‹ Le livre (volume 2)Chapitre 24 sur 107 · I. Bulletin du bibliophile, septembre-octobre · texte numérisé non relu

I. Bulletin du bibliophile, septembre-octobre

LES PROJETS LITTÉRAIRES DE THÉOPHILE GAUTIER gj

r imagination voletait au dehors du aid paisible et sQr. Tel est le canevas : la broderie ne peut plus être faîte par l'artiste délicat dont la main est glace'e.

( Delaunay, le ravissant sociétairede la Comédie-Française, qui avait appris par cœur les premières scènes, pressa bien souvent Gautier de lui donner l'occasion de jouer un aussi gracieux rôle. Le poète n'aimait pas chanter deux fois la même chanson : le vent, comme l'amour, soufBe où il veut ; il a emporté les feuillets épars, bon voyage! Allej, partej mes vers, s'est écrié Théophile, ' ainsi que Boileau, et voilà pourquoi les scènes suivantes sont muettes, s

C'est une véritable perte pour les lettrés que l'absence des dernières scènes de cette pièce, car les parties écrites sont absolument délicieuses, d'une versification tout à fait supérieure, et dignes en tout point du grand écrivain qui les a signées.

Sa dernière oeuvre est celte intéressante et malheureusement incomplète Histoire du romantisme, que lui seul pouvait écrire. La mort brisa sa plume après la publication de quelques chapitres seulement, dont le dernier n'est même pas terminé, i,e Bien j7bWic, oîi tout ce qui existe de l'ouvrage fut imprimé en 1372, ne publia cette page inachevée qu'après la mort de l'auteur..

Il ne nous reste plus à mentionner, pour terminer ce travail, qu'une préfece de Théophile Gautier annoncée en 1876 chez Sagnier, en tète d'un volume de M. Alfred Aubert, intitulé : t Histoire du théâtre Miniature, introduction de Théophile Gautier, dessins de Draner, un volume in-douze. Un franc. ■ Nous en trouvons l'indication sur la couverture d'un ouvrage de M. Louis Durieu : Poèmes couronnés, suivis d'autres opuscules en vers et en prose joyeuse, paru chezSagnier, en février 1876. Ajoutons que cette introduction d'un volume, qui ne vit jamais le jour, n'était autre que l'article publié dans la Gajetle de Paris du iS décembre 1871, sous le titre de Théâtre Miniature.

Puissent ces recherches toutes spéciales et bien incomplètes sans doute sur un des plus remarquables écrivains de notre temps, dont le nom grandit chaque jour davantage, avoir quelque intérêt pour les lecteurs; puissent-elles aussi engager les curieux d'aujourd'hui à entreprendre, tandis qu'il n'est pas trop tard encore, des travaux analogues ii propos d'autres écrivains du xiz* siècle!

Page 1