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les foires qui 8*y tenaient le dimanche de la Mi-Carême, et le jour de la fêle de Saint- Vincent de Septembre commenceraient désormais huit jours avant et se continueraient huit jours après (>). Bordeaux eut aussi ses foires de seize jours, mais bien plus tard sous Edouard III {^).
Edouard P recouvra la Guyenne le 20 mai i3o3.
Le 8 avril i3o6, il prit de nouveau la mairie de Dax en sa main, suivant l'expression consacrée. Les lettres de Jean de Havermang ou plutôt de Havering, sénéchal d'Aquitaine, n'en expliquent pas les motifs; elle^ disent seulement que ce fut par la volonté et l'exprès consentement de la cité — ex cerlis causis el voluntale et expresse consens a universiialis civitatis — pour une durée de trois ans révolus — a festo apostolorum Pelri el Pauli proxime fuluro usque ad Jinem trium annorum proxime sequentium plene complelorum. — Elles sgoutent qu'il n'est rien changé à l'organisation de la jurade — juralis dicte ville secundum quod moris est in suo robore duraturis el annis singulis creaturis — et que le maire qui sera député — maior deputandus — prêtera serment d'observer les libertés, privilèges, coutumes, usages et fors de la commune. L'Évêque et le chapitre furent priés de ratifier ces conventions par leurs sceaux apposés à côté de celui du sénéchal (3).
Vers le même temps, Edouard P' avait donné la Guyenne à son fils aîné (4) nommé lui-même Edouard, qui délégua deux mandataires, Robert de Borgchersch et Jean de Bourne, pour en prendre possession en son nom (5). Il était âgé de vingt-deux ans, et né au château de Carnarvon, en pays de Galles, au moment de la soumission définitive de ce pays (1284). C'est pourquoi il avait reçu au berceau le titre de prince de Galles, associé pour la première fois en sa personne à celui de duc d'Aquitaine.
Ce prince devint roi en iSoy sous le nom d'Edouard IL Une de ses lettres^ postérieure de huit ans à la confiscation du droit de mairie par son père, révèle les motifs de cette mesure et le nom du maire imposé, passés sous silence par le sénéchal de Havering. Le long séquestre de la Gascogne avait engendré des partis rivaux qui escomptaient en sens contraire les chances diverses d'une situation précaire. Des dissensions
(/) Livre des BoaiUonSy texte imprimé, p. 160.
civiles éclatèrent. « D*énormes excès » furent notamment commis à Dax, et le maire en titre, Dominique de Montolieu, ayant refusé de les punir comme il y était tenu par justice et par le devoir de sa charge — proui jure et ex ofjicii soi deblfo teneretur, — il fut remplacé par le lieutenant tle sénéchal Ayssin de Galard(>). La mission répressive confiée à ce dernier, loin d'apaiser les troubles, dut exciter de nouvelles représailles, car la lettre d'Edouard II, qui rappelle incidemment ces détails en iSi^? a principalement pour but d'obtenir de Philippe le Bel la grâce de quatre citoyens dacquois frappés dans leurs personnes et dans leurs biens, pour avoir exécuté les ordres du maire imposé de i3o6(a). Celui-ci même, personnellement actionné devant la justice française par quatre citoyens delà faction contraire, qui lui reprochaient les plus violents abus de pouvoir, fut condamné par contumace par le sénéchal de Périgord au bannissement perpétuel. Philippe-le-Bel le gracia en i3i3 (3).
Ces renseignements sont empruntés à Rymer et au Trésor des Chartes.
Notre cartulaire ne contient qu'un seul acte relatif au règne d'Edouard II, et encore n'émane-t-il pas de lui, mais de son fils. C'était en i324 : Charles le Bel, après avoir occupé la Guyenne sans prétexte, consentit sur les instances du pape à faire la paix, mais à condition de traiter directement avec sa sœur Isabelle, femme d'Edouard. Celui-ci tomba dans le piège. Il commit l'inexplicable imprudence de donner, en i325, le duché d'Aquitaine avec le comté de Ponthieu à son fils (^) le troisième Edouard, enfant de treize ans, et de le laisser partir pour la France sous la conduite d'Isabelle, munie elle-même de pleins pouvoirs qu'elle avait arrachés k la faiblesse de son mari, et dont elle se servit pour livrer à son frère la presque totalité des possessions anglaises du continent. Charles le Bel, qui avait été jusqu'à repousser l'hommage de son beau-frère pour l'Aquitaine et le Ponthieu, consentit à l'accepter du jeune Edouard, devenu à Paris le serviteur inconscient des mauvais desseins de sa mère. Un vent de révolte souffla sur la Gascogne indignée. Deux commissaires, Guilhem de Cases, docteur es lois, et Richard de Bur ou de Burri « autrement appelé de Sent- Aymon », reçurent mission de calmer l'effervescence. Ils parcoururent le pays, armés d'une lettre comminatoire évidemment forgée par le roi de France, bien que signée par le prince-enfant, qui s'y montre soucieux
(') Ayssin IV de Galard, marié à Ré^le de Faudoas; lieutenant du sénéchal do Gascogne Guidon Ferre et précédemment do John do Hastings, maire de Bordeaux de i3i3 à i3i4. (V. Nouions, Doc, kislor. sur la maison de Galard, t. I, p. 129 et suiv.)
(^) Rymer, Fadera^ t. II, pars I, p. 68. Ces quatre citoyens s'appelaient « Petrus Arnaldi, Roberlus Garsias, Arnaldus de Luk, et Bovinus de la Bastc ».
(3) Trésor des Chartes, JJ. ^9, n' 53.
(4) Rymer, t. II, pars 11, p. i4a.