‹ Le livre (volume 2)Chapitre 11 sur 107 · IV · texte numérisé non relu

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en style quintessencié» dit le c Bibliophile belge » , est curieux. L'auteur y fait figurer, sous des noms semblables à ceux du Dictionnaire des Précieuses, qui pourtant n'existait pas encore, les principaux personnages de la noblesse belge de répoque : la duchesse de Crqy, la duchesse d'Aersckot, le prince de Chi-. may^ etc. L'exemplaire vendu passait pour être le seul qui possède la clef des noms véritables des héros du roman. — La « Bibliographie Gay », qui ne donne aucun éclaircissement particulier sur les pseudonymes employés dans ce curieux écrit, se demande toutefois si ce ne serait pas le même ouvrage que « la Qitie, ou le Roman de la cour », par de la Serre (Paris, Loyson, i633 et i635 — 2 vol. in-8% -^ et 1640, in-8», titre gravé). Nous ne sommes point à même d'élucider cette question pour la solution de laquelle on peut consulter un article intéressant de M. Camille Picqué, publié dans le tome XXVI de la « Revue trimestrielle » .

Romant (Le) satyriqpiQ, de Jeaa de Lazmelt escuyer, sieur iu Chaintreau et du Chambord, — Paris, 1624, în«-8° de in5p. (che« Toussainct du Bray). Réimprimé sous le titre de Roman des Indes. — Paris, 1625, in-8® de 1169 p. Éditions fort rares toutes deux.

« C'est, dit la «Biographie Michaud » (t. LXX, p. 221), un tableau d'une vérité frappante, mais quelquefois un peu trop naYf, des mœurs de la cour des rois Henri HI, Henri IV et Louis XIII, L'abbé d'Artigny en a publié un fragment avec quelques remarques dans les « Mémoires de littérature » (t. VI), pp. 44-5o). On en trouve un curieux extrait dans la « Bibliothèque des Romans » (septembre 1783), suivi de conjectures plus ou moins fondées sur les principaux personnages que l'auteur met en scène sous des noms supposés. En donnant une seconde édition de son livre, Lannel paraît n'avoir eu d'autre but que d'éviter les interprétations, puis qu'il s'est contenté de changer le lieu de la scène et les noms des acteurs. Cet ouvrage, conduit avec beaucoup d'art et dont la lecture est très attachante, aurait dû mériter à Lannel une place distinguée parmi les romanciers. Cependant Sorel n'en parle point et Lenglet-Dufresnoy^ qui n'a pas connu les deux premières éditions, en cite une de 1637, in-8«, sans ajouter la moindre réflexion, preuve évidente qu'il n'en connaissait que le titrCi » — • Mf Victor Fournel, dans son livre « la Littérature indépendante » (p, 223), se montre peu bienveillant pour le a Romant satyrique ». Dans « les Livres à clef » de Quérard, l'article consacré à cet ouvrage n'est pas plus favorable. Il est à regretter cependant que l'abbé d'Artigny n'ait pas donné la clef de tous les noms qu'il connaissait; il nous fait connaître que Perditor désigne un certain César, soi-disant astrologue magicien, contemporain et émule du fameux Cosrae Ruggierl. Le marquis de Filinde, qui combat et met à mort le géant Camelontidinero et son fils, c'est le chevalier de Guise, qui tua en duel les deux barons de Lux, père et fils; enfin, le bon sacrificateur Agiosanir (fiyi^ç, Mp) que ces Sirapisiens estimaient être un saint homme, c'est le Père Dominique de Jésus Maria, carme déchaussé, qui s'attira l'admiration des Parisiens souç Louis XIII. — Malgré l'avis de Quérard, nous serions fort satisfaits de connaître les vrais noms de Boittentual, Ennemidort, Gardenfort, Argentuare, etc., et nous désirons beaucoup qu'un curieux ait la patience de

ÉTUDES SUR LES LIVRES A CLEF ^j

chercher et de nous donner la double clef des deux éditions principales du c Romant satyrique ».

Jean de Lannel, littérateur trop peu connu aujourd'hui, était né vers 1570; il vivait encore en iG3oy mids on ignore la date exacte de sa mort. C'est encore un a oublié et un dédaigné » qui attend sa résurrection dans le monde des lettres.

Bttovmge (lie) hors de conditloo, tragédie allégorico^barbaresque, en un acte, en vers. — Imprimé à Londres, débité à Paris et lu à La Haye. —

S. d., in-8®de 23 pages.

Cette pièce satirique d^Ant.'-Fahio SUaHii, qui avait fait fié)à une « Mérope travestie » dédiée à M. de Voltaire, eet dirigée contre Rousseau. C'est à tort que divers bibliographes l'attribuent à Borde, de Lyon, qui avait déjà ridiculisé J.-J. Rousseau et son orgueil insupportable sous le nom de Docteur Pansophe. ** La clef de cette satire est fort simple : J.-J« Rousseau en est le héros sous le nom de Pancrace^ docteur anthropophage; prés de lui figurent V Ombre de Julia, sa fille (« la Nouvelle Héloïse »), et Emilius, son fils (a l'Emile »). —(Voir aussi le Catalogue de Soleinne, n*» 2002 et 3797).

Jos. Just. Soaligeri epistolsd omnes quce reperîrî potuerunt, nunc primttm

colîectœ et editœ, — Leyde, 1627, în-8*'.

Le recueil des lettres de J.-J. Scaliger contient d'intéressantes indications sur divers personnages de son temps; par malheur, plusieurs de ces derniers sont désignés souvent d'une façon peu intelligible aujourd'hui. C'est ainsi par exemple que — (p. 41) Lucumo Becceselenus désigne le savant belge Johannes Goropius Becanus; — (p. 53) furiosus florentinus cache Robert Titius, un des adversaires de Scaliger; — (p. 60) Maximi nominis yir signifie Pierre Victor; (p. 61 et 63) converti pictairi eruditissimum, nous désigne Franciscus Vertunianus. — Une clef à peu près complète des Lettres de Scaliger a été imprimée, nous ne savons plus où ; elle est à rechercher.

Johann Henrich Schumacher, Asselena-Paderbornensis, die durch falsche List gefallene und gefÎEmgene, aber durch trêve Liebe wieder errettete und erhabene Madaveatische Mania ; oder Liebes-und Helden-Geschichte untcr einem allegorischen Gedicht, nebst moralischen Ânmerkungen vorgestellet. — Auf Begehren und Kosten guter Freunde zum Drttck befôrdert. — Gedruckt îm Jahr 1738, in-8*.

J. Vogt, dans son Catalogue de livres très rares (p. 61 5 édition de 1753), nous fait connaître que ce recueil d'allégories mystiques a été supprimé avec le plus grand soin, par ordre du Sénat académique d'Helmstaedt, en raison des tendances papistes qu'on avait cru y découvrir. L'auteur cependant avait bien pris ses précautions pour que son ceuvre^ déjà pas mal obscure en elle-même, fût encore moins intelligible grâce aux mots anagramnoatisés dont il l'avait constellée. C'est ainsi que, d'après Vogt, les mots Madayeatische Mania ne

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sont autre chose que ranagramme de « Anima, Adams und Eva », que vient délivrer Sirchtus^ « Christus »; Menun signifie « Numen » (la divinité); Ri/eluc, « Lucifer »; Mossue, « Cosmus » (lejjionde), etc., etc. — Vogt ne donne pas d'autres indications sur les anagi»âmmes de ce petit livre qui doit être aujourd'hui, et surtout en France, de la plus extrême rareté.

Séance extraordinaire et secrète de l'Académie françoise, tenue le 3o mars 1789, à l'occasion des états généraux. — S. 1. n. d. in-8<» (un exemplaire figure au catalogue Leber, t. IV, p. 202).

Cette brochure est un compte rendu satirique d'une séance supposée de l'Académie, réunie pour nommer le député qui la représentera aux états. Les immortels d'alors, assez mal traités, comme on pense, après de vifs débats, finissent par fixer leur choix sur M. de Guibert. L'auteur de cette satire est demeuré inconnu jusqu'à présent; il a pris la peine assez inutile de déguiser les noms des académiciens, dont les masques sont bien faciles à reconnaître, comme on peut en juger par l'échantillon suivant que nous a donné le biblio' phile Job. (Voir Miscellanées bibliographiques par O. Uzanne et E. Rouveyre, 3o juin 1878, p. 84.)

Tacticus, —

de Guibert;

Flaccus,

Florian ;

Biscotin, —

de Bissy ;

Cytheron, —

I^ Harpe;

Pastorinet, —

le duc de Nivernois;

Virgilius, —

Delille ;

Ajur, —

Suard ;

Vitulus, —

de Beauvau;

Mjrris, —

Lemierre ;

Merlei, —

l'abbé Morellet;

AnacharsiSy —

l'abbé Barthélémy;

Cudis^ —

Ducis;

Vi^ir, —

Vicq d'Azir.

Sultane (La) Gaihioahia, par le comte d*Antiboul. ^^^vi^. i835, in-i8. (Ecrit rare, ayant été supprimé administrativement.)

Cette petite plaquette satirique, signalée par le bibliophile Job, n'est autre chose que l'histoire de M"* du Caylaf/a sultane Caikicahia)y dont l'influence fut puissante à la cour de Louis XVIIL — Il y a là une clef curieuse à chercher.

TAureau (Le) banal de Paris —Cologne (Hollande, à la Sphère). — 1689,

pet. in- 12. — Rare.

Petit roman historico-satirique, réimprimé, dit la Bibliographie Gay, sous le titre de « l'Homme à bonnes fortunes, ou le galant à l'épreuve ». La Haye, 1691, in-i2. — D'après une note du catalogue du marquis de Paulmy (n® 6066),

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