‹ Le livre mystique (volume 2)Chapitre 10 sur 20 · LK8 PR08CUT · texte numérisé non relu

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— - Oà suis-je ? demanda*t-il arec une expression de plaisir.

— Chez YoaSy dit le yieillard en regardant avec surprise le cou de Godefroy ^ le clou auquel la corde ayait été attachée ^ et qui se trouvait encore au bout.

— Dans le ciel ? répondit Tenfant d'une voix délicieuse.

— Non y sur la terre! reprit le vieillard. Godefroy marcha dans la ceinture de lumière

tracée par la lune à travers la chambre dont le vitrail était ouvert y et revit la Seine frémissanté y les saules, les herbes du Terrain. Une nuageuse atmosphère s'élevait au-dessus des eaux comme un dais de fumée. A ce spectacle pour lui désolant ^ il se croisa les mains sur la poitrine et prit une attitude de désespoir. Le vieillard vint à lui , l'étonnement peint sur la figure.

— - Vous avez voulu vous tuer! lui demandat-il.

— Oui^ répondit Godefroy en laissant Fétranger lui passer à plusieurs reprises les mains sur le cou pour examiner Tendroit où les efforts de la corde avaient porté.

Malgré de légères contusions ^ le jeune homme avait dû peu souffrir. Le vieillard présuma que

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le clou avait promptement cédé au poids du corps, et que ce fatal essai s'était teriuioé par une chute sans danger.

— Pourquoi donc, cher enfant ^ avez-vous tenté de mourir?

— Ah ! répondit Godefroy ne retenant plus les larmes qui roulaient dans ses yeux , j'ai entendu la voix d'en-haut ! £lle m'appelait par mon nom ! Elle ne m'avait pas encore nommé; mats cette fois^ elle me conviait au ciel! Oh ! combien cette voix est douce ! Ne pouvant m'élancer dans les cieux, ajouta-t-îl avec un geste naïf, j'ai pris pour aller à Dieu la seule route que nous ayons.

— Oh! enfant! enfant sublime! s'écria le vieillard en enlaçant Godef roy dans ses bras et le pressant avec en thousiasme sur son cœur . Tu es poète^ tu sais monter intrépidement sur l'ouragan! Ta poésie , à toi , ne sort pas de ton cœur ! Tes vives , tes ardentes pensées^ tes créations marchent et grandissent dans ton ame. Va , ne livre pas tes idées au vulgaire ! sois l'autel y la victime et le prêtre tout ensemble ! Tu connais les cieux n'est-ce pas? Tu as vu ces myriades d'anges aux blanches plumes, aux sistres d'or qui tous tendent d'un vol égal vers le trône, et tu as admiré souvent leurs ailes qui, sous la voix de

Dieu, s'agitent comme les touffes harmonieuses des forêts sous la tempête. Oh! combien l'espace sans bornes est beau ! dis ?

Le vieillard serra convulsivement la main de Godefroy , et tous deux contemplèrent le firmament dont les étoiles semblaient leur parler.

— Oh! voir Dieu! s'écria doucement Godefroy.

— Enfant ! reprit tout à coup l'étranger d'une Toix sévère^ as- tu donc si tôt oublié les enseignemens sacres de notre bon maitre le docteur Sigier? Pour revenir^ toi dans ta patrie céleste et moi dans ma patrie terrestre ne devonsnous pas obéir à la voix de Dieu? Marclions résignés dans les rudes chemins où son doigt puissant a marqué notre route. Ne frémis-tu pas du danger auquel tu t'es exposé? Venu sans ordre ^ ayant dit: Me voilà ! avant le temps', ne serais-tu pas retombé dans un monde inférieur à celui dans lequel ton ame voltige aujourd'hui? Pauvre chérubin égaré , ne devrais-tu pas bénir Dieu de t'avoir fait vivre dans une sphère où tu n'entends que de célestes accords? N'es-tu pas pur comme un diamant , beau comme une fleur? Ahl si, semblable à moi tu ne connaissais que la cité des douleurs ! A m'y promener, je me suis usé le cœur. Oh! fouiller dans les tombes pour leur demander d'horribles secrets ;

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essayer des mains altérées de sang^ les compter pendant toutes les nuits ^ les contempler levées Ters moi^ en implorant un pardon que je ne puis accorder ^étudier les convulsions de l'assassin et les derniers cris de sa victime ; écouter d'épouvantables bruits et d'a£Freux silences ^ le silence d'un père dévorant ses fils morts; interroger le rire des damnés; chercber quelques formes bumaines parmi des masses décolorées que lé crime a roulées et tordues; apprendre des mots que les bommes vivans n'entendent pas sans mourir; toujours évoquer les morts ^ pour toujours les traduire et les juger ^ est-ce donc une vie?

— Arrêtez ! s'écria Godefroy , je ne saurais vous regarder^ vous écouter davantage! Ma raison s'égare , ma vue s'obscurcit. Vous allumez en moi un feu qui me dévore.

— Je dois cependant continuer , reprit le vieillard en secouant sa main par un mouvement extraordinaire qui produisit sur le jeune bomme l'effet d'un cbarme. Pendant un moment , l'étranger fixa sur Godefroy ses grands yeux éteints et abattus; puis il étendit le doigt vers la terre. Vous eussiez cru voir alors un gou£Fre entr'ouvert à son commandement • Il resta debout , éclairé par les indécis et vagues reflets delà lune

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qui firent resplendir son front d'où s'échappa commenne lueur solaire. Si d'abord une expression presque dédaigneuse se perdit dans les sombres plis de son visage y bientôt son regard contracta cette fixité qui semble indiquer la présence d'un objet invisible aux organes ordinairesdela vue. Certes , ses yeux contemplèrent alors les lointains tableaux que nous garde la tombe. Jamais peut -être cet homme n'eut une apparence aussi grandiose. Une lutte terrible bouleversa son ame , vint réagir sur sa forme extérieure ; et quelque puissant qu'il parut être , il plia comme une herbe qui se courbe sous la brise messagère des orages. Godefroy resta silencieux, immobile, encl^anté. Une force inexplicable le cloua sur le plancher; et, comme lorsque notre attention nous arrache à nousmême, dans le spectacle d'un incendie ou d'une bataille , il ne sentit plus son propre corps.

— Yeux-tu que je te dise la destinée au-devant de laquelle tu marchais , pauvre ange d'amour? Écoute ! Il m'a été donné de voir les espaces immenses, les abymes sans fin où vont s'engloutir les créations humaines , cette mer sans rives où court notre grand fleuve d'hommes et d'anges. En parcourant les régions des éternels supplices J'étais préservé de la mort par le

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inanteaa d'un Immortel , ce vêtement de gloire dû nn génie et que se passent les siècles , moi , chétif ! Quand j'allais par les campagnes de loniière où se pressent les henreux ^ l'amour d'une femme ^ les ailes d'un ange, me soutenaient; porté sur son cœur, je pouvais goûter ces plaisirs ineffables dont l'étreinte est plus dangereuse pour nous y mortels , que ne le sont les angoisses du monde mauvais. En accomplissant mon pèlerinage à travers les sombres régions d'en -bas, j'étais parvenu de douleur en douleur^ de crime en crime , de punitions en punitions, de silences atroces en cris déchira ns sur le gouffre supérieur aux cercles de FEnfer. Déjà , je voyais dans le lointain la clarté du Paradis qui brillait à une distance énorme. J'étais dans la nuit , mais sur les limites du jour. Je volais, emporté par mon guide, entraîné par une puissance semblable à celle qui pendant nos rève^ nous ravit dans les sphères invisibles aux yeux du corps. L'auréole dont nos fronts étaient ceints faisait fuir les ombres'snr notre passage, comme une impalpable poussière. Loin de nous, les soleils de tous les univers jetaieni! à peine la faible lueur les lucioles de mon pays. J'allais atteindre les champs dé l'air où^ vers le paradis, les masses de lumière se multiplient ^ où l'on-

feod facilement l'azur^ où les innombrables mondes jaillissent comme des fleurs dans une prairie. Là, sur la dernière ligne circulaire qui appartenait encore aux fantômes que je laissais derrière raoi , semblable à des chagrins qu'on veut oublier, je vis une grande ombre. Debout et dans une attitude ardente, cette ame dévorait les espaces du regard ; ses pieds restaient attacbés par le pouvoir de Dieu sur le dernier point de cette ligne où elle accomplissait sans cesse la tension pénible par laquelle nous projetons nos forces lorsque nous voulons prendre notre élan, comme des oiseaux prêts à s'envoler. Je reconnus un bomme , il ne nous regarda , ne nous entendit pas ; tous ses muscles tressaillaient et baletaient; par cbaqne parcelle de temps il semblait éprouver, sans faire un seul pas , la fa* tigue de traverser l'infini qui le séparait da paradis où sa vue plongeait sans cesse, où il croyait entrevoir une image chérie. Sur la dernière porte de l'enfer comme sur la première , je lus une expressiion de désespoir dans l'espérance. Le malheureux était si horriblement écrasé par je ne sais quelle force, que sa douleur passa dans mes os et me glaça. Je me réfugiai près de mon guide dont la protection me rendit à la paix et au silence. Semblable à la mère

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dont l'œil perçant voit le milan dans les airs ou l'y devine , l'ombre poussa un cri de joie. Nous regardâmes là on il regardait , et nons yimea eomme nn saphir flottant an-dessus de nos têtes dans les abymes de lumière. Cette éclatante étoile descendait avec la rapidité d'un rayon de soleil quand il apparaît an matin sur rborizon, et que ses premières clartés glissent furtivement sur notre terre. La Splendeur devint distincte , elle grandit^ j'aperçus bientôt le nuage glorieux au sein duquel vont les anges , espèce de fumée brillante émanée de leur divine substance ^ et qui çà et là péti^llait en langues de feu. Une noble tête ^ dont il est impossible de supporter l'éclat sans avoir revêtu le manteau , le laurier, la palme 9 attribut des Puissances , s'élevait au-dessus de cette nuée aussi bkncbe , aussi pure que la neige. C'était une lumière dans la lumière ! Ses ailes en frémissant semaient d'éblouissantes oscillations dans les sphères par lesquelles il passait , comme passe le regard de Dieu à travers les mondes. Enfin je vis l'archange dans sa gloire ! La fleur d'éternelle beauté qui décore les anges de l'Esprit brillait en lui. Il tenait à la main une palme verte ^ et de l'autre un glaive flamboyant y la palme pour en décorer l'ombre pardonnée , le

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glaire pour faire recaler l'Enfer entier par un seul geste. A son approche, nous sentimes les parfums du ciel qui tombèrent comme une rosée. Dans la région où demeura l'Ange y l'air prit la Gonlenr des opales, et s'agita par des ondulations dont il est était cause. Il arriva , regarda l'ombre , lui dit : — ^ demain l puis il retourna vers le ciel par un moayement gracieux, étendit ses ailes, franchit les aphtes comme un yaisseau fend les ondes en laissant à peine voir ses blanches voiles à des eûlés laissés sur quelque plage déserte. L'ombre poussa d'effiroyables cris auxquels les damnés répondir^t depuis le cercle le plus profondément enfoncé dans rimmensité des mondes de douleur jusqu'à celui plus paisible à la aui^Rce duquel nous étions. La plus poignante de toutes les angoisses avait fait un appd à toutes les autres. La clameur se grossit des rugîssemens d'une mer de feu qui servait comme de base à la terrible harmonie des innombrables millions d'ames souillantes. Puis tout à coup l'ombre prit son vol à travers*la cité dolente et descendit de sa place jusqu'au fond même de l'Enfer, elle remonta subitement, revint , se replongea dans les cercles infinis, les parcourut dans tous les sens, semblable à un vautour qui,

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mis pour la première fois dans nne ToUère , s'épuise en efforts saperflas. L'ombre avait le droit d'errer ainsi ^ et pouvait traverser les Kones de l'Enfer^ glaciales , fétides , bradantes , sans participer à leurs souffrances. Elle glissait dans cette immensité comme un rayon de soleil se fait jour au sein de robscnrité. — Dieu ne lui a point infligé de punition , me dit le maître; mais aucune de ces âmes dont tu as successivement contemplé les tortures , ne voudrait changer son supplice contre l'espérance sous laquelle cette ame succombe. En ce mo> ment^ l'ombre revint près de nous^ ramenée par une force invincible qui la condamnait à sécher sur le bord des enfers. Mon divin guide devina la curiosité dont j'étais saisie toucha de son rameau le malheureux occupé peut-être à mesurer le siècle de peine qui se trouvait entre ce mo- ' ment et ce lendemain toujours fugitif. L'ombre tressaillit^ et nous jeta un regard plein de toutes les larmes qu'elle avait déjà versées. — Vous voulez connaître mon infortune ? dit-elle d'une voix triste. Oh ! j'aime à la raconter. Je suis ici, Térésa est là-haut! voilà tout. Sur terre, nous étions heureux, nous étions toujours unis. Quand je vis pour la première fois ma obère Térésa Donati , elle avait dix ans. Nous

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nous aimâmes alors , sans savoir ce qu'était rameur. Notre Tie fut une même Tie. Je pâlissais de sa pâleur^ j'étais heureux de sa joie. Ensemble j nous nous Hyrâmes au charme de penser^ de sentir, et l'un par l'autre nous apprîmes l'amour. Nous fûmes mariés dans Crémone , jamais nous ne connûmes nos lèyres que parées des perles du sourire, nos yeux rayonnèrent toujours \ nos chevelures ne se séparèrent pas plus que nos vœux ; toujours nos deux tètes se confondaient quand nous lisions , toujours nos pas s'unissaient quand nous marchions. La vie fut un long baiser. Notre maison fut une couche. Un jour Térésa pâlit et me dit pour la première fois : Je souffre ! — Et je ne souffrais pas! Elle ne se releva plus. Je vis y sans mourir, ses beaux traits s'altérer, ses cheveux d'or s'endolorir. Elle souriait pour me cacher ses douleurs ; mais je les lisais dans l'azur de ses yeux dont je savais interpréter les moindres tremblemeus. Elle médisait : — Honorine, je t'aime! au moment où ses lèvres blanchirent. Enfin , elle serrait encore ma main dans les siennes quand la mort les glaça. Aussitôt je me tuai pour qu'elle ne couchât pas seule dans le lit du sépulcre , sous son drap de marbre. Elle est là-haut ^ Térésa , moi ^ je suis ici. Je voulais ne pas la

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quitter^ Dieu nous a sépares. Pourquoi d<Mic nous avoir unis sur la terre? Il est jaloux. Le paradis a été sans doute bien plus beau du jour où Térésa y est montée. La Toyes-vous? elle est triste dans son bonheur^ elle est sans moi ! Le paradis doit être bien désert pour elle. — Maitre, dis -je en pleurant ^ car je pensais à mes amours, au moment où celui-ci souhaitera le paradis pour Dieu seulement, ne sera-t-il pas délivré ? Le père de la poésie inclina doucement la tèie en signe d'assentimoit. Nous nous éloignâmes en fendant les airs, sans faire plus de bruit que les oiseaux qui passent quelquefois sur nos tètes quand nous sommes étendus à l'ombre d'un arbre. Nous eussions vainement tenté d'empocher l'infortuné de blasphémer ainsi. Un des malheurs des anges de ténèbres est de ne jamais voir la lumière , même quand ils en sont environnés.Gelui-ci n'aurait pas compris nos paroles. En ce moment, le pas rapide de plusieurs chevaux retentit au milieu du silence, le chien aboya, la voix grondeuse du sergent lui répondit ; des cavaliers descendirent , frappèrent a la porte, et le bruit s'éleva tout à coup avec la violence d'une détonation inattendue. Les deux proscrits , les deux poètes tombèrent sur la terre de toute la hauteur qui nous sépare des

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cieux. Le douloureux brisement de cette chute courut comme un autre sang dans leurs Ycines^ mais en sifflant > en y roulant des pointes acérées et cuisantes. Pour eux , la douleur fut en quelque sorte une émotion électrique. La lourde et sonore démarche d'un homme d'armes dont l'épéCy dont la cuirasse et les éperons produisaient un cliquetis ferrugineux retentit dans Pesoalier; puis un soldat se montra bientôt devant l'étranger surpris.

^- Nous pouvons rentrer à Florence^ dit cet homme^ dont la grosse voix parut douce en prononçant des mots italiens.

— Que diç-tu ? demanda le grand vieillard.

— Les blancs triomphent !

— Ne te trompes-tu pas? reprit le poète,

— Non^ Dante! répondit le soldat dont la yoix guerrière exprima les frissonnemens des batailles et les joies de la victoire.

— A Florence! à Florence! 0 ma Florence! oria vivement Dahtb Aiighieei, qui se dressa sur aespieds^ regarda dans les airs^ crut voir l'Italie ^ et devint gigantesque.

— Et moi ! quand serai-je dans le ciel? dit Godefroy qui restait un genou en terre , devant le poète immortel , comme un ange en face du sanctuaire.

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— Viens a Florence ! lai dit Dante d'un son de voix compatissant. Va! quand ta yerras les amoureux paysages de Fiesolè , tu te croiras an paradis.

Le soldat se mit à sourire. Pour la première, pour la seule fois peut-être, la sombre et terrible figure de Dante respira une joie. Ses yeux , son front exprimaient les peintures de bonheur dont son Paradis est si prodigue. Il lui semblait peatêtre en tendre la voix deBéatrix. En ce moment, lepas légerd'unefemmeetle frémissement d'une robe retentirent dans le silence. L'aurore jetait alors ses premières clartés. La. belle comtesse Hahaut entra, courut à Godefroy :

—Viens, mon enfant , mon fils! il m'est maintenant permis de t'aTOuer ! £t , le paradis , ce sera pour toi le cœur de ta mère.

— Je reconnais la voix du ciel , cria Tenfant ravi.

Ce cri réveilla Dante qui regarda le jeune homme enlacé dans les bras de la comtesse , il les salua par un regard et laissa son compagnon d'étude sur le sein maternel.

— Partons, s'écria-t-il d'une voix tonnante. Mort aux Guelfes!

Paris , octobre i83i .

Fin DU PREMIER VOLUME.

LE

Imprimerie de Ode et Wodon...

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r. nuHi, UBKuKB-tinins.

SÉRAPHÎTÛS.

A voir sur une carte les côtes de la Norwége, quelle imagination ne serait émerveillée deleurs fantasques découpures , et de cette longue dentelle de granit où rougissent incessamment les flots de la mer du Nord? Qui n'a réré les majestueux spectacles offerts par ces rivages sans grèves, par cette multitude de criques, d'anses, de petites baies dont aucune ne se ressemble, et qui toutes sont des abymes sans cbemins? Ne dirait-on pas que la nature s'est plu à dessiner par d'inefiaçables hiéroglyphes le

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