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font 86 décompose ici-bas^ et dont l'attraciion, la Tibratîon , la cohéMon et la polarité ne sont que des phénomènes. La vie est la pensée des corps; ils ne sont , eax, qu'un moyen de la fixer^ de la contenir dans sa route -, si les corps étaient des êtres vivans par eux-mêmes^ ils seraient eauêe et ne mourraient pas. Quand un homrae constate les résultats du mourement général que se partagent tontes les créations suivant leur faculté d'absorption , vous le proclames le saTant par excellence^ comme si le génie consistait à dire ce qui est ; le génie doit jeter son œil au-delà des effets ! Tous yos sa vans rirai^it, si TOUS leur disiez : « Il est des rapports si certains entre deux êtres dont l'un serait ici^ l'autre à Java y qu'ils pourraient au même instant éprou* Ter la même sensation , en aToir la conscience, s'interroger se répondre sans erreur! » Néanmoins il est des substances minérales qui t^oignent de sympathies aussi lointaines. Vous croyez à la puissance de l'électricité fixée dans l'aimant , et tous niez le pouvoir de celle que dégage l'ame. Selon tous , la lune , dont tous adoptez l'influence sur les marées, n'en a aucune sur les Tents , ni sur la T^étation , ni sur les hommes; elle remue la mer et ronge le Terre, mais elle doit respecter les malades ; elle a des
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rapports certains avec une moitié de l'huma* nilé^ mais elle ne peut rien sûr l'autre. Ce sont là vos pliis riches certitudes.
Ainsi la plupart de yos axiomed scienti£«pie8^ vrais par rapport à l'homme , sont faux par rap* port à l'ensemble. La sciraice est uné^ et tous TaTCz partagée. Pour savoir le sens vrai des lois phénoménales , ne faudrait^il pas connaître les corrélations qui existent entre les phénomènes et la loi d'ensemble? En toute chose , il est une ai^rence qui frappe Yos.sens^ sous cette apparence, il se meut une ame> il y a le corps et la faculté. On enseignez-Tôus l'étude des rapports qui Hent les choses entre elles? Vousn'avei donc rien d'absolUé Vos thèmes les plus certains reposent sur Fanal jhe des formes matérielles^ dont TOUS négli^ l'eâpril.
Il est une science élerée que certains hommes entrevoient trop tard , sans oser l'avouer. Us ont compris la nécessité de considérer les corps non seulement dans leurs propriétés mathématiques, mais encore dans leur ensemble , dans leurs affinités occultes. Le plus grand d'entre Tons a deviné, sur la fin de ses jours, que tout était cause et effet, réciproquement ; que les mondes visibles étaient coordonnés entre eux et soumis i des mondes invisibles ; il a gémi d'avoir essayé
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d'établir des précqfles absolus! En comptant les grains de raisin semés dansTéther^ il en arait expliqué la cohérence par les lois de l'attraction planétaire et molécnlaire; tous arez saloécet homme! Eh^bien ! je tous le dis ^ il est mort an désespoir. Croyez*Toos que la liaison desastres entreeux et l'action centripète de leur moaTcment interne l'aient empêché de chercher le cep d'où pendait cette grappe? Le malheureux! plus il agrandissait l'espace, plus lourd deyenait son fardeau. Il tous a 4it comment il y avait équilibre entre les parties; mais où Ta le tout? il contemplait l'étendue, infinie anx yeux de Thomme^ et remplie par ces groupes de mondes dont le télescope n'embrasse qu*nne minime portion , mais dont la rapiiUté de la lumière trahit l'immensité. Cette contemplation sublime lui a donné une perception nette des mondes •qui, plantés dans cet espace comme des fleurs dans une prairie , naissent comme des enfans, croissent comme des hommes, meurent comme des yieillards, yiyent en s'asâmilant dans leur atmosphère les substances propres à les alimenter y qui ont un cenlce et un principe de rie, qui se garantissent les uns des autres par une aire; Afàk, semblaUea aux plantes y absorbent et sont absorbés, qui com-
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posent un ensemble doué de vie , ayaiït sa de»* tinée. A cet aspect , cet homme a tremblé I n sayait que la yie est produite par l'union de la chose avec son principe , que la mort ou Finertie, qu'enfin la pesanteur est produite par une rupture entre un objet et le mouvement qui lui est propre ; alors il a pressenti le craquemaat de ces mondes, abymés si Dieu leur retirait sa Parole. Il s'est mis à chercher dans l'Apocalypse les traces de cette Parole ^ Vous TaTeai cru fou, tandis qu'il cherchait à se faire pardonner son génie.
Wilfrid y TOUS êtes venu pour me prier de ré* soudre des équations , de m'eiilever sur un nuage de pluie,, de me plonger dans le Fiord, et de reparaître en cygne. Si de telles choses étaient la fin de l'humanité ^ Moïse vous aurait légué le calcul des fluxions ; Jé8us*>Christ tous aurait éclairé les obscurités de vos sciences ; ses ap6tres vous auraient dit d'où sortent ces immenses traînées de gaz ou de métaux en fusion y attachées à des noyaux qui tournent pour se solidifier en cherchant une place dans l'éther , et qui entrent quelquefois yiolemment dans un système quand elles se combinent avec un astre, le heurtent et le détruisent ou par leur choc ou par l'infiltration de leurs gaz mortels ; au lieu
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devons ftiife ^iTie en Dieu ^ saint Puni tous eàt expliqué comment la nourriture est le lien sectet de tontes les créations et le lien évident de rinimalité. Anjourd'hui le plus ^prand miracle serait de trouver le carré égal au cercle , problème que vous jugefi impossible et qui sans donie est résolu dans la marche des mondeè par quelque ligne mathématique dont les enroulemens apparaissent a Tceil des esprits parvenus anx sphères supérieures. Groyes-moi ^ les miracles sont en nous et non au dehors. Ainsi se sont accomplis les faits naturek que les peuples ont crus surnaturels. Dieu n'aurait<il pas été injuste en témoignant sa puissance à des gêné* rations, et refusant ses témoignages à d'antres ? La verge d'airain appartient à tous. Ni Moïse , ni Jacob, ni Zoroastre, ni Paul, niPythagore, ni Swedenborg , ni les plus obscurs Iftessagers, ni les plus éclatans Prophètes de Dieu n'ont été supérieurs à ce que vous pouvez être. Seulement il est pour les nations des heuies 6ù elles ont la foi. Si la science matérielle devait être le but des e£Forts humains ; avoues-le , les sociétés , ces grands foyers où les hommes se sont rassemblés, seraient-ils toujours providentiellement di^[>erses ? Si la civilisation était le but de l'Espèce , l'intelligence périrait-elle , resterait-elle pure-
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ment individuelle? La grandeur de tontes les nations qui furent grandes était basée sur des exceptions j Fexception cessée^ mortefalla puis*» «aace. Les yoyans^ les prophètes ^ les messagers n'auraient-ils pas mis la main à la Seienee au lieu de Tappuyer sur la Croyance , n'auraient-ils pas frappé sur tos cerreaux au lieu de toucher ▼os ceeurs? Tous sont venus pour pousser les na<* ti<His à Dieu ; tous ont proclamé la voie sainte en vous disant les simples paroles qui conduisent au royaume des cieux. Tous embrasés d'amour et de foi, tous inspirés de cette parole qui plane sur les populations , les enserre^ les anime , et les fait lever^ ne l'employaient a aucun intérêt humain. Vos grands génies , des poètes , des rois , des-sarans sont engloutis avec leurs villes ; le désert les a revêtus de ses manteaux de sable , tmdis que les noms de ces bons pasteurs , bénis encore , surnagent aux désastres.
Nous ne pouvons nous entendre sur aucun point 'y nous sommes séparés par des abymes^ vousétes du côté des ténèbres , et moi je vis dans la vraie lumiàre. Est-ce cette parole que vous aveft voulue , je la dis avec joie, elle peut voas changer. Saches*le donc , il y a les sciences de la mati^e , et les sciences de l'esprit. Là où vous voyea des corps , moi je vois des forces qui ten-
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dent les unes ren les autres par un mouvement générateur. Potir moi , le earactère des corps est l'indice de leurs principes et le signe de leurs propriétés. Ces principes engendrent des affinités qui vous échappent et qui sont liées à des centres. Les différentes espèces où la vie est distribuée sont des sources incessantes qui correspondent entre elles. X, chacune sa production spéciale. L'homme est effet et cause ; il est alimenté , mais il alimente à son tour. En nommant Dieu le créateur , vous le rapetisse! : il n'a créé , comme tous le pensex , ni les plantes^ ni les animaux^ ni les astres. Poùvait-il procéder par plusieurs moyens? N'a-t-il pas agi par l'unité de composition? Aussi, a-t-il donné dea principes qui dcTaient se développer selon sa loi générale , au gré des milieux où ils se trouTeraient. Donc ^ une seule substance et le mouvement ; une seule plante , un seul animal , mais des rapports continus. £n effet , tontes, les affinités sont liées par des similitudes contigués , et la vie des mondes est attirée vers des centres par une aspiration, affamée , comme vous êtes poussés tous par la faim à vous, nourrir. Pour vous donner un exemple des affinités liées à des similitudes , loi secondaire sur laquelle reposent les créations de votre poisëe ,
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la musique^ art céleste^ est la mise en œuvre de ce principe. N*est-elle pas un ensemble de sons harmonies par le Nombre? Le son n'est-il pas une modification de l'air , comprimé y dilaté y répercuté ? Vous connaissez la composition de l'air : aiote^ oxygène et carbone. Comme vous n'obtenez pas de son dans le vide, il est clair que la musique et la voix humaine sont le résultat de substances chimiques organisées y qui se mettent à l'unisson des mêmes substances préparées en tous par votre pensée, coordonnées au moyen de la lumière y la grande nourrice de votre globe : avez- vous pu contempler les amas de nitre déposés par les neiges y anez-vous pu voir les décharges de la foudre , et les plantes aspirant dans l'air les métaux qu'elles contiennent y sans conclure que le soleil met en fusion et distribue la subtile essence dont tout ici-bas se nourrit ? Gomme l'a dit Swedenborg y la terre e$t un homme.
Vos sciences actuelles, ce qui vous fait grands à vos propres yeux, sont des misères auprès des lueurs dont sont inondés les Yoyans. Cessez , cessez de m'interroger , nos langages sont différons. le me suis un moment servi du vôtre pour vous jeter un éclair de foi dans l'ame, pour vous donner un pan de mon manteau,
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et TOB8 entraîner dans les belles régions de la prière. EsV-ce à Dieu de s'abaisser à ^rons? n'est-ce pas tous qui deves vous élever a lui ? Si la raison humaine a sitôt épuisé l'échelle de ses forces en y étendant Dieu pour se le démontrer sans y parvenir , n'est-il pas évident qa'il faut chercher une autre voie pour le connaître? Cette voie est en nous-mêmes. Là, des yeux plus perçans que ne le sont les yeux appliqués aux choses de la terre aperçoivent une Aurore. Entendez la vérité : vos science les plus exactes y vos méditations les plus hardies ^ vos plus belles Clartés sont des Nuées; au-dessus, est le Sanctuaire d'où jaillit la vraie lumière.
Elle s'assit et garda le silence sans que son calme visage accusât la plus légère de ces tréjndations dont sont saisis les orateurs après leurs improvisatioiis les moins courroucées.
WilFrid dit à M. Becker, en se penchant vers son oreille : — Qui lui a dit cela ?
— Je ne sais pas ^ répondit-il.
— Il était plus doux sur le Falberg , se disait Hinna.
Séraphita se passa la main sur les yeux et dit en souriant : •— Vous êtes bien pensifs, ce soir ^ messieurs. Vous nous traitez, Minna et moi, comme des hommes à qui l'on parie politique
oa commerce, taudis que nous sommes de pau- Très jeunes filles auzqtïelles tous devries faire des oontfes eu prenant du tbé', comme cela se pratique dans nos ireillées de Norwége. Voyous , M. Becker, racoutez-moi quelques-uuésdes Saga que je ne sais pas. Celle de Fritliiof , cette chronique à laquelle tous croyez et que tous m^a- Tez promise. Bites-nous cette histoire où le fils d'un paysan possède un navire qui parle et qui a une ame. Je rêve de la frégate ËlHda ! N'est-ce pas sur cette fée à voiles que devraient nari-* guer le» jeunes filles ?
— Puisque nous revenons à Jarvis , dit Wilfrid dont les yeut s'attachaient à Séraphita comme ceux d'un voleur caché dans romhre s'attachent à l'endroit où glt le trésor , ditesmoi pourquoi vousne vous tnariez pas ?
— Vous naissez tous veufs ou veuves ; répondit-elle; mais mon mariage était préparé dès ma naissance, etje suis fiancée...
-— A qui ? dirent-ils tous à la fois.
— - Laissez-moi mon secret , dit cet être bizarre. Je vous promets, si notre père lèvent, de vous convier à ces noces mystérieuses.
— Sera-ce bientôt?
— J'attends.
Un long silence suivit cette parole.
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— Le printemps est Tenu, dit Séraphita , le fracas des eaux et des glaees rompues commence, no renez-TOOs pas salaer le premier printemps d'un nouveau siècle ?
EUe se leva suivie de Wilfrid y et ils allèrent ensemble à une fenêtre que David avait ouverte. Après le long silence de Flnver , les grandes eaux se remuaient sous les glaces et retentissaient dans le Fiord comme une musique 7 car il est des sons que l'espace épure et qui arrivent à l'oreille comme des ondes pleines à la fois de lumière et de fraîcheur.
— Cessez y Wilfrid, cessez d'enfanter de mauvaises pensées dont le triomphe vous serait pénible à porter. Qui ne lirait vos désirs dans les étincelles de vos regards ? Soyez bon , faites un pas dans le bien : n'est-ce pas aller au-delà de V aimer des hommes que de se sacrifier complètement au bonheur de celle qu'on aime? Obéissez-moi , je vous mènerai dans une voie où vous obtiendrez toutes les grandeurs que vous rêvez, et où l'amour sera vraiment infilni.
Elle laissa Wilfrid pensif.
— Cette douce créature est-elle bien la prophétesse qui vient de jeter des éclairs par les yeux , dont la parole a tonné sur les mondes , dont la main a manié contre nos sciences la
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hache da doute? Ayons-nous veillé pendant quelques roomens? se dit-il.
— Minna , dît Séraphitûs ^ en revenant auprès de la fille du pasteur^ les aigles volent où sont les cadavres ; les colombes volent où sont les sources vives ^ sous les ombrages verts et paisibles. L'aigle monte aux cieux^ la colombe en descend. Gesse de t'aventurer dans une région où tu ne trouverais ni sources^ ni ombrages. Si^ naguère tu n'as pu contempler l'abyme sans être brisée^ garde tes forces pour qui t'aimera. Ya^ pauvre fille ^ tu le sais^ j'ai ma fiancée.
Minna se leva et vint avec Séraphitûs à la fenêtre où était Wilfrid. Tous trois entendirent la Sieg bondissant sous l'effort des eaux supérieures^ qui détachaient déjà des arbres pris dans les glaces. Le Fiord avait retrouvé sa voix. Les illusions dissipées ^ tous admirèrent la nature qui se dégageait de ses entraves^ et semblait répondre par un sublime accord à l'Esprit dont la voix venait de la réveiller.
Lorsque les trois hôtes de cet être mystérieux le quittèrent , ils étaient remplis de ce sentiment vague qui n'est ni le sommeil , ni la torpeur ^ ni l'étonnement, mais qui tient de tout cela; qui n'est ni le crépuscule ni l'aurore ^ mais qui donne soif de la lumière. Tous pensaient.
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— Je commence à croire qu'elle est on esprit caché S01U mie forme humaine^ dit H.Becker.
Wilf rid , rerenu chei loi calme et cooTaincii , ne savait comment lutter avec des forces anssi divinement majestaenses.
Hinna se disait: — Pourqaoi ne Tcat-il pas que je l'aime?