M*® DI VALU
Six mois après ma mort, il serait aussi misérable que si je tte lui eusse rion laissé.
MAURICR.
R porterait la peine de son inconduite.
M m * DR VALPIN.
Mon fils aura eu assez de torts envers moi pendant ma vie, pour que je n’aie pas besoin de lui fournir l'occasion d’en avoir un de plus après ma mort.
MAURICR.
Je sois toutes vos bontés et ses nombreuses fautes, mais, je vous ( n prie, songez à sa jeunesse.
M** DR VALPIN.
Un joueur qui me ruine, un libertin qui me déshonore, qui a été sur le point, il y a quelques années, do souiller son nom et son titre en le partageant avec une femme, une créole de la Martinique. Il voulait épouser cette espèce de courtisane, qu il fréquente toujours, j’en ai peur.
mauricr.
Vous m’avez mille fois vanté l'intelligence de votre fils.
M*® DR valpin.
U n’en est que plus coupable d’en user ri mal. Monrieur Maurice, vous ôtes l'avocat de la famille; h ce titre vos avis sont toujours les bien venus: mais aujourd'hui, dans les hauts conseils do ma raison, j’ai décidé quo mon fils n’aurait plus un seul denier do moi. La loi, dites-vous, ne permet pas l’exhérédation?
MAURICE
Non, madame.
m - * dr valpin.
Soit, mais elle ne saurait m’empêcher de vendre mes propriétés et de distribuer à mes neveux le prix de vente. Consuilloi
moi donc sur la meilleure manière de mo déluire du mes immeubles dans le délai lo plus prochain.
mauricr.
Je vous donnerai un autre conseil, madame, c’est de songer h l’interprétation que le monde ne manquera pas de donner h cette action qui aboutira à déshériter votro fils d’uue manière mnin» directe, j’en conviens, mais cent fois plus scaudaleuso encore.
M“® DB VALPIN.
Et que pourra dire le monde ?
mauricr.
Tout co qu’il y a de plus faux, mais il le dira.
M®** UE VALPIN.
Mais encore...
MAURICE
Qu’on no déshérite pas sans un motif des plus graves, au profit de neveux déjà riches, un fils unique, le dernier héritier du nom de Landreuil.
DR VALPIN.
Cependant...
Maurice
Soyez en sûre, madame, pour un fait extraordinaire il inventera une cause étrange, il ira jusqu’à douter peut-être de la légitimité de votre fils.
m“® de valpin.
Monrieur l
MAURICR.
Ma franchise vous devait cet avertissement.
«“• de valpin, allant s'asseoir à droite.
Ah! un pareil soupçon... Quoi ! la calomnie irait aussiloln. . Oh ! je réfléchirai J
MAURICR.
Au nom de cette confiance quo vous avez en moi, accordezmoi une grâce, madame.
M*® de valpin.
Parlez !
MAURICE
Je dois venir tantôt passer la soirée chez vous, avec I:. famille Champvilliers; différez, jt* vous en prie, jusqu’à ce soir, voire détermination que vous me ferez irrévocablement connaître.
M*» DK VALPIN.
On doit bien cette concession à un aussi galant homme que tou*... {A part.) Une tache pareille à mon nom!... {/faut.) Vous accompagnerez donc ce soir, chez moi, Totre future épouse, la charmante mademoiselle Cio tilde? Je vois avec plaisir que le jour du grand événement approche.
■Armes.
Vous tûtes trop bonne, madame.
«“• DB VALPIN.
Vous voilà déjà pour ainsi dire da la maison, car vous avez transporté votre cabinet, m’a-t'on dit, chez monsieur de Champvilliers.
MAURICE
11 l’a exigé. Son hôtel est vaste, il est situé près du Palais de Justice.
db valpin, à part.
Si mon fils eût voulu m’écouler... {Haut.) Vous entrez dans une excellente farailb* ; j’estime beaucoup les Charapvillim,
Î uoiqu’ils aient des prétentions bien hautes parfois... I,a noblesse e rube, après tout... Ahl j’oublie que vous êtes avocat. MAURICE.
Mais je ne suis pas noble, madame, ne l’oubliez pas.
■*• DE VALPIN.
Il no faut pas trop en vouloir non plus à ceux qui ont le malheur de l’être; c’est le tort de leurs aïeux.
Maurice.
Je n’en veux a personne, madame ; j'admire sincèrement le bien partout où je le découvro. et jo l’ai trouvé trop souvent chez vous pour vous exclure du bénéfice ; je no déahônto personne.
MADAME DR VALPIN.
A ce soir. {Elle se 1ère.)
MAURICE
A bientôt, madame, [Henriette raumf et u trouve près de Maurice qui prend son chapeau qu'il a déposé en entrant sur le canapé, mène jeu qu'à son entrée.)
■ad a mr db valpin, s'apercevant de ï attention que porte Maurice sur Henriette, qui entre au moment où il sort ; à part.) Décidément, ie crois que ma demoiselle de compagnie ne déplaît pas à M. Maurice.
SCEKTE XV.
HENRIETTE, MADAME DE VALP1N, puis lb Domestique.
HENRIETTE
Madamo fera-t-elle aujourd’hui sa promenade habituelle au bois de Boulogne? La voiture est prête.
MADAME DE VALPIN.
Non, le temps est trop lourd, il menace; nous remettrons notre promenade à domain... {Henriette passe derrière madame de Palpin, et va pour sortir par la droite.) Mai? je no vous tiens pas quilto de la suite de votre récit. .. il m'intéresse, et j'ai tant besoin d'échapper à mes préoccupations personnelles... Voua mo disiez tantôt que votre mari vous faisait uno pension?
hemuetts, revenant sur le devant.
Oui, madame. {A paru) Du courage, (//ouf.) Mais bientôt celte pension nous fut supprimée, et alors...
MADAME DK VALPIN.
Pardon ! pourquoi vous fut-etle retirée? Est-ce que la fortune de votre mari, atteinte dans son cours?..
■MMHTB.
Mon mari mourut. {A part.) Ah ! que le mensonge est brûlant h mon cœur...
MADAME DS VALPIN.
Je lo vois, je n'ai pas assez épargné votre sensibilité, je ne savais pas quo vous étiez veuve; passez, passez sur tous ces événements douloureux... un seul mot qui m'éclaire et termine; qui vous a indiqué mon hôtel ?
HENRIETTE
Dieu 1 Un soir, il y a quinze jours de cela, nous priions toutes de:,*, moi et ma petite Emma, dans uno église de voire quartier... nous n’nvions plus d’asile que celui de la prière! Ou vint nous dire, car il était bien tard, qu’il fallait sortir de l'eglise. Où aller? Maman, me dit Emma, viens, allons demander à souper à celte dame dont le nom est écrit au dos do celto chaise. Elle doit être bonne puisqu’elle prio souvent. O nom était le vôiro, madame. Je m'informe aussitôt, on lu in liquo vôtre hôtel, j’y cours, je frappe, on ouvre, minuit sonnait, jo ne sais ce que j'ai dit à vos gens, mais, cinq minutes après, mon enfant était dans vu? bras, et j’étais a vos pieds, comme en ce moment. (Zomfwnf à ~moœ.)
MADAME DR VALPIN.
VotPM sincérité m'a profondément touchée.
HUNîllETTR, artc explosion.
Oh ! madame 1 madame ! je nu vous ai pas tout dit.
I LE POMRS TIQUE.
Madame la comtes«e veut-elle recevoir le major d’Anglemiro?
Henriette, spontanément.
Le major d’Anglemirc !
MADAME DE VALPIN.
Le connaîtriez- vous?
HENRIETTE
I Non, madame; ce nom qui ressemble à celui d’une personne*. • j’ai cru... mais, non, jo ne le connais pas.
MADAME DE VALPIN.
Quant à moi, il m’est parfaitement inconnu; que me veut-il?
LE DOMESTIQUE
Parler en secret à madame.
MADAME DB VALPIN.
Qu’il entre 1 ( Henriette , dont le visage exprime l'inquiétude, se retire par la droite. Le domestique introduit le major et »e relire.)