ACTE V, SCÈNE II
MAURICE
Tout est prêt pour bien les recevoir. Notre soirée sera simple.
HENRIETTE, pttssant à droUd, Elle sera charmante... (Elle s'assied sur le canapé.)
MAURICE, debout près d'elle.
Nos amis seront indulgens; un jeune ménage n*a pas encore une très-grande expérience.
HENHIETTÉ.
Mon piano est excellent.
MAURICE
Vous jouerez, mais qui chantera?
HENRIETTE
Moi, mon ami...
MAURICE
Vous I... j'ignorais... vous ne m'avez pas ditquevous saviez chanter.
HENRIETTE
N'allez pas croire que je suis une Malibran ou une Grisi.
MAURICE
Heureusement! vous auriez trop d'admirateurs. C'est embarrassant pour un mari.
HENRIETTE
Jaloux! voyons, voulez-vous que ce soir je chante faux?
MAURICE
Oh! non... devant cent personnes.
HENRIETTE, se levaut et passant à gauche. Vous avez invité cent personnes ?
MAURICE
Nos salons peuvent en contenir le double.
HENRIETTE
Je tremble maintenant do me trouver devant tout ce monde... je me sens gauche d'avance. Vous ne me quitterez pas, mon ami, vous répondrez souvent pour moi... vous me le promeltoz ?... Si vous me voyez embarra-^sée, venez vite à mon secours!
MAURICE
Adorable et bonne!... Pourquoi n*avnz-vous pas quelques défauts?...
LB DOMESTIQUE, aïinonçftnt, M. Poincelet!
SGEN£ III.
LES MÊMES, POINCELET, UN Domestique.
11 porte plusieurs Retires sur un plateau II le pose sur la table et se relire. Pendant le dialogue de Poincelet et de Maurice, Henriette s'assied et lit avec divers degrés d'émotiori les lettres apportées.
POINCELET, effaré.
Je ne vous répéterai pas, mes jeunes amis, tous les souhaits que j'ai formés pour vous, pour voire mariage ; c'est dit. Parlons un instant du mien ; je vais vous renverser.
MAURICE, allant s'assecoir à droite.
Qu'est-ce donc, M. Poincelet?
POINCELET.
C'est à ne pas y croire.
MAURICE
Mais enfin ?
Vous savez que je fais un procès à ma femme ou plutôt que je voudrais lui faire un procès. Eh bien ! c'est elle qui m'en fait un î
MAURICE
A quel titre?
POINCELET.
Vous ne le devineriez jamais. Quand Je faisais lacour à Josépha, (je lui ai fait la cour î) j'avais la sottise de lui écrire des lettres tendres, ardentes, passionnées.
MAURICE
Je ne vois rien jusque-là...
POINCELET.
Attendez!... je m'appelle Paul, pourquoi m'avoir appelé Paul ? — Pour donner un caractère poétique et romanesque à notre correspondance, dans mes lettres