ACTE I, BCt^U iV. y
qncnt. Mon provincial nous vient en aido raerveilleuaemenî. Je lui ferai gagner ce soir, en un seul coup, six mille francs, sur lesquels il m*cn donnera mi'Jede gra- , tification.
LANDREUll.
Mais pourquoi, cîiermajor, ne pas recorarnencer vingt •Mi trente fois pour notre propre compte ce mémo couplà sans recourir à notre martingale?
LE MÂJOR.
Parce que ce coup ne peut se faire qu'une fois dans la soirée.
LANDREDIL.
Il est bien extraordinaire...
Il ne peut se faire qu'une seule fois, vous allea le comprendre. Il faut que la rouge ou la noire sorte,
LA^DREUIL,
Sans doute.
LE MAJOR
Je dis à mon provincial, qui a déjà gagné deux fois par ee moyen : Si vous me voyez faire tel signe, vous jouerez la rouge; si je fais tel autre signe, vous jouerez Ja noire.
LÂNDEEUIL*
Très-bien!
LE MÂJOR.
Au moment où le banquier va dire la couleur, j'envoie Tun ou Pautre signe convenu à mon provincial, qui, fidèlement, y obéit.
LAT^DREDIL,
Permettez, permettez. Comment savez-vous que c'est la rouge ou la noire que le banquier va proclamer?
LE MAJOR
Je ne le sais pas plus que vous.
LÂNDREUIL.
Mais alors?. .
LE MAJOR
Je le dis au hasard. Si j'ai deviné juste, mon provincial croit quej'ai un S6cret,et il mo donne ma gratification.
LANDREDIL.
Oui. iMais si vous ne devinez pas juste?
LE MAJOR
Alors, je me perds dans la foule. Mais mon associé de Dijon va venir, laissez-moi avec lui; d'ailleurs, noîH n'emploierons guère notre martingale que vers la fin do la nuit, quand la banque sera gorgée de toulTor qu'elle aura pompé... nous la dégorgerons. En attendant ce beau moment, allez vous distraire par la vue de l'or qui nous appartiendra bientôt.
LA?iDREUIL.
Ah! oui, j'ai besoin de me distraire, de m'étourdir... Il entre dans le salon du fond.
LE MAJOR
Il a une mère, et elle est ricfie! Ah ! c'est mal do manquer de respect à sa mère, surtout quand ellea tant de diamans. II a raison de vouloir connaître où ils sont cachés... car ils sont cachés... je l'approuve, c'est d'un bon fils.