SCENE XVI
FERNAND, ANGÈLE, CAMILLE. Camille est tombée en pleurant sur le fauteuil a droite ; Fernand est ou second plan à gauche. Angèle est au milieu.
FERNAND, suppliant.
Madame !
a nc L le, arec une sévérité forcée.
Je ne vous pardonnerai jamais. Monsieur. Veuillez disposer ces papiers... M. Grégorct aura désormais toute ma confiance. Fernand, atw colère.
Eb bien soit. [Il M <i la table cl bouscule Us papiers. — An~ gèle se retourne en riant du cdlê de Camille.)
ANGÈI.R, bas d Camille avec amitié.
Eb bien, ma pauvre petite Camille?
CAMILLE
Que veux-tu, je suis jalouse, ce n’est pas ma faute.
ANBSLt:, souriant.
Ce n’est pas la mienne non plus.
CAMII.LK.
Je te crois... Mais pourquoi tant de sévérité à l’égard do Fcpnanti, s'il est vrai que tu l’aimes.
AXGÈLB, bas.
S’il est vrai? Voilà l’hydre du soupçon qui relève déjà la tête... Je veux l'abattre tout à fait. (Lui donnant une lettre.) Tiens, lis.
CAMILLE, /faunl.
« Ma chère Angèle :
« Tu me demandes des renseignements surM. Fernand qui a habité pendant quelques années notre ville... Connaissant la délicatesse, je crois que tu reer>n cerna bien vite à tes projelsde mariage, quand lu sauras que M. Fernand a été presque fiancé à une jeune personne charmante qui l’aime encore et qui l’attend. »
ANcàt.e, lui reprenant la lettre.
Comprends-tu maintenant?
fbrnarü, à part .
Cesl affreux!., moi qui espérais...
CAMILLE, confuse.
Ah! mon amio! et je te soupçonnais quand j’aur.i le dû te I plaindre... car tu l’aimes...
MIDI A QUATORZE HEURES
Oui.
ancèle, bas.
niflUD, à part avec chagrin.
Elle me hait... c'est évident.
ANGÈLE
Oui je l'aime, mais un autre l’aimait avant moi.
CAMILLE
Elle l a peut-être oublié...
ANCÈLE.
Mon amie me l’eût écrit et je n’ai pas reçu de nouvelle lettre... Mais il ne s’agit pas de cela, il s’agit de loi, de tou mari.
Hein? comme il a été méchant? c’est la première fois.
ANGÈLE
Ah ! dame ! il y a commencement à tout.
CAMILLE
Tu crois que...
ANGÈLE
Je crois qu’il te pardonnera. Mais il faut y prendre garde Camille, « quiconque est soupçonneux invue à le trahir. » *
CAMILLE
Vraiment?
angèle, riant.
C’est M. de Voltaire qui l’a dit; si tu veux garder ton muii crois-moi, ma petite Camille, embellis su captivité, ou sinon..! Camille, avec effroi.
Mais je vais donc le perdre?
ANGÈLE
Non, pas pour cette fois, mais je te le répète ; il faut y prendre garde. (A Fernand.) Eh bien, Monsieur, ces papiers?
FERNAND
Je les range, Madame. {Il bouscule tout.)
ANGÈLE
Je les prendrai tantôt.
FERNAND
Je les porterai chez vous.
AKlÈLB.
Je vous le défends 1
.. , FSNNAND.
Madame...
ANGÈLE
Tout est fini, Monsieur. [A part.) Il le faut bien. IA Camille) A tout à l’heure... Je veux te laisser le temps de fine la paix avec 1 ennemi... quand ton mari viendra, la is$e-Je crier, ne icponds rien, et il se calmera.
CAMILLE
Vraiment...
ANGÈLE
De la douceur, beaucoup de douceur ., do la confiance même a c'est possible...
CAMILLE
Oh! sois tranquille, j’ai eu trop peur.
ANGÈI.B.
Je reviendrai pour le dîner. (Souriant.) et je n'apporterai pas de violettes. *
CAMILLE
Méchante I (Elles s'embrassent, Angèle remonté ; Fernand est sur la route.)
PEHNAND.
Madame, je vous en prie, pardonnez-moi?
ANGELE. •
Jamais, Monsieur, tout est fini! {A part.) Pauvre garçon I
Au revoir.
Doux espoir,
A l’époux que j .lime,
Mon cour id même,
Contera,
Confiera,
Ce qu'il a souffert d-ji.
. rmruNLi, à part.
Plus d'c<poir,
De revoir,
La femme quej’nitne,
O douleur extrême,
Mais déjà,
Je sens là.
Que ma mort me vengera,
(A agile sort par le fond.)
SCEKC XVII.