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CHAPITRE III

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chior Pfinzfing, composé pour le mariage de Maximilien avec Marie de Bourgogne. Comme le fait très bien remarquer M. Léon de Laborde dans ses Débuts de V Imprimerie, p. i3, ce n’était plus là un livre quelconque destiné à la vente par un libraire. C’était un ouvrage de luxe qu’un empereur destinait en principe à ses amis, et il tenait à ce qu’on en fît une œuvre

Fig. 39. — Titre du Theuerdanck en bâtarde. Les ornements des lettres sont imprimés.

irréprochable. On multiplia les déliés hardis, les lettres majestueuses, les ornements contournés. Durant ces cinq années, trois personnes y travaillèrent; ce furent, si l’on en croit Peutinger, Hans-Léonard Schaüfelein le peintre, Jost de Necker le graveur, et Schonsperger, l’imprimeur d’Augsbourg, qui avait dû quitter sa ville pour celle de Nüremberg. Lorsqu’on put en tirer une épreuve, les praticiens ne voulurent pas croire à un livre composé en caractères mobiles; ils assuraient au contraire avoir affaire à un véritable xylographe en bâtarde taillée sur bois ; et de fait, par le titre que nous reproduisons ici, l’erreur était excusable.

Cet ouvrage, qu’on appelle aujourd’hui le Thenerdanck , du nom du héros du roman, était orné d’une quantité de gravures sur bois, portant un chiffre arabe en numéro d’ordre. Nous reproduisons ici une des dernières planches, dans laquelle Theuerdanck est conduit en présence de la reine. Theuerdanck, c’est Maximilien; la reine, Marie de Bourgogne.

Les dessins de Schaüfelein rappellent de très près les œuvres d’Albert Dürer, son maître; mais, comme nous le disions à propos de ce dernier, ces travaux, lourds et épais, quoique fort habiles, ne s’accommodent pas toujours du rôle de vignettes. Encore notre critique ne porte-t-elle pas tant sur le Theuerdanck , où les lettres, excessivement ornées et très écrasées, fournissent un encadrement suffisant aux gravures, que sur d’autres impressions de composition plus grêle, et que la planche allemande obstrue complètement.

Lorsque nous aurons mentionné le Passional Christi und Antechristi de Lucas Cranach, peintre allemand qui publia chez J. Grünenberg à Wittemberg, en i52i, vingt-six figures sur bois, d’ailleurs médiocres, nous aurons, à bien peu de chose près, cité les rares livres intéressants de l’Allemagne au commencement du xvie siècle.

La Néerlande, l’Espagne et l’Angleterre travaillent, mais sans grand succès. Dans les Pays-Bas, il faut attendre Plantin et ses entreprises gigantesques pour avoir où se reposer. En Espagne, le goût ne se développe guère, et si le dessin des illustrations est assez soigné, les tailles en sont pitoyables. Citons le Sénèque de Tolède en i5io, la Chronique d’ Aragon en i523. L’An-

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