cet article, écrit-il, qu'en faisant ici Téloge de l'honnêteté et de lacomplaisance de messieurs les savants à qui sont confiés les différents départements de cette bibliothèque. » A cette époque, comme de nos Jours encore, le suisse de garde à la porte vendait les notices imprimées.

A partir de ce moment, les salles des dépôts deviennent trop petites. A la Révolution, le nombre des livres atteignait le chiffre de 3oo,ooo, et les projets d'agrandissement allaient commencer pour se continuer jusqu'à nous. Un architecte nommé Boullée proposait un immense temple grec oti Ton eût empilé des millions de volumes. Un autre imaginait des réservoirs d'eau contre l'incendie. On allait jusqu'à vouloir prendre purement et simplement la Madeleine pour y placer les collections. Plus tard, sous le règne de Louis-Philippe, Benjamin

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