SCENE K
HENRtF.TTF., MAURICE, POINCELET.
roiNCELET, terrant Maurice dans set bras sans voir ffmrftlfte.
Ah I monsiour ! quelle satisfaction! quelle reconnaissance je vous dois! ë
MAURICE
J ignore, monsieur, quel service si grand j’ai pu vous rendre...
ROINCELET.
Quel service? monsieur 1 J’ai fréquenté le barreau de Limoges, le barreau do Rennes; j’ai cultive lo barreau de Toulouse ; je possède tous les barreaux de France; eh bien! dans aucun do res barreaux, je l'affirme sur l’honneur, je n’ai entendu plaider comme vous,
MAURICE
Je ne sais comment répondre...
ROINCELET.
Ne répondez nas, cl daigne* m’écouter. Quand on plaide le vol comme vous le traitez, on est à la hauteur de l'infanlicido et à mille piques au-dessus de l'adultère. Je viens pour un adultère, pour le mien, que je voudrais vous confier.
MAURICE
Monsieur, on oe moment...
POINCELET.
t ous croyez peut-Ôlre par ce mot, adultère, que j'ai eu le malheur de manquer h la régularité dos moeurs conjugales; du tout! j’ai au contraire le bonhour d’avoir uno femme qui y a manqué... Et s'il vous faut dos preuves légales... il est un endroit ou l’on sait tout... rue do Jérusalem...
Maurice, d part.
C’est un fou. (Haut.) Monsieur, cxcusez-mol, mais je vous l’ai dit, en ce moment je ne puis guère...
Je reviendrai: mais dès aujourd’hui vous Ôtes mon conseil, mon avocat; je vous charge do mon procès, de tous mes procès en adultèro ; ot je puis voiA assurer d’avance qu’en fait d'adultere, on n’en aura jamais plaidé d'aussi complot, d'aussi satisfaisant sous tous les rappports. Vous l’achèteriez, s’il était k vendre. Jugez-en : Quand j épousai madame Poincelet...
MAURICE
l’ermettez-moi de vous faire observer, monsieur, que l’exposé de ces soi losd'affaires entraîne toujours l’emploi de certain? mots, do certaines images... et qu'il y a uno femme dans mon cabinet. roiNCELET, « retournant, regardant Henriette.
Uoe femme I {/* salue.} Oh ! pardon I je n’avais pas vu madamo. (IM regardant attentivement.) Mais c'est bien vous,*Jo vous reconnais!
Moi?
POINCELET.
Oui, madame ! oh ! très-bien !
MAURICE
Vous vous trompez.
POINCELET.
Jo no me trompe jamais... on me trompe...
MAURICE
Comment auriez-vous vu madamto, quia vécu loin de tonte société depuis six mois ?
POINCELET.
Il y a juste six mois que j’ai vu madame; et tenez, elle était co soir- 1 j avec lo troisième) amaut de ma femtuo.
Monsieur!
POINCELET
„ 2r-* troisième amant de- Josépha, celui qui a succédé à 1 officier du genio de Maçon et au médecin de Dijon.
Mais enfin, où A Frascati.
Maurice,
prétendez-vous avoir vu madame?
poincelet.
MAURICE
A Fnsea li .... Monsieur, je vous en prie... mon travail... la consultation que je donno on co moment... oui... votre procès, nom I examinerons avec atlonlion... A bientôt, monsieur IW cck t ! n bientôt...
fOfî»c«t«T.
Adieu, monsieur Maurice ; souvenez-vous de mon admiration, et gardez ‘pour mon procès quelques étincelles de celto tlambovüiilo éloquence qui a incendié aujourd'hui lo barreau de l’aris Au revoir, monsieur Maurice... Madame... (Jl salue Henriette, donne une poignée de main à Maurice , et sort.)
SC EN z *1.