‹ Le livre noir drame en cinq actes et six tableauxChapitre 14 sur 67 · MADAME DE VAI.PIN, LE MAJOR · texte numérisé non relu

MADAME DE VAI.PIN, LE MAJOR

le major, en eog/ u me militaire de la plus haute fantaisie.

Madame la comlrsso daignera-t- elle m'excuser, «i, sans autre recommandation que des titres fort incertains, je prends lu liberté de me présenter devant elle?

MADAME DE VALPI1TÎ

Je pense, monsieur, que le motif de votre visito vous absoudra pleinement de cette liberté, h défaut d'autres litres que je suis d’ailleurs toute portée à reconnaître.

Jo vous dois cependant, madame, quelques renseignements sommaires sur ma personne Jo suis le major d’Anglemiro. Bien jeune encore, j’ai servi comme lieutenant dans la légion étrangère, en Grèce, sous les ordres du fameux lord Bvron, mon ami, mon compagnon d'armes. Je pris ensuite du service dans la légion étrangère, en Portugal, en qualité de capitaine; do là, jo passai ou Brésil; puis, successivement, dans l’Oregon ou Columbia, la République argentine et la Republique de l'cqualeur; j'ai termine celte première sciie de mes travaux militaires par la campagne du Caucase, toujours à la tôle des légions otrongères. Mais, enfin, pour ne pas faire dire en France, où l’esprit rogne avec tant de despotisme, qu'à forco de servir dans les logions étrangères, je suis resté étranger à toutes les légions, j’ai résolu de ne plus servir que ma patrie on qualité de simple général.

MADAME DR VALIUM.

Vos services, monsieur, je le vois, sont très-glorieux; il ne me reste plus qu’à connaître le motif pour lequel vous in’lionoroz de votre présence.

LE MAJOR

Voici, madamo; j’ai l'honneur d'être l’ami intime de M. le comte de Landreuil... Votre fils, madame, doit, en ce moment, dix mille francs.

MADAME DB VAim.

Je puis vous assurer, monsieur. qu‘ü doit bien davantago.

LS MAJOR

Mais ces dix mille francs veulent ôtre payés les premiers.

MADAME DR VALPIT.

Et vous venez chez moi pour les toucher, sans doute?

LE MAJOR

Oui, madame!

MADAME tj| VALPIH.

Je regrette, monsieur, que votre visite soit sitôt terminéo*

LR MAJOR.

Est-ce que vous refuseriez ?

MADAME DB VALIUM.

Depuis longtemps je ne paye plus les dettes de mon fils.

LR MAJOR.

Madame la comtesse croit peut-être que jo suis quelque fournisseur méconnu, quelque usurier déguisé?.. Ah! jo ne prôte de l’argent à personne.

MADAME DB VALPIN.

Je no me perds dans aucune supposition semblable ; je me borne à vous dire une seconde fois, monsieur, que, pour de s raisons dont je ne dois de compte qu’à moi-môme, )’ai rcuoncô à garantir les dépenses de M. le comte de Landreuil.

le major.

Il est pourtant des engagements qu’une mère est forcée d’acquitter pour son fils; les dettes dUionneur sont de ce nombre.

MADAME PR VA t FIN -

Monsieur veut sans doute parler des dettes de jou?

LE MAJOR

Précisément I

Page 1