AUTOGRAPHE INÉDJT DE THÉOPHILE GAUTIER
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1. Cette pièce de Tera, en inM stropJus et aoua le titre de : Fumée, parut pour la pxemiëre fois dans la Revue de Paris du 15 Novembre 186fi. Bile entra ensuite, sons la même forme, dans Émaux et Camée*, Notre yeraion est en quatre ttrophes, dont la deuxième est inédite.
La lettre à Pradier, imprimée en fac-similé dans notre texte, fut écrite en Décembre 1839.
de chaque lieu et le charme de chaque jour. Il dira ce que doit être le salon du millionnaire et ce que peut être la chambrette de l'ouvrier. Avec un plâtre, une fleur, une gravure, une cage d'oiseau, il fera briller pour quelques francs dans la plus humble mansarde les chefs-d'œuvre de l'art et les merveilles de Dieu. L'art autrefois pouvait n'être que le luxe de quelques-uns ; il faut, sous la démocratie, qu'il soit le besoin de tous. »
Le 1" novembre suivant, V Événement, énumérant de nouveau les œuvres qu'il compte publier et qui toutes sont destinées au peuple, dit encore : « C'est à lui (le peuple) que Théophile Gautier, dans sa Plastique de la civilisation^ parlera de Delacroix ».
Quel malheur que ces belles promesses n'aient pas été tenues et qu'il n'existe aujourd'hui que le premier chapitre de chacune des deux séries annoncées, chapitres insérés dans r Événement des 2 et 8 août 1848, le premier sous le titre de les Ateliers de peintres et de sculpteurs : I. M. Ingres, et le second sous celui de Plastique de la civilisation : I, du Beau antique et du Beau moderne.
C'est en 1849 9^^ parut le prospectus d'une publication devenue très importante, et l'auteur de VArt moderne est nommé parmi les collaborateurs de l'ouvrage, bien qu'il n'y ait, croyons-nous, jamais écrit une ligne. En voici le titre exact, tel que l'indique ce prospectus : Histoire des peintres de toutes les écoles depuis la Renaissance jusqu'à nos jours, par MM, Charles Blanc, Théophile Gautier et P.-A, Jeanron.
Le Magasin des familles de janvier i85o publia: la Physiologie de Vhomme du monde ; le Parfait gentleman^ et l'écrivain annonça comme pendant la Physiologie de la femme comme il faut. Mais ce complément, annoncé pendant longtemps par le journal, n'y fut jamais imprimé.
Vers i85o ou i85i, Arsène Houssaye, alors directeur du Théâtre-Français, voulut décider son ancien ami à donner à son théâtre une œuvre digne de lui. Une prime lui fut offerte, et Théophile Gautier promit d'écrire une pièce en vers. Il hésita d'abord entre V Amour souffle oîi il veut, dont nous parlerons plus loin, et une traduction de VOrestie. La première de ces œuvres l'emporta et la traduction commencée ne fut pas continuée. Le monologue du début de la pièce, recueilli dans ses Poésies complètes, édition de 1872, est la seule trace qui reste de ce projet.
C'est en i85o que l'auteur d'Avatar, accompagné de son ami Louis de Cormenin, visita l'Italie. La Presse inséra ses impressions de voyage sous les titres de : Loin de Paris : Notes de voyages; la Vie à Venise », mais l'ouvrage ne fut jamais terminé dans ce journal. Deux ans plus tard, le Pays en publia à son tour un ou deux chapitres complémentaires, sous le titre de : Loin de Paris ; Notes de voyage^ et annonça la prochaine apparition de ceux sur Rome et sur Naples, qui eussent terminé le volume. Voici ce que nous trouvons au sujet de ces pages dans le Pays du 12 décembre i85i : « Sous ce titre {Loin de Paris^ Notes de voyage), sans frontière et sans horizon, M. Théophile Gautier donnera d'abord, dans le Pays, les impressions et les souvenirs de son récent voyage en Italie. L'auteur de Fortunio n'est pas seulement le poète par excellence de la forme et de la couleur, il est encore le plus spirituel et le plus curieux des touristes. Ses récits entremêlent aux splendides descriptions de l'artiste les
fantaisies et les aventures de la flânerie humoristique. Loin de Paris nous conduira successivement à Pise, à Florence, à Rome, à Naples et nous révélera, par-dessous Tltalie monumentale et pittoresque, l'Italie intime et familière, que presque tous les voyageurs ont négligée. »
Cette promesse ne fut malheureusement pas tenue et l'intéressant récit de son excursion à Rome et à Naples ne fut jamais écrit.
La partie publiée de son voyage en Italie, parue successivement en volumes sous les titres d'Italia et de Voyage en Italie^ porte pour titre, dans son traité de cession à l'éditeur Lecou : Vojrage de Paris à Venise.
A la fin de i85i,lemême éditeur annonça successivement aussi sur les couvertures de ses nouveaux volumes, entre autres sur celle des Œuvres humo^ ristiques : Les Jeunes France, Une Larme du Diable, par Théophile Gautier, deux autres ouvrages : Nouvelles nouvelles et Contes et nouvelles. Bien qu'ils n'aient jamais été publiés, il ne les fit même pas suivre de la mention : sous presse, et tous deux furent remplacés par Un trio de romans^ volume mis en vente au commencement de i852. D'autre psirt^ la. Revue orientale et algérienne de février i832 annonça un souvenir de son voyage en Afrique, intitulé AfBita, danse moresque^ qui ne vit pas le jour ou devint la Danse des Djinns^ publiée dans la Revue de Paris du mois de novembre suivant. Le Pays du i3 juin promit, de son côté, une série d'Études et fantaisies qui ne lui fut jamais livrée.
La nouvelle annoncée d'abord dans la Revue de Paris sous ces deux titres Pompeia et Mammia Marcella » fut définitivement publiée sous celui d'Arria Marcelliiy dans le numéro de mars i852.
Théophile Gautier partît pour Constantinople au mois de juin i852 et c'est là que lui vint Tidée de Dénouement turc, ou le Dénouement turc, nouvelle qu'il n'a pas écrite, mais à laquelle il songea jusqu'à sa mort. Voici un fragment inédit d'une lettre adressée par lui de Constantinople à Louis de Cormenin, en juillet i852, qui prouve ce que nous avançons:
a Aussitôt que j'aui'ai fini les articles d'impressions nécessaires à mon retour, je gribouillerai une nouvelle intitulée Dénouement turc pour la Revue, d'une vingtaine de pages, mais chouette. »
C'était à la Revue de Paris que Gautier destinait alors ce récit, puis il le promit à l'Artiste^ où il est déjà annoncé sur la couverture du numéro du 5 avril 1857. La Revue du xix^ siècle l'imprima à son tour, en septembre 1866, parmi les œuvres qu'elle devait publier, et son numéro d'octobre la promet même pour celui de novembre. Cette revue se fondit ensuite avec l'Artiste^ et le numéro d'avril 1867 de ce dernier recueil fait espérer de nouveau l'ouvrage à ses abonnés, à propos d'un extrait du Paris-Guide, qu'il publie accompagné de cette note : « Ce travail considérable {le Musée du Louvre) nous a fait attendre le Dénouement turc... Il était bien naturel que la Librairie internationale nous donnât la primeur de ces pages colorées et lumineuses, pour que nos lecteurs attendissent plus patiemment le roman de M. Théophile Gautier. »
Enfin, la Galette de Paris l'annonçait encore en 1872, au moment de la mort du grand poète. Cette nouvelle devait avoir quelque analogie avec ses deux récits antérieurs : Laquelle des deux? et les Roués innocents, si nous en croyons certain article anonyme du Journal des Débats du 17 novembre 1880,
que, sans crainte d'erreur, nous croyons pouvoir attribuer à M. Henri Houssaye, fils du directeur de l'Artiste^ de la Revue du xix< siècle et de la Galette de Paris, L'article a trait au roman de la comtesse Julie Apraxin : l'Une ou l'autre, et débute ainsi :
« L'Une ou l'autre! Le héros du Dénouement turc, cette nouvelle que Théophile Gautier n'a pas écrite quoiqu'il y ait souvent songé, aurait dit : VUne et Vautre y Gautier voulait mettre en scène un Parisien du meilleur monde qui, amoureux de deux jeunes filles, se faisait Turc pour les épouser toutes les deux, d
Si la Revue de Paris ne publia pas cette œuvre, elle annonça sans plus de succès, de septembre i852 au i5 septembre i853, un travail intitulé le Séraï\ qui finit par paraître dans la Presse^ où fut publié en entier le voyage à Constantinople, la première partie sous le titre de De Paris à Constantinople ; promenades d'été^ et ensuite sous celui de Constantinople.
Ce volume fut annoncé dès 1SS2 chez ce jeune éditeur dont nous avons déjà parlé, M. Eugène Didier, qui se retira trop tôt du mouvement littéraire, car ses éditions étaient charmantes, Émaux et Camées en font foi. Constantinople fat promis d'abord sous le titre de Voj'age en Orient, puis sous celui-ci : De Paris à Constantinople^ qu'il porte encore en i853 sur les catalogues de Michel Lévy. Ce fut cet éditeur qui le mit enfin en vente sous son titre actuel.
Eugène Didier annonça encore deux autres volumes : Scènes d'Afrique et Voyage en Grec*:, qui ne furent jamais publiés non plus, et nous avons déjà parlé de l'un, à propos du Voyage pittoresque en Algérie» Ils reparurent pendant plusieurs années, à partir de i853, sur le catalogue de Michel Lévy, réunis en un seul ouvrage sous le titre de En Grèce et en Afrique^ mais les trop courts fragments écrits de ces deux voyages ne furent définitivement livrés au public qu'en i865 dans Loin de Paris^ et en 1877, dans VOrient, car les six chapitres du Voyage en Grèce^ les seuls écrits, furent imprimés pour la première fois en volumes à douze ans d'intervalle et formant ainsi deux séries incomplètes chacune. Ces chapitres sont en réalité la suite de Constantinople, car on sait que l'écrivain se rendit en Grèce en quittant Stamboul et revint d'Athènes en France, en passant par Venise. Toute la fin de ce voyage n'a donc jamais été écrite. Les six chapitres dont nous venons de parler avaient paru en i852 et en 1854 dans le Moniteur universel, les trois premiers sous le titre général d'Excursion en Grèce^ et les trois autres seulement sous celui que chaque chapitre porte en volume.
Le !••* octobre i853, Théophile Gautier, d'accord avec Meyerbeer, signa un traité avec M. Brandus, l'éditeur du musicien, par lequel il s'engageait à traduire en vers le drame allemand Struensée, pour lequel l'auteur des Huguenots avait écrit la remarquable musique symphonique que Ton sait. Voici les clauses les plus intéressantes de cet acte : « M. Théophile Gautier s'engage à faire pour MM. Brandus et C**, à l'aide de la version littérale qu'ils lui ont remise, la traduction libre ou imitative en vers français du poème allemand de Struensée,, fait par M. Sternau pour la musique de M. Meyerbeer.
« M. Théophile Gautier promet de livrer la traduction dans deux mois, c'est-à-dire au i*' novembre au plus tard, et d'y faire toutes les corrections que M. Meyerbeer jugerait utiles.
(( Il pourra s'adjoindre pour ce travail M. Gérard de Nerval, mais sans augmentation du prix ci- dessous fixé, l'obligation d'indemniser son collaborateur lui restant toute personnelle.
« Pour prix de la cession absolue faite à MM. Brandus et €'• de l'œuvre à composer, M. Théophile Gautier aura droit à la somme de quinze cents francs qui lui sera payée trois mois après la livraison du manuscrit.
« La cession ainsi faite est absolue; MM. Brandus et G** pourront, tant en France que dans les pays étrangers, imprimer, graver, vendre et faire exécuter Struensée avec la version de M. Théophile Gautier et en disposer comme de chose leur appartenant.
a M. Théophile Gautier s'engage/ à faire, s'il y a lieu, les changements que M. Meyerbeer jugerait utiles. »
Vers la même date, Meyerbeer écrivait au poète cette curieuse lettre inédite :
Monsieur,
Monsieur Brandus est venu deux fois pour avoir Thonneur de vous rencontrer. Il voulait vous amener un pianiste prêt à vous jouer les morceaux mélodramatiques pour savoir sous quelles mesures de la musique il faut placer les paroles déclaméees.
J'ai eu également l'honneur de passer deux fois chez vous pour vous prier de vouloir bien me donner (ainsi que nous en étions convenus) la partition de piano de Struensée, afin de vous indiquer le sens des paroles allemandes qui doivent être déclamées sous la musique. Votre concierge me dit que vous habitez la campagne, et que je ne puis pas espérer de vous trouver à Paris. Comme je ne possède pas un autre exemplaire de la partition de piano de Struensée, j'ose donc vous prier d'avoir l'extrême bonté de m'envoyer le vôtre; j'y ferai ce travail en vingt-quatre heures et je vous renverrai la partition pour que vous puissiez continuer votre travail poétique.
Veuillez agréer, Monsieur, l'expression des sentiments les plus distingués de votre très dévoué,
Meyerbeer.
Samedi; écrit dans la loge de votre concierge.
Le 12 octobre 1854, l®s choses n'étaient guère plus avancées, ainsi que le prouve cette lettre adressée par MM. Brandus et C'« à Meyerbeer :
Monsieur,
Je m'empresse de vous confirmer ce que vous a dit ce matin M. L. Brandus au sujet de Struensée.
Non seulement nous n'avons pas mis un instant sa publication en question, mais encore nous attachons un très grand prix à cette œuvre, et conséquemment nous nous chargerons de payer à M. Théophile Gautier les quinze cents francs qu'il a demandés pour le poème.
Quant à la nouvelle forme qu'il avait l'intention d'y donner et dont il vous a communiqué le projet, nous ne partageons pas ses idées, et nous aimons mieux nous en tenir au plan déterminé primitivement entre vous et M. Brandus.
Permettez-nous, Monsieur, de profiter de cette occasion pour vous renouveler Passurance de notre respectueux dévouement.
G. BR.iNDUS, OUFOUR et CK
Malgré tous ces projets et ces pourparlers, le traité ne fut pas exécuté, et le Prologue seul de l'ouvrage, œuvre originale et non pas traduction, fut écrit par l'auteur de Pierrot posthume. Ce morceau inédit a été recueilli en 1872 dans son Théâtre.
Nous trouvons ensuite, dans la Presse du 14 décembre i853, l'annonce d'un roman intitulé Le Jettatore, roman qui continua jusqu'en i855 à faire partie des promesses du journal, squs le titre légèrement modifié de : Le Jettator. Théophile Gautier ayant à cette date quitté la Presse pour le Moniteur universel, l'ouvrage fut effacé de la liste des promesses du premier de ces journaux et ne parut dans le second qu'en i856, sous le titre de Pauld'Aspremont, qu'il quitta définitivement pour celui de Jettatura, en prenant l'année suivante la forme de livre. L'auteur avait d'abord voulu traiter ce sujet en poème, et le début en fut même écrit ; il a été publié en 1870 dans le Parnasse contemporain, sous le titre de Marine^ puis en 1876 dans le tome II de ses Poésies complètes, sous celui de Jettatura.
C'est vers i853 ou 1854 ^^^ l'éditeur Gabriel de Gonet entreprit une Collection illustrée des romans nouveaux et inédits^ dans laquelle parurent Raphaël et la Fomarine^ par Méry, les Amours d'un Hercule^ par Savinien Lapointe, etc. Aucune de ces publications n'est inscrite dans la Bibliographie de la France, ce qui nous empêche de préciser mieux le moment de leur apparition. Le prospectus de cette collection, que nous avons sous les yeux, porte le titre d'un roman de Théophile Gautier, Eveliné^ qui, nous en sommes convaincus, n'a même jamais été projeté par lui.
Le 22 septembre 1854, l'auteur de Fortunio passa un traité avec les directeurs de la Librairie nouvelle, MM. Jacottet et Bourdilliat, pour la publication de son théâtre. Le titre indiqué dans l'acte fut : Théâtre bleu, mais l'ouvrage parut en i855 sous celui de Théâtre de poche. Aujourd'hui ce livre n'en porte plus d'autre que : Théâtre. Disons aussi que la pièce intitulée : le Tricorne enchanté, dont l'idée est empruntée 'à une parade de l'ancien boulevard, le Chapeau de Fortunatus, fut écrite sous le titre de : le Dernier Frontin.
Nous trouvons ensuite, sur le catalogue de Michel Lévy de décembre 1854, l'indication d'un autre livre qui n'a jamais vu le jour : Études sur les arts. Il fut remplacé en i855 par les Beaux-Arts en Europe^iSSB^ qui formèrent deux volumes au lieu d'un, et qui, avec un autre ouvrage, VArt moderne, composent toute la série des livres d'art publiés par Théophile Gautier à la librairie Lévy.
Le 3o mars i855, un nouveau traité fut passé entre l'écrivain et son ancien éditeur, M. Hetzel, pour la publication d'un ouvrage resté malheureusement inachevé aussi. Il s'agit de': l'Art. et le Théâtre en France depuis vingt ans, que nous voyons annoncé sous ce titre, en deux volumes in-trente^eux {\)j de 1854 à i858 sur les catalogues de Michel Lévy, collection Lévy-Hetzel. Cette réunion des feuilletons critiques du poète, dont six volumes in-douze ont seuls été publiés, c'est-à-dire une très faible partie de l'ouvrage, parut définitivement en 18 58- 1859, sous le titre de : Histoire de Vart dramatique en France depuis vingt-cinq ans.
Un autre traité fut encore passé avec Hetzel, le i«' avril 18 56, pour la publication en volume, dans sa collection in-trente-deux, du Tom&ïiAvatar. Nous y lisons cette adjonction, datée du i5 novembre i856, qui n'a jamais eu de suite ni IV. 12
Pendant le siège de Paris, Tauteur de Constantinopte avait renoué des relations avec la Revue des Deux Mondes ; on sait qu'elles avaient été rompues à la suite du procès relatif au Capitaine Fracasse, dont nous avons déjà parlé. Nous lisons dans une lettre du poète qu'il pensait en 1871 k collaborer de nouveau à ce recueil et qu'il avait même commencé un travail qu'il lui destinait. Nous tenons de M. Ch. Buloz lui-même que ces pages devaient être intitulées : les Malheurs de la guerre , et encadrer une étude sur l'album de Callot portant le même titre. Si nous en croyons M. Charles Asselineau^, un chapitre des Tableaux de siège seradt perdu; voici ses propres paroles : «... Un de ses plus beaux livres, les Tableaux de siège. Encore n'eut-il pas toujours la chance de faire accepter ses « peintures » si impartiales et si naïvement pittoresques. J'ai mémoire notamment d'un article sur la Neuvaine de sainte Gene^ viève, qui lui fut laissé pour compte par ménagement pour les passions anticléricales. Il n'avait voulu que varier ses tableaux en introduisant un intérieur d'église parmi ses tableaux de rempart et de la navigation séquanaise. « Me voilà, me disait-il en redescendant l'escalier du journal, me voilà réduit à faire des articles comme un commençant, avec la crainte de me les voir refuser ! »
Nous ne savons si ce détail est exact, ou s'il s'agit non d'un morceau rédigé, mais seulement d'un projet soumis d'abord au Journal officiel et qui ne fut pas suivi d'exécution.
Nous voici arrivés maintenant au fragment dramatique publié pour la première fois en octobre 1872, dans le Théâtre de Théophile Gautier, quelques jours avant sa mort, et dont nous avons déjà parlé. Cette pièce en vers, dont il s'occupa pendant vingt ans au moins et qui ne fut jamais terminée, malgré la note qui l'accompagne, fut intitulée d'abord la Perle du Rialto, et le premier acte de cette version, absolument différente de l'œuvre imprimée, a été recueilli en 1876 dans ses Poésies complètes. Ensuite, la pièce reçut successivement les titres : le Nouvel Arnolphe, le Tuteur, l'Amour est comme la grâce, pour prendre enfin celui qu'elle porte aujourd'hui : l'Amour souffle où il veut. Voici, s'il faut en croire M. Henri de La Pommeraye qui analysa la pièce dans le Bien public du 28 octobre 1872, quel était le plan primitif des scènes non écrites de l'Amour souffle oii il veu^; après avoir constaté que l'ouvrage est incomplet d'une partie du second acte et de tout le troisième, le critique continue ainsi : c Des confidences nous mettent à même de combler en prose, — et quelle prose ! — cette lacune. Agnès devait montrer à Arnolphe que le cœur de la jeune fille ne s'échauffe que pour les images lointaines, qui ne se reflètent pas tous les jours dans le lac le plus souvent uniforme de la vie en commun. Georges est adoré comme un frère, mais voilà tout.
« Le tuteur de trente ans prend alors un parti héroïque : il quitte sa pupille, va courir les aventures fertiles en dangers, devient, sous un nom d'emprunt, un Jules Gérard, un Bombonel, remplit les journaux du récit de ses prouesses courageuses, a bien soin que l'écho en arrive aux oreilles de Lavinia, persuadé que la vierge romanesque aura quelque penchant instinctif, quelque caprice fantasque pour ce héros séduisant, et finit ainsi par attirer dans ses filets, grâce au chatoiement de l'inconnu, cette alouette un peu légère, dont