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notre résistanoe héroiqae, conseillaient de nous laisser tranquilles en nous accablant d'une insolente pitié 'y lorsque y soudain , le père Hau* goolt , attiré par le bruit de la bataille , inter* -vint brasqueraent , et s'enquit de la dispute. Hos adversaires nous ayant distraits de nos pensum , le régent venait défendre ses esclaves. Pùnr s'excuser ^ les assaillans révélèrent l'existence des manuscrits. Alors , le terrible Haugonlt nous ordonna de lui remettre la cassette et de l'ouvrir ; si nous résistions , il pouvait la faire briser ; Lambert lui en livra la clef ; le régent prit les papiers , les feuilleta ; puis il nous dit en les confisquant : «c — Voilà donc les bêtises pour lesquelles vous négligez vos devoirs ! » De grosses larmes tombèrent des yeux de Lambert, arrachées autant par la conscience de sa supériorité morale offensée , que par l'in* suite gratuite et la trahison dont nous étions vietimes* Nous lançâmes â nos accusateurs un regard de reproche. Ne nous avaient-ils pas vendus à l'ennemi commun ? Aussi^ eurent-ils pendant un moment quelque honte de leur lâcheté. 8*it8 pouvaient, suivant le Droit écolier, nous bat» tre, ne devaient-ils pas garderie silence sur nos fautes? Le père Haugoult vendit probablement à on épicier de Vendôme le Traité de la Volonté,
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sans connaître l'importance des trésors scientifiques dont il dissipait les germes avortés. iSix mois après cet événement, je quittai le collège. J'ignore donc si Lambert, qne notre séparation plongea dans une noire mélancolie , a recom*mencé son ouvrage. Ce fut en mémoire de la catastrophe arrivée an livre de Louis que , dans l'ouvrage par lequel commencent ces Études , je me suis servi , pour une œuvre fictive , du titre réellement inventé par Lambert , et que j'ai donné le nom d'une femme qui lui fut chère , à une jeune fille pleine de dévouement. Mais cet emprunt n'est pas le seul que je lui ai fait. Son caractère , ses occupations , m'ont été trè& utiles dans cet te composition dont le sujet est du à quelque souvenir de nos jeunes méditations. Maintenant cette Histoire est destinée à élever un modeste cippe où soit attestée la vie de celui qui m'a légué tout son bien , sa. pensée. Dans cet ouvrage d'enfant, Lambert d^osa des idées d'homme. Dix ans plus tard , en rencontrant quelques savans sérieusement occupés des phénomènes qui nous avaient frap--pés, et que Lambert analysa si miraculeusement, je compris l'importance de ses travaux, oubliés déjà comme un enfantillage. Je passai donc plusieurs mois a me rappeler les princi-
pales découTertes de mon pauvre camarade. Après ayoir rassemblé mes souvenirs, je puis affirmer que, dès 1812, il avait établi^ deviné^ discuté^ dans son traité, plusieurs faits importans^ dont, me disait-il, les preuves arriveraient tôt ou tard. Ses spéculations philosophiques devraient certes le faire admettre au nomlH*e de ces grands penseurs apparus, à divers intervalles^ parmi les hommes pour leur révéler les principes tout nus de quelque science à venir dont les racines poussent avec lenteur et portent un jour de beaux fruits dans l'entendement humain. Ainsi, un pauvre artisan, occupé à fouiller les terres pour trouver le secret des émaux, a£B.rmait au seizième siècle , avec l'infaillible autorité du génie ^ les faits géologiques dont la démonstration est aujourd'hui la gloire de Buffon et de Cuvier. Je crois pouvoir offirir une idée du traité de Lambert par les propositions capitales qui en formaient la base, mais je le dépouillerai, malgré moi, des idées dans lesquelles il les avait enveloppées, et qui en étaient le cortège indispensable. Marchant dans un sentier autre que le sien, je prenais, de ses recherches celles qui servaient le mieux mon système. J'ignore donc si, moi, son disciple, je pourrai fidèlement traduire ses pensées, après
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nie les être assimilées de manière a leur donner )a couleur des miennes.
Ades idées nouvelles^des mots nouveaux ou des acceptions de mots anciens , élargies y étendues , mieux définies. Lambert avait donc choisi , pour exprimer les bases de son système ^ quelques mots vulgaires , qui ^ déjà , répondaient vaguement à sa pensée.
Le mot de volohté servait à nommer le milieu fluide où se sécrète la pensée ; ou ^ dans une expression moins abstraite , la masse de force par laquelle l'homme peut reproduire , en dehors de lui-même 9 les actions dont se compose sa vie extérieure.
La vouTioN y mot dû aux réflexions de Locke , exprimait l'acte par lequel l'homme use de la