‹ Le livre noir drame en cinq actes et six tableauxChapitre 45 sur 67 · HENRIETTE, MAURICE · texte numérisé non relu

HENRIETTE, MAURICE

Maurice, tombant accablé sur le canapé. — A part.) Ferdinand d'Elviraare, mon compagnon d'enfance et d 'élude, mon meilleur ami I

Henriette, se levant et allant à Maurice Vous souffrez, mon ami, do ce contre-temps... j’on souffre autant que vous... mais ne manquons-nous pas un peu de patience?

Maurice, se levant, montrant la glace transpar ente.

Voyez, nos salons sont déserts.

HENRIETTE

M reste encoro du mondo à venir : tous nos invités no se sont pas fait excuser.

MAURICR.

Hais ce monde viendra-t-il ? (H tire sa montre.)

HENRIETTE

On s’eat trompé sur l’heure... on ne va quelquefois en soirée '

nrxniETTE.

Il faut supposer, mon ami, qu’mie cause qui nous échappe... qu un motif que nous ne connaissons pas . que nous connaîtrons...

Maurice, se levant.

Vous pleurez !... Ah ! vous le connaissez comme moi co motif... vous avez compris! (Henriette va toute en pleurs s'asseoir près delà cheminée . Maurice continue, arec indignation.) Voilà lo monde! voilà la société! Elle vous crio ; Hommes tombés femmes déchues, réhabilitez-vous, relevez- vous ! Et quand vous êtes corriges , quand vous êtes debout, celle société vient avec une joie feroce vous secouer et vousdiro : Qu’éticz-vous autrefois? et elle vous renverse et elle vous passe dessus. Elle fait mieux , souvent elle fait comme aujourd’hui pour nous : ello vous étouffe sous le poids du silence, (/ivec force.) Ah! vçiuh tous, vous que jo voudrais traîner jusqu’ici. Accourez pour ine demander compte de mon action. Je vous répondrai, jo vous dirai pourquoi j’ai épousé cette pauvre femme toute frémissante devant moi... Mais quo répondre à ce monstre qu'on n’a jamais vu devant soi, plus bas eue la terre , plus haut quo le ciel; que répondre à l’opinion ? (Il tombe accablé sur le. canapé.)

Henriette, revenant près de lui.

Votre exaltation m’épouvante.

MlURICE.

Cest elle, c’est l’opinion qui a écrit sur votre front ce quevou* avez clé; sur lo mien , ce que j’ai osé faire en vous éponsnt : cest elle qui a soufflé sur notre fôie et l’a empoisonnée. (AV levant et marchant avec agitation. Il tire frêne tiguemeut sa monfiT.)

J avais cru la société bonno, j’ai menti; j’avais cru que lespoiiis valaient mieux que les grands, j’ai encore menti. Les grands sont dédaigneux, les petits sont stupides : voilà la différence. Ni les uns ni les outres no sont venus à ma fête : ccs grands citoyens ! Et ce qui est odieux à penser, c’est que lorsque j’ai cru qu’une révolution tachéo de mon sang relèverait l hommo , j’ai enruro menti : les monarchies tombent , l'opinion reste; l’opioion, celte sanglanlo reine !

UBNRiETTB, allant prés de Maurice , qui est sur le devant, d gauche.

Pardon ! oh ! pardon !... pour ces douleurs quo je vous cause,., tous vos maux viennent de moi... Pourquoi m’avoir épousée? Jo vous l’avais bien dit... ne vous l’avais-jc pas dit? (Elle est tombée aux pieds de Maurice.)

Maurice la relèrc et l'embrasse , puis, comme avec résolution . va à la cheminée, agile un cordon ; parait la femme de chambre par la droite, et le domestique par la gauche. A la femme dis chambre.

Apportez ici, à madame, ses plus riches parures... Ue-rendez ses écrins do pierreries... elle choisira... Apportez aussi <|eg fleurs... entendez-vous, des fleurs... (Au femme de chambre sort. Au domestique.) Qu’on mette les chevaux à h voiture. litUis eu chasseur do se tenir prôt... Allez ! (Le domestique sort.\

HENRIETTE

Que prétendez-vous fairo?

Maurice.

Nous allons au bal.

Au bal !

Oui...

Maurice.

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