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CHAPITRE VI

gravure sur bois, après les tentatives malheureuses des Papillon en France, fut relevée en Angleterre par un artiste nommé Thomas Bewick; celui-ci orna de planches assez bonnes divers ouvrages et eut son école, dont étaient, au commencement de notre siècle, Clennell et les frères Thompson. L'un des Thompson vint en France vers le milieu de la Restauration, sans doute avec Pespoir de mettre à profit son art, et il offrit au Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale le Diplôme de TAcadémie des antiquaires d'Ecosse, grand bois in-folio déjà très adroit et très curieusement taillé sur le dessin du célèbre Benjamin West. M. Duchesne, alors conservateur du Cabinet, parle de ce procédé perdu comme d'un revenant : « Cette estampe fait voir, dit-il dans son catalogue*, que Fart de la gravure sur bois, longtemps négligé et souvent repoussé, comme ne pouvant jamais égaler la gravure sur cuivre, mérite cependant l'attention des amateurs, lorsqu'une main habile veut bien s'y exercer. » C'était, on le voit, une curiosité alors que cette taille en saillie dont la résurrection allait donner au livre une impulsion énorme, grâce aux facilités de tirage et aux économies réalisées par la possibilité d'intercalation dans les périodiques. En effet, le tirage en creux nécessitait autant de peine et plus pour la gravure qu'il n'en fallait pour l'impression. Avec le bois habillé dans le texte, c'est-à-dire environné de caractères, le coup de presse ordinaire suffit. Le Magasin pittoresque, dont le succès fut très

I. Duchesne, Description des estampes exposées dans la galerie de la Bibliothèque impériale. Paris, S. Raçon, i855, ii>8°, p. 182, n" 378.

grand au début, naquit de ces combinaisons nouvelles. Avant lui, le Messager boiteux de Strasbourg et d'autres almanachs populaires, marchaient très bien avec leurs bois d^imagerie. Une sorte de raison sociale de graveurs, à la tète de laquelle se trouvaient Best et Andrew, se chargea des illustrations du Magasin pittoresque ; en peu d'années, les progrès furent immenses, d'autres publications se créèrent, et l'on revint définitivement à la vignette en relief.

Tombée tout à point en pleine effervescence romantique, dans une mêlée de livres, qui, pour plaire, devaient avant tout étonner l'œil et réagir à la fois contre Pesprit et contre Part de la Restauration, la gravure sur bois fut prodiguée. Jamais les artistes n'avaient à ce point pris parti dans une lutte purement littéraire. Les voici lancés à la suite des porte-drapeau du romantisme, accusant Baour-Lormian d"avoir commencé, le gendarme de troubler la rue :

Aux armes

Allons;

Chassons

Gendarmes

Qui vont

Et font

Vacarmes!

criaient les partisans du petit vers, en haine de ce polisson de Racine et de M. Balourd-Dormant. Toutes les tendances fantaisistes des Jeune-France sont contenues dans ces vers boiteux et dans ces à peu près misérables. Sans doute les chefs d'école n'allaient point aussi loin, et leur réputation soutirait même de

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