‹ Le livre (volume 2)Chapitre 19 sur 107 · DE THÉOPHILE GAUTIER · texte numérisé non relu

DE THÉOPHILE GAUTIER

DES ŒUVRES qu'iL N'A PAS ÉCRITES OU QU'iL k'a PAS TERMINÉES

N 1res petit nombre d'écrivaios contemporains omlaiiséun mo- Dument littéraire aussi important que celui da léophile Gautier, et pal ul peut-être, parmi les ïres, ne possède à aon mble de travaux plus coluvres réelltmeal écrites imas, celles de Victor de George Sand et de ands producteurs litt^ le sont pas plus coasidé- :ur de Forlunio est bien us les ouvrages qu'il a irisderetrouverla trace it par le poète, et voici :hes. C'est la première étude bibliographique 3 qu'un auteur n'a pas as était reprochée, nous it remarquer combien tif à Molière, à Racine n de leurs contempoi. — C'est, du reste, une ets littéraires de Théoluvent par les circonen écrire toujours, et, forcée, vingt «uvret lont malheureusemeot

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Il serait impossible à cette heure de retrouver les traces de toutes, mais nous allons en indiquer, du moins, les principales. Déji, M. Emile Bergerat,

le gendre du poète, a parlé de quelques-unes dans le volume qu'il a consacré à son beau-pére, et nous ne reviendrons pas sur les ouvrages dont il s'est occupé; nous ne ferons d'exception que pour un seul, le Vieux de la montagne, dont la conception remonte à une époque beaucoup plus ancienne qu'on ne le croit.

Le nom de Théophile Gautier fiit connu de bonne heure, et ses productions recherchées dès i833 par les éditeurs et par les directeurs de journaux de cette époque. S'ils avaient obtenu livraison d'un manuscrit, ou seulement la promesse vague d'une œuvre k peine née encore dans l'imagination de l'écrivain, ils s'empressaient aussitôt de l'annoncer dans leurs catalogues, au revers des couvertures de leurs publications nouvelles, ou parmi les travaux promis à leurs lecteurs.

Ses premiers balbutiements littéraires furent des Poésies écrites en langue provençale ou dans le patois gascon que le poète enfant avait parlé à Tarbes et qu'il eut, raconte-t-il lui-même, quelque peine à désapprendre. Sans parler ensuite de traductions et d'imitations de Musée et de l'Anthologie grecque^ telles qu'un Héro et Léandre, ni même d'une traduction d'un Chant d'Ugolin, œuvres disparues, citons du moins deux poèmes perdus aussi : le Fleuve Scamandre et l'Enlèyement d'Hélène, ce dernier écrit en vers de dix pieds, essais exécutés quand l'auteur était encore au collège. La première trace, à notre connaissance, d'un livre du grand écrivain resté à l'état de projet se trouve inscrite sur la couverture des Rhapsodies^ par Petrus Borel, volume daté de i832, mais publié en décembre i83i^. On y voit indiqué : « Sous presse pour paraître incessamment, Odes artistiques, par Théophile Gautier >, et « pour paraître le tS janvier (i832), Contes duBousingot, par une camaraderie. In-octavos, ornés dé vignettes de Célestin Nanteuil. Les deux premiers volumes sont sous presse ».

Du premier de ces ouvrages, on ne connaît aujourd'hui que l'ode : A Jean Duseigneur, insérée dans le Mercure de France au xix* siècle du 22 octobre i83i, et celle intitulée : Notre-Dame; cette dernière, croyons-nous, ne vit le jour qu'en décembre i833 dans les Annales romantiques pour 1834; mais le manuscrit autographe est daté d'octobre i83i. L'auteur ne plaça pas ces deux pièces l'année suivante dans son volume à'Albertus, ce qui prouve qu'à cette date il n'avait pas encore renoncé aux Odes artistiques.

Les Contes du Bousingoty dont Renduel devait être l'éditeur, auraient été écrits par Théophile Gautier, en collaboration avec ses amis de cette époque : Gérard (de Nerval), Augustus Mac-Keat (Auguste Maquet), etc., et l'ouvrage eût été publié sans noms d'auteurs. Ce recueil est encore inscrit sur la couverture de son volume d'Albertus (paru en octobre i832), toujours édité chez Renduel, sous le titre un peu modifié de : Contes du Boupngo, sans aucune autre indication quelconque, ni aucun nom d'auteur.

Deux nouvelles au moins destinées à ce livre ont été écrites et publiées. La première, la Main de gloire, histoire macaronique, par Gérard (de Nerval), fut imprimée dans le Cabinet de lecture du 24 septembre i832, accompagnée de cette note : « Extrait des Contes du Bousingo, par une camaraderie. Deux volumes in-octavo qui paraîtront vers le i5 novembre ». Elle fait aujourd'hui

I. N* 615} de la Bibliographie de la France, dn jr décembre i8ji.

partie de la Bohème galante, La seconde n'est autre qn'OnuphHus Wphly, par Théophile Gautier. Ce récit, publié dans la France littéraire d'août i832, fut reproduit dans le Cabinet de lecture du 4 octobre suivant, portant pour titre : l'Homme vexé; Onuphrius Wphly, et accompagné de ces njots : « Cet article est un deuxième extrait des Contes du Bousingot qui seront publiés prochainement en deux volumes in-octavo. La Main de gloire, insérée dans notre numéro du 24 septembre, doit en faire partie. » Ces contes fameux ne parurent jamais, et Théophile Gautier inséra dans les Jeunes^France ceux qu'il leur destinait.

Ce ne fut pas là, du reste, son seul projet de collaboration avec Gérard de Nerval. Plus d'une œuvre fut entreprise avec ce cher compagnon de ses jeunes années, pour lequel il garda toujours une si vive affection. L'auteur d*Albertus a raconté lui-même qu'il mit un prologue rimé au mystère de Gérard, écrit en vers de huit pieds : le Prince des Sots, et qu'ils firent ensemble une pièce en prose intitulée : la Dame de Carouge, dont Alexandre Dumas utilisa plus tard l'idée dans Charles VII che^ ses grands vassaux. Outre une traduction de la Fiancée d^Abydos de Byron, et non de la Fiancée de Corinthe, ainsi que le dit, par erreur, la France littéraire de Quérard, un autre drame, intitulé : Ugo, dont le sujet était tiré de la Parisina, du même auteur, fut aussi commencé par le poète vers i83o, en collaboration avec son ami Augustus Mac-Keat, et un fragment en a même été cité il y a quelques années. Toutes ces œuvres, détruites sans doute, sont en tout cas demeurées inédites. Nous tenons enfin d'un des plus anciens amis de Théophile Gautier, M. Charles Ménétrier, qui signe ses écrits : Listener, qu'il songea pendant l'été de i83o, avant l'apparition de ses Poésies, à composer un drame tiré de l'histoire de la Belle Ferronnière, dont Alfred de Musset et Félix Arvers s'occupèrent aussi peu de temps après. Il voulait en faire une œuvre truculente, pour employer un terme de l'époque, et la jouer seulement entre camarades. Voici comment il comptait traiter ce sujet, et l'on verra qu'il n'eût pas été facile, en effet, de faire accepter au public une pièce de ce genre.

Le mari de la belle Ferronnière, un bon bourgeois de Paris, découvrait que sa femme le trompait avec le roi François I*'. Pour se venger à la fois de tous deux sans s'exposer lui-même, il s'informait auprès de la plus mal portante des pensionnaires d'une maison interlope, quel avait été son dernier amant. Elle lui désignait un moine dont les remords, augmentés encore par la maladie que son péché lui avait value, devaient être exprimés en longues tirades abracadabrantes. Par une suite de combinaisons adroitement amenées, ce moine devenait alors l'amant de la belle Ferronnière, et, après la mort de celle-ci emportée par l'horrible maladie qu'il lui donnait, on devait voir, au dénouement, son mari remarié avec la créature cause première de tous ces maux, mais guérie, heureuse, et dont tous les bons instincts s'étaient réveillés et développés, passer, sa seconde femme au bras, dans une rue de Paris. Il assistait ainsi, sa vengeance satisfaite, au cortège des obsèques du roi François I", mort à son tour d'avoir aimé la belle Ferronnière.

Ce dénouement curieux et les outrances de l'intrigue n'eussent pas manqué

de couleur romantique ; certain de ne pouvoir faire représenter son drame sur

un théâtre public, Gautier, s'il l'eût écrit, s'était promis de jouer le moine, rôle

auquel son embonpoint déjà naissant semblait le destiner ; Auguste Maquet

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