‹ Le Livre, illustration - la reliureChapitre 76 sur 140 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

îïïS^fc^H*ï==

Fig. 68. — Fragment de l'estampe d'Abraham Bosse représentant les libraires du Palais sous Louis XIII.

nous avons vus, dit-il, sur le Pont-Neuf et que nous

iSa LE LIVRE.

voyons encore aujourd'hui au Palais et dans PUniversité, mais dont le nombre s'est tellement multiplié dans tous ces endroits-là, qu'au Palais on en compte autant ou plus que d'autres marchands; et quant au quartier de rUniversité, on a esté contraint, pour loger le reste, d"en étendre les anciennes bornes depuis Saint- Yves jusques à la rivière. » (Sauvai, Antlcjuités de Paris^ VIII, 354.)

De fait, chaque année voyait s'accroître le nombre des imprimeurs -éditeurs réunis en corporation avec syndic et adjoints. Sous le règne de Louis XIII, la seule année 16 10 en avait vu 5o prendre rang, et parmi eux, Antoine Vitré, qui devait être le plus illustre de la confrérie. Or , comme il n'y a guère que six typographes, on en peut inférer que tous les autres étaient de simples libraires au sens vrai du mot, de ceux qui encombrèrent depuis la grande salle dont parle Sauvai. Antoine Vitré, nommé plus haut, était syndic en mai 1643 à l'avènement de Louis XIV; il avait quatre adjoints. Avec lui, le Livre accentue la tournure solennelle que le commencement du siècle lui avait donnée. Devenu imprimeur royal pour les langues orientales dès 1621, il entreprit même un ouvrage syriaque, le premier qu'on eût tenté à Paris. Le projet d'une bible polyglotte lui donna idée de faire acquérir par le roi les manuscrits et les matrices orientales de Savary de Brèves. Le roi lui laissa le soin de négocier l'affaire, mais ne le remboursa qu'après des difficultés sans nombre, au milieu desquelles l'imprimeur faillit perdre les moyens de continuer convenablement son état. L'avocat Le Jay, s'étant chargé des dépenses

Page 1