‹ Le livreChapitre 5 sur 15 · PREMIÈRE JOURNÉE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE JOURNÉE

exemplaire gothique (1521) relié par Bauzonnet. Nous l'appelions aussi : Le champion des tînmes, et il ne s'en fâchait pas.

Bernait, l'avoué, petit homme à lunettes d'or, très-instruit, mais cachant sa science par respect pour la chambre de discipline, avait nom : Les Lunettes dus primes, ballade composée par noble homme Jean Mesehitiot, sans date, mais reliée par Trautz-B a u z onn e t .

Notre Villon (le livre venait de M. de Clinchamps, noble origine!) élail l'un des membres modestement associés du Caveau.

Nos deux célibataires, maître Jacques et M. Denis, s'appelaient, le premier : Serimm il un /muré qui emprunte un pain sur lu fournée, et le second : Sermon joyeux pvur avertir la nouvelle

Les deux plus furieux amateurs s'appelaient : Maître Albert Sonije~Creux et le seigneur de Saint- Cciais.

La dame avait nom : La Belle Cordiére, et sa digne cousine : Les Marguerites de lu Marguerite.

Ajoutez le nouveau venu : le Curieux. Nous lui cherchions un nom, lorsqu'il s'avisa de nous dire, avec un gros soupir, qu'cnlre autres beaux livres qu'il avait possédés: le Berluul de 1002, et lu Sirène

r,1i]|;lfs OKui'i-r.f i>in'-litjiii^di- Pierre de Cornu, Dilu- ;iA/ni)i'\,' alors, tout (l'une voix [les daines étaient al>sentea), le Curieux s'est ajipelé Pierre de Cornu.

Tels

out été les premiers fondateurs de cette

aimable

réunion, et. voilà eoninient lui instituée, en

un coin

de ra:-: 3 (le jardin fleurit tout 1 iti la ma--

son es!

de broï

qui nou

s a tous charmés et qui nou. rendra' con-

teitts ju

squ'aux derniers jours. 1/ Exposition uni-

verse Ile

foule d'

oisifs. La vapeur et ses miracles envahis-

ses les âmes; on ne parlait dans l'Europe

entière

que de la l'abrieaiiou de la bière et des pe-

tits paù

is viennois; on s'entassait devant les arti-

sans qu

; sniil'fljir-nl des perles ou des chapeaux de

feutre. '.

toriens, auraient prodigué les miracles, ils n'auraient pas trouvé dix lecteurs de bonne volonté, pendant que le potier ne suffisait pas à satisfaire les amateurs d'amphores et de coquetiers. L'art dramatique était au bout de sa gloire et de ses peines; sur le théâtre un ne voyait plus que des filles mal faites et mal vêtues ; les Lovclace et les don Juan de la province entouraient ces infantes de leur

admiration peu bégueule. Pas un amour qui ne lut coté à l'avance.

Il n'y avait dans les carrefours , autour du lac, dans les voitures publiques, sur les bateaux à vapeur, que des sots et des coquines de la pire espèce. Une seule de ces margots , un jour qu'elle était inoccupée, avait été saluer le priutemps dans la forêt de Fontainebleau; sou amie intime l'étouffa au pied d'un vieil arbre. Et ra t'apprendra, malheureuse Aspasic! à négliger tes véritables intérêts. Un homme avalait pour vivre une épéc nue, un autre avalait des couleuvres.

Donc, le tumulte était partout, partout les musiques et les tambours. Tous les bruits , civilisés ou sauvages, luttaient à qui ferait le plus de bruit, le chef d'orchestre et le tambour-major accomplissant à tour de bras leur chef-d'œuvre ou bruit des trompettes et îles trombotonars.

Dans cet immense tohu-bohu de la curiosité la plus niaise et des plus grands efforts de l'industrie humaine, el voyant qu'en dépit de toute prudence nous étions envahis par le vulgaire des cinq parlies du monde : — Non certes, disions-nous, nous ne reslei ons pas sans défense , et . puisqu'ils ont oublié

dans leur Champ de Mars notre chère et douce passion, puisqu'ils uni donné la iiïi-iI i Ile? d'argent à un maître imprimeur entouré de chefs-d'œuvre, nous aurons, nous aussi, notre Champ de Mars de douze cents mètres carrés ; nous nous ferons à nousmêmes une humble et elu'-rc exposition des plus belles choses, et ne pouvant pas nons mêler, Dieu soit loué! aux tumultes de la tribune, aux clameurs du journal, à ce bruit de cantique éternel, à ces mains tendues vers l'aumône et aux décorations de tous ces passagers couronnés , nous retiendrons, calmes et contents, à noire étude , à notre exposition de chaque jour. Nous retrouverons ,\ leur place glorieuse ces maîtres critiques de la Renaissance : Krasme et Lascaris , Turnélie ci Hadius.

Nous remettrons en lumière les écrivains anciens effacés par ceux d'aujourd'hui. Chacun de nons racontera les vieux poètes, les romans de la Table ronde et les Amadis. Nous invoquerons colin l'ami des livres, tout rempli de la grande et sainte passion. Nous consolerons de notre mieux cet

étranger, Pierre Cornu, i[ui vient de f

i loin, chez

nous, pour chercher des curiosités, c

omme s'il y

pie viens-tu

l'aire en ces jours de menuiserie , de se

rrurerie, de

vitrerie et de folâtrericï Crois-moi, i

-a-t'en, rc-

tourne en ta tannerie (un mot lté la Bruyère), et ne t'arrête pas à notre maroquinerie. El lui lie nr rien répondre et de ne rien entendre. Il est un

— Ali! dit-il, que n'ai-je vécu en l'an de grâce llifS, pendant les ciurjuanle-ncur vacations de In vente du fameux comte de Hoym, dont le nom sera célehre él cruellement ! Je vois d'ici l'hOtet de Longueville dans la rue Saint-Thomas du Louvre, où cette illustre bibliothèque était exposée. Malheureux que je suis! pas un autre que moi n eût possédé lit collection du Diiupliiu, reliée en maroquin rotq;e par Boyct. .l'aurais lutté de toutes mes forces pour obtenir un des livres que ce fameux amateur s'était procurés parmi les livres de Colbert , de Baluze et de Broeliart. Que je serais donc ricin- aujourd'hui!.,.. Ce brave homme, affolé du livre, oubliait qi\tittjunrtt Itui il serait mort.

Le bibliophile obéit uniquement à sa douce et elièru passion, la bibliophilie : il voit en rêve Vfâi-

ripide en lettres majuscules , le Tite-Live de Spire sur vélin, \cFirgite elle Martial (1501), le Dante en grand papier, les rhéteurs grecs, Y Hérodote de la première édition. C'est surtout le quinzième 1 siècle qui l'attire au beau milieu du Paris de 1867. Un pareil homme est assez semblable à ce fils de

roi qui voulait être consul : il vit venir à lui un jeune homme qui lui offrit une boule d'or de la part de son père en disant : « Mon père m'a chargé de donner cette boule an premier fou que je rencontrerai. » Bien fou est celui qui peut être roi toute sa vie et qui se t'ait consul pour six mois! l!n exemple achevé de bibliophilie est l'exemple de lord Spencer : il rcsla Joule une année à Rome ; il ne visita ni Saint-Pierre, ni le Coliséc, ni le Vatican! il ne s occupa que des bouquinistes, et quand il eut trouvé le Martial de Sweynheym et Pannartz de 1473, il s'en revint tout d'une traite. .Son cabinel , par longueur de temps, est devenu le plus riche cabinet de Londres. Ne riez pas, c'est une belle folie; elle est respectable, elle est innocente, elle indique une âme honni te, un esprit content. Aimer les livres , c'est renoncer au jeu , à la bonne chère , au luxe inutile, aux chevaux de course, aux tristes amours. Le bibliophile esl à l'abri des tempêtes de la politique; ses livres lui sont un rempart contre les hontes des hanteurs d'antichambre ; il est maître, il est roi; ne ie trouble* pas dans sa fête, et respectez sa joie intime.

Par quelle rencontre hospitalière nous avons été assez heureux pour avertir ce confrère étranger qu'il faisait fausse route? 11 n'y a rien de plus simple.

l'LIEMIÈRE JOURNÉE. 17

Notre innocente passion est une franc-m a sonnerie. A mille lieues de distance on sait le nom de celui-ci, de celui-là. Un Russe entre chez M. de Sacy : il le reconnaît à son esprit d'abord, bient6t à ses livres, et la connaissance est faite. Pierre Desehamps, traversant par hasard Saint-Pétersbourg, frappe à la porte du prince Galitzin 1 : « Entrez, dit le prince, et soyez le bienvenu, .le vous présente messieurs mes livres. » A Florence, à Rome, à Turin , pour peu que vous possédiez quelque tome authentique : « Ah! mon ami, vous ne verrez pas ce soir mou c;irilm;d de Remis , imprimé sur papier vélin d'Anuonay; je l'ai prêté, disons mieux, je l'ai donné ri b princesse Pallavicini. »

au Champ de Mars pour admirer les vases de Sèvres ou les tapisseries des C.uhelins , est entré riiez un

l'avoir entendu relrutir dans les veines célèbres.

rance, au conseil. - Alors le voilà qui se met à raconter comment, après avoir accompli sa tache ici-bas, il s'était retiré dans une cite savante de

' Cantonne des titm .le h bihhollicniw <lu [.rince Michel Golil.i.. (Koicuu, ISSU).

l'Allemagne, on il espérait vivre et mourir en paix avec les compagnons do ses derniers jours.

Un fils qu'il avait, un mauvais [farnement d'enfant, l'avait forcé de se défaire, hélas! de sa bibliothèque entière. 1! avait tout vendu : les poètes, les historiens, les dramatiques, les moralistes , même les rpistolaires, en dépit de eette belle parole de Paul Manuce à son ami Codms : « Qu'il est doux, disait-il , d'écrire à cieur ouvert, et de faire honnèlemcnt, lihrement, son petit solécisme! » O quiiiu dulce est ail amicttm scriherr, qui non nuœrat nodum in scïrpo, et apud quem possis iuleriliim solacisare! On a beau dire que les jpandes douleurs sont muettes, ce malheureux, dépouillé de son bien le plus cher, revenait toujours à sa plainte, à sa peine : « Hélas! disait-il,

PREMIÈRE JOURNÉE. 1!) d'un parchemin fjonflc' pur la pluie, un tas de livres plus semblables à des éponges qu'à des publications laites par des chrétiens, qui se connaissent pourtant dans l'art des filets, des rosaces, des coins, des bordures, des dentelles, des compartiments, des fermoirs ! »

Telle était sa plainte ingénue; il ne pouvait pas se consoler d'être ainsi dépouillé. Kt maintenant, poussé par sa manie et sous le vain prétexte de voir le Champ de Mars, il s'en allait retrouver les rt- " v,i G <:s de la Seine et ces quais superbes où tant do

Su LE LIVRE,

de cette exposition primitive, se tenait courbé comme un liseur île palimpsestes ; il avait de lions yeux, une patience infatigable , ci plus d'une fois, pour sa récompense , il mi contrait quelqu'un de ces I u 1 1 i 1 1 ■ * E h intruuvalilrs qui tiinnent leur plan 1 dans notre histoire littéraire. Un étalagiste a vendu

à Laurent de Mcdicis, ornée de la planche sur bois

rrpivsfiilaiil , an sommet, des sauvages nus, et tout au bus, l'arrivée de la Hotte en Amérique.

et les livres, sans oublier les colporteurs pendus , roués ou briilés vifs. Grâce aux clicrs bouquins (le mot soit pris en bonne part), qui vont disparaissant chaque jour privés de leur gloire, le hiblinphili était sur de passer, pour peu cjui: le ciel bit limpide et le soleil bienveillant, une heureuse, une charmante journée, lise levait de bonne heure; il prenait à la hâle son pain et son fruit de la matinée, et tout eu bouquinant il déjeunait.

PREMIÈRE J0U11NÉE. 51 Dans ces huit kilomètre! de veau fauve ou de parchemins qui subissaient tous les outrages de la terre et du ciel, le chercheur de trésors arrivait parfois aux plus merveilleuses découvertes. Eu vain la pluie et l'orage, et l'émeute elle-même, conspiraient parfois contre celte innocente folie, il restait calme à son poste, et rien ne l'en pouvait distraire.

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de la retraite avait sonné, quand le bouquiniste remportait son étalage et qu'absolument il fallait rentrer chez soi, le fureteur de livres s'en revenait à pas comptés , mais triomphants, dans son domicile, et sa femme heureuse et ses enfants contents battaient des mains à le revoir. Son premier soin l iait de retirer précieusement de leur cachette, en secouant la poussière, les débris qu'il avait ramassés; puis il dinait de peu, mais de bonne humeur, racontant à qui l'écoutait ses bienheureuses découvertes. Le repas achevé, il rentrait dans son musée, et là , seul avec sa lampe et sa passion, il collationnail ces feuillets sauvés par son génie. Il effaçait de son mieux les mauvais plis et les tares ; il essuyait ce naufragé plein de misère, il devenait pour lui le plus simple et le meilleur de tous les hôtes." Reste ici, mon vieux poète; on va te placer sur ce ravon, mon grand historien. Salut à toi, ma

comédie; ii loi s^ilut, roman de nos beaux jours! >■ Sur les quais ont été rencontrés , sans tuiiicjue el sans mauicau, h Hanse aux «wmj/im, /<( Chasse rayait-, ]c Diseuiirs merveilleux de la vie et ilépm-tements de Catherine, de Mèdiris (IfiûO). — « Si in me l'avais demandé, disait la reine an pamphlétaire, je me serais montrée ù la tête de tous

nies crimes Pour six sous qui lui restaient,

Charles Nodier achetait le Sauge de Polyphite, imprimé a Venise chez les Aide , et le revendait cent

éeus. Les quais de Paris oui élé longtemps le

ciM dil que la Seine elle-même accueillait celle bonne fortune de son plus doux murmure, niais

faiblit se rernniuiili'e eo (unies ces marques. pnnni

coté, le marchand, averti jiar ses fautes mêmes, avait grand soin de se bien défendre : il étudiait tout à la lois ses livres el ses acheteurs ; il si 1 tenail dans sa boutique abominable, où vous uniriez il tâtons, cherchant une voie à travers ces murailles lie choses brochées, crotlées el reliées. Tonte sa

main sur quelqu'un de ces échantillons qui for-

matent l'Ossa ou le Pélion de ce capliarnaiim, soudain ce vieux marchand de vieilles choses , cet Harpagon et ce Gobsec, semblable au fimiiicu-luu dans son entonnoir : « Non, non, s' écriait-il de sa vois aigre, je ne veux pas vendre aujourd'hui ce morceau qui vous [liait si fort; j'en ai besoin pour mes propres études; revenez dans huit jours. » En même temps If voilà qui pleure el se lamente : on le vole, on le trompe, on le dépouille. Hier encore il a vendu pour rien les OEuores /joein/nes d'Jmailh Jiunyii. Il a eédo pour un quart d'écu un volume dépareille du Ciniruii de 1(542, un volume, <-ulnid<v,-vousï Unis il esl sûr que le jjrodin qui lui achetait te tome premier, possédai! déjà tous les

pniï iiu propnetairi' dr su (i:;>:sou puur cltIiT le volume qui vous fait envie , soit que vous ayez mis la main sur quelques sermons de Théodore de Bcze ou de Calvin, ees grands latinistes, soit que vous ayi'/. arraché du tiis un tome éjjaré de Jatisénius. Pour eu llars Gallicus, Hiehelieu lit mettre à la Bastille cet ami de Philippe IV, et Richelieu, l'en-

Ilélas! le dernier bouquiniste a disparu de ce bas monde, 11 mourut de cbajjrin et du regret

d'avoir vendu sa boutique en bloc à M. Boulard. M. Boulard mourut à sou tour, après avoir rempli de bouquins son hôtel du quai Voltaire et ses deux maisons de la rue de Toumon.

Rappelons aussi que l'épicier de Paris fut longtemps l'unique héritier des grandes bibliothèques du moyen â|;e. A l'épicier revenaient de droit la ilié»loj;ie >;i l'histoire in-folio; chez l'épicier ont disparu, sans espoir de retour, les chapitres qui manquent au Tire-I.ivc, au Tacite, au Cicéi'on, et toutes les tragédies d'Ovide, l'auteur des Tristes. I.'épicier faisait ses cornets avec nos incunables; il enveloppait son poivre et sa cannelle de ces livres imprimés sur rouleau devenus si rares. Les guerres de religion, les guerres civiles, et surtout l'ignorance, autant de complices pour l'épicier. La Révolution française abandonna au Mortier d'or, à la Cloche d'argent, les précieuses collections parées des chiffres et des couronnes de la noblesse exilée et dépouillée.

Hélas! ce fut seulement dans les années abominables de l'invasion étrangère, que ces livres, dans le format superbe de l'in-folio et de l'in-quarto ; Mabillon, Montfaucon, Ruinart, Lobincau, Clément, dom Calmet, tout le travail des Ilolbmdistes anciens et modernes, toute la congrégation de

Sainl-Maur, alU'Eulant leur I oui" (l'rlre mis en cornets, devinrent pour li's Anglais el les AllrmnnrL'j, nos vainqueurs, l'objet île leur culte. Ils entraient chez ces trislea marchands, cl , dédaigneux de leur marchandise, ils achetaient à tout prix leur dernière réserve. Ainsi furent sauvés par nos amis les ennemis tant d'autographes, de chartes, de parchemins précieux ; tant de monuments de la science et du goflt de nos anciens maîtres; tant de traités, de mémoires, de catalogues, de bibliothèques. Chargés de nos dépouilles opimes, ces savants porteurs d'épée étaient les bienvenus dans leur patrie , et montraient avec orgueil les grandes épaves qu'ils avaient ramassées chez nous. Les savants anglais, écossais, irlandais, saxons, autrichiens, les H lisses eux-mêmes, étaient tout charmés de ces merveilles que nous foulions à nos pieds ; ils en tiraient celte conséquence, honteuse poumons, les vaincus de Waterloo, que nous avions renoncé le même jour à la victoire, à la poésie, à l'éloquence, à la jurisprudence, à la théologie, à la sagesse, à la liberté. Quelle plus triste oraison funèbre, et quels gémissements parmi les dignes Parisiens qui, même au milieu de l'Empire et de ses tumultes, étaient restés fidèles au calme loisir de l'étude, à la science, à la contempla lion!

ïO i.e i.iviu:.

Mais, Dieu soi! loué! il « est pas (.'lien nous île défaite étemelle. En toute occasion la Fiance a repris sa revanche; elle eut repris bien vite l'amour des belles choses d'autrefois, rl , jjràce à ces ami* île I antiquité h (pli rien ne colite pour remettre en ordre et pour sauver ces témoignages sacrés du vieil esprit gaulois et de l'art français, elle a répourquoi si peu de découvertes restent ù faire.

Ami, disions-nous au bibliophile dépouillé, lenez-

fortunc, de ne pas refaire une l>ililiollifrque. Et même aujourd'hui que les grands financiers s'en mêlent, vous trouveriez trop de rivaux. Faites mieux, consolez-vous; vos livres vous auraient servi à peu de chose s'ils ne vous avaient pas enseigné il vous passer de leur concours. Venez, eepen-

n'y trouverez pas les miracles enfouis clic/. M. Dutuit, chez M. de Lirmerolles , chez M. de T.acarelle, dignes successeurs de Jl . de G:ii|;uiéres, du due de la VaNiere ou du uianpiis de (lonrlenvnux; mais vous y trouverez, de beaux et bons livres, qui se laissent, approcher volontiers; vous y trouverez surtout des f;cns qui les aiment ei qui savent comme on en parle. Ainsi, délivré d'une rc eh erclie inutile,

PREMIÈRE JOURNÉE. ÏT VOUS reviendrez, [ion pas sans charme, à ces histoires que vous aimez. ■

Notre homme étant admis parmi nous , chacun se fit un mérite, un devoir, un peu par (doiie et lieaucoup i i rt c plaisir, de montrer ce (ju'îl avait appris.

Euti-e amis des belles choses, partageai la même passion , la connaissance, est bientôt faite. On

sine, en se moquant volontiers de tontes les autres.

des courses de la .Marche et de I .onjjchamps , se moque a/pvahlemeut îles vitrines de son voisin : heallN oiseaux qui ne cliantent plus, papillons qui ne volent plus, création misérable et vomie à tous les silences de la mort! Pendant que l'amoureux qui s'en va chez sa mailiesse, enivré cîes plus beaux rêves : - Ali fi! dit-il , que ces j;ens-tà me font pitié! " De Ions ces passionnés, c'est l'amoureux qui a raison ; il n'échan;;erait pas ( il ferait bien) un uteud de ruban, une mèche de cheveux blonds contre les émaux de celui-ci et les armes de celuilà; même une couronne, il n'en voudrait pas au prix d'eue lanne île Iiosine ou de r'auny. C'est mie

belle fichue guenille que votre roi, comparé à ma maîtresse! s'écriait Denis Diderot.

Toutefois, si nous voulons que Ton respecte nos passions, respectons les passions d' autrui. Si l'ivrogne, en sortant dit son club {ebrielriti perpetuin sacrum) tombe, il nous faut ramasser l'ivrogne, afin qu'il nous donne un coup de main quand nous reviendrons trop clinrffés de la vente. Il n'est pas facile de rapporter en son logis les quatre tomes du licjirrtiiritnu liibliniirajiUicuin , et si par bonheur on rencontre, mieux qu'un ivrogne, un amateur de fleurs, qui consente à se charger pour votre compte d'une part de la Bibliotlieca liîstorica, vous ne vous croirez pas d cil H in ou': île pui'lcr dans lu] petil

pot sou Wellinglonia gigantea ou

Liban. Le Monijaueon, avec kwft

pas d'un transport facile et nous exp<

.se à plus d'un

sourire de l'amateur de tableaux.

» Où vont-ils

loger tous ces gros tomes? Quant à

moi , j'ai tou-

jours assez de place pour attacher si

tr ma muraille

un Chardin , un Diaz flamboyant, un petit Rohault, le voisin deMeissonniei . ■■ l'his d'une lois nous avons rencontré dans les histoires, de malheureux bibliophiles accablés sous le poids de leurs livres. Vh'gitiius Ituf'us , homme consulaire , voulant écrire une louange de Néron, prenait dans sa bibliothèque un

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