TOME PREMIER
A PARIS Chc^ PraultyÇ/j Quay eu ^
Fig. 74. — Frontispice gravé par Fessard d'après Cochin, pour les Œuvres de M™* Deshoulières, 1747.
temps de prodiguer dans les livres les décorations et les vignettes.
Il travaillait surtout pour Jombert, une sorte de
libraire érudit, imprimeur du roi pour rartillerie, et qui avait pris rang en juillet ijSô. Jombert recevait chez lui les peintres, donnait de petites soirées intimes où Cochin ne manquait point de se rendre, et où il composait au jour le jour un album d'amis. C^est dans cette maison, au caractère si spécial et, on peut le dire, si peu artistique au premier abord, que Cochin inventa quelques-uns de ses plus jolis frontispices, et parmi eux celui du Calcul différentiel, celui de V Astronomie physique et les planches de la Méthode de dessin diaprés Boucher.
Il fut un des premiers à chercher les titres gravés, dont réditeur Prault ornait ses coquets volumes, et qui furent imités jusqu'à la fin du xviii^ siècle par tous les illustrateurs qui suivirent. Dans celui des œuvres de M'"' Deshoulières, la lettre elle-même était gravée, ce qui n'eut pas toujours lieu, car depuis on copia en typographie la lettre grise ^ c'est-à-dire évidée. Aussi bien ces fleurons servaient-ils plusieurs fois aux éditeurs, soit en effaçant simplement l'inscription, soit en faisant reproduire le dessin original par un artiste différent. L'enfant au cygne avait décoré en 1744 chez ce même éditeur Prault une Jériisalern délivrée en italien; il était alors gravé par Aveline; c'est Fessard qui traça sur cuivre le second, celui que nous reproduisons ici.
A peu de chose près les frontispices des livres à vignettes du xviii^ siècle conservèrent cette disposition. Une bordure ornée et drapée avec des guirlandes de roses, des attributs et des amours, au milieu le titre en rouge ou noir composé de lettres évidées. Souvent un