SCENE V
LE MAJOR, POINGELET, le Domestique.
LE DOMESTIQUE, retenant Poincelet au passage. Voire canne?
POINCELET, la lui remettant, La voilà !
LE domestique.
Votre cbapeau?
POmCELET.
Je n'en ai pas*
LB major.
C'est M. Poincelet, mon Bourguignon ; comme il est effaré.
LE DOMESTIQUE
Votre chapeau, vous dis -je! on n'entre pas ici sans laisser son chapeau*
POlfSCELÊT.
Lor5qu*on en a un, mais puisque je n'en ûi point.. .demandez-moi autre chose, mon habit^ raa cravate, mon...
Archives de la Ville de Bruxelles Archief van de Stad Brusse:
ACTB I, 6CÊNfi V. i 1
LE MAJOR, au domestique.
Je réponds de monsieur, laissez entrer.
LE DOMESTIQUE. PoSSCZ aloPS.
POINCELET.
Ah! M. le major, mon désordre vous explique tout... je l'ai vu.
LE MAJOR
Vous l'avez vu?
POINCELET.
Gomme je vous vois»
LE MâJOR.
Mais qui?
L'homme que je poursuis.
LE MAJOR
Vous poursuivez un homme?
POINCELET,
J'en ai poursuivi déjà deux; lui, c'est le troisième.
LE MAJOR
Qui, lui?
POINCELET.
L'amant de Joscpha.
LE MAJOR
Josépha ?
POINCELET.
C'est le nom de ma femme.
LE MAJOR
Une intrigue?
POINCELET.
Criminelle. Oh! mais, cette fois, ce ne sera pas comme à Dijon. Je le tiens, il est ici.
LE MAJOR
Vous n'en êtes donc pas à votre premier malheur en ce genre?
ï>0mCELET*
J'en ai eu trois déjà; jo premici^ à Dijon, ma ville natale..* oui, je le tiens, je saurai...
LB MAJOR
A Dijon, disi02*vou3?
12 LE LIVHE NOIR.
POINCKLEI.
Figurez-vous que le médecin de la ville, un jeune homme fort distingué, du reste, m'enlève Josépha et l'emmène à Mâcon.Mo vrngoance les suit de près. J'arrive à Mâcon, c'était un dimanche, je trouve Josépha à la promenade au bras de son amant.
lu ajÂJOR.
Le médecin ?
POINCELRT,
Du tout! ce n'était pirjs le médecin, mais un officier du génie d'une tournure parfaite. J'agis cette fois avec prudence. Je me contiens, je me cache, je les poursuis dans l'ombre afin de les surprendre sans qu'ils puissent nier le fait; ils entrent dans un hôtel, je cours aussitôt chercher mes témoins, je reviens... ils s'étaient déjà envolés. Oh! mais cette fois, ce ne sera pas comme à Dijon ni comme à Mâcon... J'apprends au bout de quelques jours de vaines recherches que Josépha et son amant sont à Paris. J'y cours. Je me présente chez mon député, M. de Champvilliers, ancien juge au tribunal, logé dans la Cité; il m'invite à déjenner, je n'accepte pas, je sors de chez lui et je commence à errer dans Paris. J'errais depuis un grand mois dans la capitale des beaux-arts et de la civilisation sansavoir rencontré mes fugitifs, lorsque hier, en sorlant de l'Opéra, je crois voir s'élancer dans une voiture une jambe et une bottine de ma connaissance. J'approche... la voiture part comme un éclair..* c'était Josépha... elle n'c*lait pas seule.
Elle était avec l'officier du génie.
POINCELET.
Du tout, ce n'était plus l'officier, elle était avec l'élégant jeune homme que je viens de voir passer devant le café où j'achevais de savourer ma demi-tasse... je ne me suis pas même donné le temps de prendre mon chapeau... j'ai bondi, j'.ii coîiru... mais comme je ne m'étais pas donné non plus le temps de payer ma derai-tassc... le garçon, l'impitoyable garçon m'a pour-
ACTB I, SCÈNS V. 15
«uivi, fti*a retenu cinq minutes <lans la rtJ<?» retard fatal qui ne m'a pas ptjrmis do m*atlaclicr «ux pas de mon ennemi... oh! mais,..