‹ Le livre noir drame en cinq actes et six tableaux (volume 2)Chapitre 43 sur 91 · MAL'RICK · texte numérisé non relu

MAL'RICK

Tout, madame: la première ratifie importante au barreao est comme le premier pas dan? le mon te, il décide d'une existence, et cette cause, je l'ai gagnée.

RBimiRTTR.

Acquittée! répétez-moi ce tnoi I

■ad aref.

< ui, madame, acquitter ; mais j*,ù vu avec peine que la justice des hommes ne vous était pas aussi fermement assurée que colle de votre défenseur.

■■RRirrre.

Fl comment?

Mitmrcs.

Voire acquittement n’a été* prononcé qu’à la majorité d’ut*

voix, l’une s«*ule voix.

HWR1VTTR.

F .es antres m’ont condamné'', et pourquoi?

NAiaiCE.

Votre innoronco ne parlait pas aussi hautement au reste du jury. Il lui a paru extraordinaire que vous n'ayez pas pu désigner l aut'Mir du vol, alors quo vous avp* prétendu, dans votre première déposition, qu'il * était évadé par le jardin... vous l'auriez donc suivi des yeux ? F.t la clef de ce meuble qu'il avait et que vous n’avicz plus?...

mwntRTT*

La clef do ce meuble... il a pu so la procurât.,.

MAURICE

Sans doute... le vol était prêt» 'dite... Mais laissons cefitri«tes delai!?. Vous avoz voulu savoir pourquoi quelques voix du jury vous ont condamnée...

HC5RIKTTB.

Encore, si elles étaient les seules ! Mais le monde I..*

■AUIUCK. t

Ah ! le monde, madame, est toujours do l’avis de I avocat gé" néral : il acquitte rarement ot, par malheur, il forme co qu on

appelle l'opinion. L'opinion est impitoyable.

HENRIETTE

Impitoyable! mais vous, monsieur, vous dont l'éloquence e*t Sfnic par nneârno ?t noble, vous joignez-vous aux juges qui m’ont proclamée innocente, ou h cette opinion impitoyable T MAURICE.

Votre avocat, devenu votre juge, madame, voua absout une seconde fois.

Henriette.

Que je suis heureuse !

C’est moi, madame, qui, grâce à vous, n’ai rien h envier k personne. Ennemi d’une profession où malgré mille exemples contraires je ne voulais voir que gains sordides et triomphes équivoques; lassé de no pas rencontrer une de ces causes qu'on ombrage avec la chaleur du dévouement, que l’on gagne ou que l’on perd avec la satisfaction d’un grand devoir accompli, j’allais la quitter, vous me l’avez fait aimer... Glorieuse ou obscure, ma carrière sera désormais votre ouvrage.

HENRIETTE

Elle sera glorieuse! suivez, suivez une profession qui no tardera pas à devenir une puissance au milieu de nos tiimurs. Le bai t enu est lo marchepied do la tribune; tous nos grands orateurs politiques ont débuté commet vous: — vous finirez comme eux.

MAURICE

Où donc, si jenne encore, avez-vous puisé cotte haute raison et ce langage si persuasif?

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