‹ Le livre (volume 2)Chapitre 25 sur 107 · RENSEIGNEMENTS ET MISCELLANÉES · texte numérisé non relu

RENSEIGNEMENTS ET MISCELLANÉES

LivRis AUX xhchIrgs. — C'est le 6 février que s'est vendue à l'hôtel Drouot une partie de la superbe collection appartenant à M. P.-G. P. (lisez : Guy-Pellîon). Dans notre précédente livraison nous avons parlé de l'heureuse innovation due au libraire chargé de la vente, M. A. Durel, qui, à d'excellentes indications bibliographiques, a joint au catalogue des &c-similés exacts des frontispices d'un grand nombre d'ouvrages précieux.

La vente, qui a duré six jours, a produit la somme totale de 146,533 francs.

Voici quelles ont été les adjudications les plus remarquables : Sentiments d'une âme touchée de Dieu, par M. Massillon, Paris, 1754, 2 vol. in-11, exemplaire aux armes de Louis, Dauphin, père de Louis XVI : 4S5 fr. ; — Sermons du père Bourdaloue, Pans, Rigaad, 1707-1734,16 vol. in-8; exemplaire de la BibliotlièqueTumer:875 fr.; — Imitation de Jésus-Ckrist, Rouen, i656, in-4, édition originale, reliure de Du Seuil : 323 fr. ; — Onmia Platonis opéra. Venetiis, in adibus Atdi et Andréa ioceri, MDXIII, reliure de Thomas; première édition grecque de Platon ; 3oo fr. ; — Discours de la méthode, Leyde, Jean Maire, 1637, in-4, reliure de Chambolle-Duru, édition originale, »35 fr.; — Principes de la philosophie morale, Amsterdam, 1745, i vol.; Pensées philosophiques de Diderot, La Haye, 1 746 ; Lettres sur les aveugles à l'usage de ceux qui voyent, Londres, i-j^q; Pensées sur l'interprétation delà nature, Londres, 1754; Z,e«res sur les sourds et muets, 1751, i vol. ; ensemble 4 vol. in-11, exemplaire de la Bibliothèque Tumer : 5oo fr. ; — Essais de Montaigne, Bordeaux, MDLXXX, a tomes en i vol. in-8 ; reliure du xvi* siècle ; première édition : 980 fr. ; — Le même ouvrage, cinquième édition, Paris, i588, in'4, exemplaire de ta bibliothèque Didot : 6z5 ît.; — Réflexions, ou sentences et maximes morales, Paris, Claude Barbin, MDCLXV, i vol. in-ia; reliure de Thibaron-Joly. Édition originale avec les cartons et le texte pour les pages 69-70, 141-142, 143-144: 85o fr. — Le même ouvrage, cinquième édition, la dernière donnée par l'auteur, Paris, Cl. Barbin, 1678, in-ia réglé; reliure de Du Seuil : 780 fr. ; — Pensées réflexions, au nombre de 2S0, par Vauvennrgues. In-4 de 12 feuilles. Le manuscrit autographe de Vauvenargues contient 25o pensées numérotées en

chiffres arabes, dont plusieurs ont été supprimées dans la première édition, un plus grand nombre dans la seconde, mais qui, ajoute M. Durel, semblent avoir été toutes recueillies dans les éditions de Belin, Brière et Gilbert. Ce manuscrit a été vendu 56o fr. ; — Oraison funèbre de Henriette-Marie de France^ par M. l'abbé Bossuet, Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy, 1669^ in-4, mar. r., reliure de Chambolle-Duru, édition originale : 1,000 fr. ; — Oraison funèbre de Henriette d'Angleterre^ Paris, 1670, in-4, reliure de Trautz-Bauzonnet, édition originale provenant de la bibliothèque Sauvage : 910 fr. ; — Oraison funèbre de très haute et très puissante princesse Anne de Gon^ague de Clèves^ Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy, i685, in-4, édition originale, reliure de Cuzin : 36o fr. ; — Anacréony Sapho, Bion et Moschus, à Paphos et se trouve à Paris, 1773 ; Héroet Léandre^ à Sestos et se trouve à Paris, 1774, a parties en I vol. grand in-8, tiré in-4 sur papier de Hollande, fig. d'Eisen, exemplaire en grand papier de Hollande relié par Derôme, exemplaire de la vente Desbarreaux- Bernard : 1,760 fr.; — Les Métamorphoses d'Ovide^ traduction de Tabbé Banier, Paris, 1 767-1 771, 4 vol. in-4, %• d'Eisen, Moreau, Boucher, etc.; exemplaire de premier tirage, reliure ancienne : 2,000 fr. ; ^ Le Rommant de la Rose, s. 1. n. d. Petit in-folio goth. à 2 colonnes; première édition; provient de la bibliothèque Tumer : i J920 fr. ; —Les Faïf maistre Alain Chartier^ Paris, 1489, in-folio goth. à 2 col., fig. sur bois; i'*éd. des Poésies d'Alain Chartier : 720 fi*. ; — Les œuvres de maistre Francoys Villon^ Paris, MDXXXII, petit in-8, lettres rondes. Cette édition contient diverses pièces re jetées comme étrangères à Villon, dans l'édition de cet auteur donnée en i533 par Çl.Marot. L'exemplaire de M. Guy-Pellion a été adjugé i,5io fr. ; — Œuvres de Clément Marot, Lyon, 1545, I vol. in-8; exemplaire de Sainte-Beuve: i,5iofr. ; — L Adolescence Clé" mentine, autrement les œuvres de Clément Marot, Paris, i532; petit in-8 de 4 feuilles prél., ii5 feuilles chiffrées et i feuille non chiffrée; reliure de Duru. Edition originale, rare et précieuse, dont on ne connaît que 4 exemplaires : celui de la vente Solar acquis par la Bibliothèque nationale, celui du Musée britannique, celui de M. Quentin-Bauchart, qui fut acquis par le baron James de Rothschild et celui-ci qui a été adjugé pour la somme de 5oo fr. ; cet exemplaire provenait de la vente Firmin-Didot (1878); — La suite de l'Adolescence Clémentine, édition originale in-8, reliure de Trautz-Bauzonnet : 5oo fr. ; — Le Miroir de très chrestienne princesse Marguerite de France, Paris, i533, petit in-4 l'églé, lettres rondes, de 36 feuillets à 3o lignes par page. Reliure de Thibaron-Joly. Cette édition, qui s'est vendue i ,900 fr., est restée inconnue à Brunet. Elle a été imprimée par Antoine Augereau. Au dernier feuillet on lit : Povr la royme de Navarre; Marguerites de la Marguerite des princesses^ Lyon, Jean de Tournes, MDXLVII ; deux parties en i vol. in-8, fig. sur bois, reliure du XVI* siècle; exemplaires des bibliothèques Brunet et Paradis : i,5oo fr. ; — Le tombeau de Marguerite de Valois, Paris, i55i, petit in-8, reliure de Lortic: 35o fr. ; — Œuvres poétiques de Mellin de S. Gelais, Lyon, MDLXXIII, in-8, reliure de Trautz-Bauzonnet. Exemplaire de la bibliothèque de Béhague : 321 fr.; — La Bergerie de R. Belleau, Paris, 1572, deux parties en i vol. in-8, reliure de Thibaron-Joly, édition originale : 3o5 fr. ; — Œuvres poétiques de Jean et Jacques de la Taille^ Paris, Morel, 1572-74, 5 parties en i vol. in-8, reliure de Trautz-Bauzonnet : 410 fr. ; — Ewres en rime de Jean-Antoine de.

ptf LE LIVRE

Baif, Paris, Lucas Breyer, i573; les Amours, Paris, Breyer, 1572; les Jeux, Paris, Breyer, i573; les Passe-temps, Paris, Breyer, i5j3; ensemble 4 tomes en 2 vol. in-8 reliés par Duru. Exemplaires de Sainte-Beuve : 85 o fr.; — Œuvres poétiques d'Amadis Jamyn, Paris, iSjb^ in-4, éd. orig. : 3o4fr.; — les Diverses poésies du sieur de la Fresnaie-Vauquelin^ Caen, 1612, petit in-8. Exemplaire de Pirexécourt, de Ch. Nodier et de Sainte-Beuve. A la vente de ce dernier il se vendit 3,io5 fr.; il n'a atteint cette fois que le prix de i,85o fr. S'il faut en croire une note de Sainte-Beuve qui se trouve sur la garde du volume, cet exemplaire aurait autrefois appartenu à la bibliothèque Mazarine et serait sorti de la collection du cardinal Tors de la vente qui se fit par arrêt du parlement. Le Virgile trayesty ^ Paris, 1648-165 3, 7 parties en i vol. in-4; éd. originale : 5oo fr.; — la Pucelle^ Paris, Courbé, i656; gr. in-folio, éd. orig., de la bibliothèque Double : 3io fr. — Œuvres diverses du sieur Boileau^ Despréaux y Paris, Denys Thierry, 1701, 2 vol. in- 12, de la collection Double : 710 fr.; — 197 pièces pour illustrer la Pucelle de Voltaire. Parmi ces pièces se trouvent la suite de Moreau, de l'édition de Kehl, fig. avant la lettre ; la suite des figures de Gravelot; la suite des figures qui lui ont été attribués; là suite de Duplessis-Bertaux pour l'éd. Cazin; la suite des figures de ce même artiste (tirage de Leclerc) , imprimée sur vélin, et la suite de Desenne. Ces 197 pièces ont trouvé acquéreur à 800 fr.; — Œuvres complètes de Grécourt, Luxembourg (Paris), 1764, 4 vol. petit in-12, reliés par Derôme : 720 fr.; — les Baisers, 1770, grand in-8 et les Sens, 1766, grand in-8, les deux ouvrages en grand papier de Hollande, reliés en un seul volume par Derôme : i85o fr.; — Fables choisies mises en vers, par M. de La Fontaine, Paris, Claude Barbin, 1668, in-4, ^^- orig. reliée par Trautz-Bauzonnet : 3,620 fr.; — Le même ouvrage, première édition (Complète en 5 voU in-12 publiée par La Fontaine avec fig. à mi-pages par Chauveau et autres. Le tome I (1678) contient , le carton et le texte primitif pour les pages 85-86 ; le tome II (1678) contient les cartons et le texte pour les pages 9-10 et 47-48. M. Durel ajoute que Jusqu'ici ces cartons n'avaient point été signalés. Le tome III (1678) possède le carton et le texte pour les pages 1 01- 102; enfin le tome IV (1679) contient également le carton et le texte pour les pages 19-20 et i i5-i 16. Cet exemplaire, en reliure ancienne, a été adjugé i,45o fr.; ^ Fables nouvelles, par Dorât, La Haye, 1773, exemplaire en grand papier de Hollande, relié par Derôme : S,ooo fr. ;^ Contes et Nouvelles en vers^ par M. de La Fontaine, Amsterdam (Paris)^ ^7^2, 2, vol. in-8, édition dite des Fermiers généraux : 800 fr. — Le même ouvrage , édition Didot, 1795,' 2. vol. imprimés sur papier vélin; exemplaire contenant la suite des 20 grav. de Fragonard, Mallet et Touzé (avant la lettre); la suite des 57 estampes de Fragonard publiées par Rouquette (épreuves avant toutes lettres) ; le portrait de Fragonard (en deux états, avant la lettre), publié, par LefiUeul; enfin 16 copies des dessins de Fragonard : 2,85o fr. ; — Choix de chansons de Laborde. Pkris, 1773, 4 vol. gr. in-8, reliés par Derôme : 3,88o fr.; — Œuvres de Corneille, Paris, Antoine de Sommaville, MDCXLIV, in-12 de 4 feuil., 654 Pm I feuil. blanc, front, et port., édition originale ; superbe exemplaire, le plus grand connu (h. i36 millim.), relié par Thibaron-Joly: 1,450 fr.; — Cinna ou la Clémence d'Auguste^ Paris, Toussaint Quinet, MDCXLIII, éd. orig. reliée par Duru : 1,010 fr.; — les Œuvres de monsieur de Molière, Paris, Denys

Thierry et Claude Barbin, 1674, 7 vol. in- 12 reliés par Cuzin, éd. orig. : i,o3o fr. ; — l'Estourdy ov les Contre-TempSy Paris, Gabriel Quinet, MDCLXIII, in-i2 de 6 feuil. prél., 118 p. et 1 feuil. banc : 1,260 fr.; — Dépit amwrevx, Paris, Gabriel Quinet, M.DC.LXIII, in-12 de 4 ff. prél. (et non 2 comme l'indique la Bibliographie moliéresque) et i35 p. : gSo fr.; l'Escole des Femmes^ Paris, Guillaume de Luynes, M.DC.LXIII, in-12 de 6 ff. prél., dont une figure, gS p. et un carton paginé 73-74 entre les pages 74 et 75, 1,220 fr. ; — la Critique de VEscole des femmes^ Paris, Estienne Loyson, M.DC.LXIII, in-12 de 6 ff. prél. dont 6 blanc et 1 18 p. : 1,1 5o fr. ; — les Paschevx, Paris, Jean Gvignard, M.DC.LXII; in-12 de 1 1 ff. prél., les fascheux des pages o à 76 inexactement chiffrés et i f. pour le privilège du Roy : i ,3oo fr. ; — le Mariage forcé, Paris, Jean Ribou, M.DC.LXVIII, in-12 de 2 ff. prél. et 91 p. : 1,220 fr. ; — le Misanthrope, Paris, Jean Ribou, M.DC.LXVII, in-12 de 12 ff. prél., y compris le frontisp. et 84 p. : 1,220 fr. ; — le Sicilien, Paris, Jean Ribou, M.DC.LXVIII, in-12 de 2 ff. prél., 81 p., 5 p. pour le privilège et I feuillet blanc : 1,120 fr.; — le Tartuffe^ Paris, Jean Ribou, M.DC.LXIX, in-12 de 12 ff. prél. et 96 p.; exempl. du comte Sauvage : 2,2o5 fr. ; — Monsieur de Pourceaugnac, Paris, Jean Ribou, M.DC.LXX, in-12 de 4 ff. prél. et i36p. : 1,120 fr.; — Amphitryon^ Paris, Jean Ribou, M.DC.LXIX, in-12 de 4 ff. prél. et 88 p. : 1,120 fr.; — l'Avare, Paris, Jean Ribou, M.DC.LXIX, in- 12 de 2 ff. prél. et i5o p. : 1,100 francs; — George Dandin, Paris, Jean Ribou, M.DC.LXIX, in-12 de 2 ff. prél. et ]54 p. : 1,120 fr. ; — les Fourberies de Scapin, Paris, Pierre Le Monnier, M.DC.LXXI, in-12 de 2 ff. prél., 123 p. et 4 p. pour le privilège : i,320 fr. ; — les Femmes savantes, Paris, Pierre Prômé, M.DC.LXXIII, in-12 de 2 ff. prél. et 92 p. : 900 fr.; — le Festin de Pierre, Amsterdam, M.DC.LXXXIII, pet. in-12 de 3 ff. prél. y compris la fig. et 72 p. : 565 fr.; — les Fragmens de Molière^ Paris, Jean Ribou, M.DC.LXXXII, in-12 : 730 fr. Toutes ces pièces de Molière étaient en édition originale et reliées par Trautz-Bauzonnet, à l'exception des Femmes sçavantes, signées Duru et de V Avare, signé Cuzin; — la Thébayde^ Paris, Gabriel Quinet, M.DC.LXIV, éd. orig. reliée par Cape : 3oo fr.; — Alexandre le Grand^ Paris, Pierre Trabouillet, M.DC.LXVI, édit. orig. : 1,900 fr. ; — Andromaque^ Paris, Girard, MD.LXVIII, éd. orig. signée Lortic : 1,000 fr.; — les PlaideurSy Paris, Claude Barbin, M.DC.LXIX, reliure de Trautz-Bauzonnet : 33o fr.. — Britannicus, Paris, Claude Barbin, M.DC.LXX, éd. orig.; reliure de Cuzin : 270 fr. ; — Bérénice, Paris, Claude Barbin, M.DC.LXXI, édit. orig., reliée par Chambolle-Duru : 1 5 1 fr. ; — Baja^et, Paris, Pierre Le Monnier, M.DC.LXXII, éd. orig.; reliure de Cuzin : 200 fr.; — Mithridate, Paris, Cl. Barbin, M.DC.LXXIII, éd. orig. reliée par Belz-Niédrée : 160 fr.; — Iphigénie, Paris, Cl. Barbin, M.DC.LXXV, éd. orig. reliure de Thibaron-Joly : 45ofr.; — Phèdre et Hippolyte, Paris, Jean Ribou, M.DC.LXXVII, éd. orig. en 78 p. , reliée par Cape : 450 fr. ; — Esther^ Paris, Denys Thierry, 1689, éd. orig. : 460 fr. ; — Athalie, Paris, Denys Thierry, éd. orig., reliure de Hardy : 440 fr.; — les comédies suivantes de Regnard, toutes en éditions originales, reliées en mar. vert par Cuzin, ont été adjugées pour le prix de 2,980 fr. : Attendez-moi sous l'orme^ Paris, Guillain, M.DC.XCIV; — le Bourgeois de Falaise, Paris, Guillain, M DCXCIV ; — la Sérénade, Paris, Guillain, M.DC.XCV; IV. i3

— le Distrait, Paris, Pierre Ribou, M.DC.XCVIII; — Démocrite, Paris, Pierre Ribou, M.DC.C. ; — le Retour imprévu, Paris, Pierre Ribou, M.DCC; — les Folies amoureuses, Paris, Pierre Ribou, [M.DC.XCIV; — les Menechmes, Paris, Pierre Ribou, M.DCCVI; — le Légataire universel, Paris, Pierre Ribou, M.DCCVIII; — la Critique du légataire, Paris, Pierre Ribou, M.DCCVIII; — Crispin, rival de son maître^ Paris, Pierre Ribou, M.DCCVII, éd. orig., reliure signée Lortic, 3io fr. ; — Turcaret, Paris, Pierre Ribou, MDCCIX, édit. orig. reliée par Cuzin : 3oo fr. ; — le Legs, comédie de Marivaux, Paris, Prault, MDCCXXXVI, éd. orig., reliure de Cuzin : 195 fr. ; — la Folle Journée, Paris, de rimprimerie de la Société littéraire typographique, 1785, g. in.-8*, reliure ancienne : 290 fr. ; — les Amours pastorales de Daphnis et Chloé, s. 1. (Paris), 1718, petit in-8, édition dite du Régent : 590 fr.; — la Vie inestimable du grand Gargantua, Paris, MDXXXVII, in- 16 goth. de 119 f. : 400 fr.; — Œuvres de maistre François Rabelais, éd. de Duchat, Amsterdam, 1741, 3 vol. in-4 : 255 fr. ; — la Relation de l'isle imaginaire et V Histoire de la princesse Paphla^ gonie, in-8, M.DC.LIX (par la duchesse de Montpensier). Exempl. de l'édition originale imprimée à Bordeaux par les soins de Segrais et tirée à 100 exemplaires pour Mademoiselle et ses amis : 670 fr. ; — les Amours de Psyché et de Cupidon, Paris, Cl. Barbin, MDCLXIX, éd. orig., reliure ancienne : 25o fr.; — Zayde, histoire espagnole, Paris, Cl. Barbin, MDCLXX, éd. orig., reliure de ChamboUe-Duru : 270 fr.; — la Princesse de C lèves, Paris, Cl. Barbin, MDCLXXVIII, 4 tomes en 2 vol. in-12 reliés par le précédent, éd. orig. : 440 fr. ; — Suite du quatrième livre de l'Odyssée d'Homère, ou les Aventures de Télémaqucy fils d'Ulysse, Paris, Cl. Barbin, MDCXCIX, éd. orig.; reliure de Cuzin : 3o5 fr. ; — les Avantures de Télémaque, Paris, Florentin Delaulne, 171 7, 2 vol. in-12 reliés par ChamboUe-Duru. Éd. orig. Hauteur : 169 mill. : 3o5 fr. ; — le Diable boiteux^ Paris, veuve Barbin, MDCCVII, éd. orig. ; reliure de Cuzin ; exemplaire provenant de la bibliothèque Sauvage : 595 fr. ; — Histoire de Gil Blas de Santillane^ Paris, Pierre Ribou, 4 vol. in-12, éd. orig., 1725, pour les tomes I et II, 1734, pour le tome III et 1735 pour le tome IV : 2,400 fr. ; — Mémoires et Avantures d'un homme de qualité, Amsterdam, 1731, 7 vol. pet. in-12, reliés par Thibaron-Joly : 400 fr. ; — Romans et Contes de M. de Voltaire, à Bouillon, aux dépens de la Société bibliographique, 1778, 3 vol. in-8, fîg. de Mari41ier, Monnet, Moreau, reliure ancienne : 25o fr. ; — le Paysan perverti^ La Haye et Paris, 1776, 4 vol. in-12 : 191 fr. ; — la Paysanne pervertie^ à La Haye, et se trouve à Paris chez la veuve Duchesne, 1784, 4 vol. in-12, première édition : 190 fr.; — les Cent Nouvelles nouvelles, Cologne, P. Gaillard, 1701, 2 vol. pet. in-8 : 410 fr. ; — Histoire des amans fortune^, Paris, Robinot, i558, in-4 vélin; édition originale très rare de VHeptaméron. Cet exemplaire, sorti de la bibliothèque Solar, est incomplet de 2 feuillets : 600 fr. ; — l'Heptaméron, Paris, Vincent Sextenas, i559, in-4 réglé de 6 f. prél., 212 f. chiffrés et 2 f. non chiffrés, seconde édition de l'Heptaméron ^ mais la première offrant un texte authentique et renfermant les 72 nouvelles : i,5oo fr. ; cet exemplaire est revêtu d'une reliure qui passe pour être un des chefs-d'œuvre de Lortic ; — Heptaméron françois, Berne, 1 780, 3 vol. in-8, fig. de Frendenberg ; cet exemplaire, qui porte sur la reliure le nom de Frendenberg, paraît avoir appartenu à cet artiste ; il a été adjugé pour le prix de

800 fr.; — les Nouvelles récréations et joyeux devis de feu Bonaventure des Périers, in-8. édit. orig. Bel exemplaire provenant des bibliothèques Pichon et Paradis : 1,200 fr. ; — le Décaméron de Jean Boccace^ Londres (Paris), lySy- 1761, 5 vol. in-8; superbe exemplaire avec la suite des vingt figures doubles et leur titre : Estampes galantes : i,3oo fr.; — le Grand Dictionnaire des Pré" tieuses^ Paris, 1661, 3 part, en i vol. in-8, exemplaire de Ch. Nodier, relié par Padeloup : 40 5 fr. ; — Œuvres du seigneur de Brantôme, La Haye, 1740, 1 5 vol. petit in- 12, exemplaire aux armes du duc d'Aumont : 3oo fr. ; — Œuvres meslées de Saint-Evremont, Londres, 1 709, 2 vol. gr. in-4, exempl. en grand papier : 240 fr. ; — Discours sur Vhistoire universelle, Paris, Sébastien Mabre- Cramoisy, 1681, gr. in-4, cd. orig., exempl. en grand papier : 52ofr. ; — lèpremier (second tiers et quart) volume de Froissart des Croniquesde France, d'An* gleterre, d'Escoce, etc., Paris, imprimé par Michel Le Noir, i5o5, 4 tomes en 3 vol. pet. in-folio : 1,000 fr. ; — Mémoires du cardinal de Ret^, Amsterdam, 1731, 4 vol., — Mémoires de Guy Joly^ Amsterdam, 1739, 2 vol.; — Mémoires de madame la duchesse de Nemours^ Amsterdam^ 17^89 i vol. ; ensemble 7 vol. in- 12 reliés par Padeloup : 3 20 fr.

La place nous fait défaut pour parler des autres ventes qui ont eu lieu le mois dernier; leur intéi*êt, d'ailleurs, disparaissait en présence de la collection Guy-Pellion. Nous ne pouvons toutefois passer sous silence la vente de la seconde partie de la bibliothèque de M. de Sinety; elle comprenait principalement des ouvrages imprimés en Provence et relatifs à cette contrée.

(^■^ A propos du fac-similé tiré à quarante exemplaire d'un manuscrit admirable du poète Vatel appartenant au duc d'Aumale. Tous les journaux se sont empressés d'écrire que le duc bibliophile avait tenu à faire don d'un exemplaire de ce curieux fac-similé à chacun de ses confrères de l'Académie française.

C'est là une erreur manifeste, et nous tenons de Ms^ Henri d'Orléans lui-même que cette reproduction (faite à 40 exemplaires par les soins de M. Emmanuel Bocher, à la maison Goupil) a été distribuée aux membres de la Société des grands Bibliophiles français.

Le- noble duc a eu en outre la courtoisie d'adresser une copie héliogravée de sa préface à tous ses collègues de la Société des il mis des Livres^ dont il est président d'honneur.

(^■^ On a vendu, le mois dernier, à l'hôtel Drouot, un exemplaire unique au monde des œuvres de Voltaire. Cet exemplaire, provenant de la collection d'un amateur bien connu, M. V. de Saint-Mauris, était de l'édition Beuchot, en grand papier vélin, soixante-douze volumes divisés en quatre-vingt-neuf. Mais ce qui caractérisait cet exemplaire^ c'était l'illustration spéciale qu'y avait introduite M. de Saint-Mauris. Tant en gravures, eaux-fortes, cartes autographiques, etc., on ne comptait pas moins de onze mille huit cents pièces dans les feuillets de cet exemplaire. L'état de conservation de ce Voltaire, orné d'ailleurs d'une magnifique reliure, était absolument irréprochable. L'adjudication a été prononcée sur le chiffre de 5,700 francs.

s^É^ Le 3o janvier dernier^ a eu lieu la vente d'une fort importante collection

xoo LE LIVRE

d'autographes. Deux documents ont atteint le prix de 5, ooo francs; c'est d'abord le testament de Voltaire, daté du lo juillet 1769, et dont la dernière phrase est celle-ci : « Je ne dois que le courant; toutes mes affaires sont en règle » ; puis le manuscrit original de la procédure faite à Paris pour la canonisation de saint Vincent de Paul.

Un dossier relatif au procès et à l'exécution de Louis XVI a été payé 2,000 francs. Parmi les quatorze pièces dont il se compose se trouve l'original de l'arrêté de la Comq^une invitant les citoyens à illuminer a pendant tout le temps que durera le procès de Louis Capet et de sa famille » ; les originaux de l'arrêté décidant que, pour prévenir des troubles pendant lesquels on essayerait de « soustraire à la puissance de la loi un grand coupable », les théâtres seraient fermés le 14 janvier 1793, jour du jugement; les originaux des traités de la Commune et du département de Paris réglant les mesures de précaution le jour de l'exécution : « Les sections sont invitées à rester en permanence, à tenir tous les citoyens sous les armes, à ne permettre à qui que ce soit, même aux femmes, de circuler dans les rues. »

Le roi de Hollande, qui est un des grands collectionneurs de notre temps, a fait acheter pour son compte trois lettres de Gentz d'un très grand intérêt pour l'histoire de i8o5, 3,o5o francs, et 34 lettres de la duchesse de Civrac, dame d'honneur des filles de Louis XV, contenant des détails fort intéressants sur la cour, i,5oo francs. Le duc d'Aumale a fait acheter, de son côté, pour 2o3 francs, une lettre de Dumouriez au secrétaire de son père, alors qu'il était duc d'Orléans et qu'il cherchait du service en Espagne contre Napoléon I*".

La collection contenait un certain nombre de documents autographes sur quelques-uns des généraux les plus célèbres de la République et de l'empire ; trente-deux lettres adressées à Marceau, soit par d'autres généraux, soit par des conventionnels, ont été vendues 700 fr.; une lettre de Davout, i5i fir.; quarante et une lettres de Kellermann, 600 fr.; quatre lettres du même à sa maîtresse, 35o fr.; cinq lettres de Mouton, comte de Lobau, 25o fr.; trois lettres du comte de Montholon, 5 10 fr.; un manuscrit autographe de Ney sur un plan de bataille, 600 fr.

Citons encore comme ayant atteint des prix élevés, une simple lettre de compliment de la belle et célèbre BiancaCapello, 600 fr.; la minute autographe d'une lettre de conseils de Louis XIV à Philippe V, 1,000 fr.; une lettre de M»* de Maintenon, i,3oo fr.; une lettre de Georges de Scudéri, 5o5 fr.; une lettre par laquelle Voltaire soumettait à J.-B. Rousseau le plan de la Henriade, 1 ,000 fr.

C^^^ Il a été dernièrement procédé à la vente des ouvrages de musique composant le fonds d'édition de Léon Escudier, décédé l'année passée.

La vente a eu lieu en l'étude de M' Cherrier, notaire.

L'estimation générale des ouvrages formant le fonds s'élevait à 53o,ooo fr.; mais un grand nombre de ces ouvrages n'ont pu être vendus : les mises à prix de chaque lot ayant été fixées par la justice ne pouvaient être abaissées, et la plupart d'entre elles ont paru trop élevées. Les ouvrages non vendus seront remis aux enchères dès qu'un nouveau jugement aura établi des mises à prix moins fortes.

CHRONIQUE DU LIVRE toi

Le fonds de Léon Escudier comprenait un grand nombre de partitions, notamment la plupart de celles de Verdi ; voici les prix auxquels quelques-unes ont été adjugées.

Les ventes comprennent les planches et les exemplaires existant en magasin, ainsi que la propriété pour la France.

M. Léon Grus a acheté la partition de Rigoletto qui, mise à prix à 54,5oo fr., a monté jusqu'à 62,000 fr., frais compris.

La Traviata a été acquise pour 72,000 fr., frais compris, par M. Benoît.

Aïda^ mise à prix à 90,500 fr., n'a pas trouvé d'acquéreur.

MM. Heugel et fils ont acheté un Ballo in maschera et le Roi l'a dit, ouvrage de M. Léo Delibes, représenté en 1874 à l'Opéra-Comique.

M. Henry Lemoine a fait l'acquisition de Maître Pathelin, de François Bazin, et Bataclan, de Jacques Offenbach, est échu à M. Bathlot, qui s'est fait adjuger aussi Bonsoir, monsieur Pantalon, de Grisar.

MM. Choudens et fils ont payé dans les environs de 40,000 fr., un lot de partitions de Verdi, comprenant A //t'/a, Gioyanna d*Arco, Aroldo, I due Fiscari, Luisà Miller, Macbeth^ I Ma'snadieri, Alsira, la Bataglia de Legnano, El Finto Stanisla, Stifelio, La douzaine y est bien.

Les autres ouvrages de Verdi, la For^a del destino, Don Carlos^ Emani, les Vêpres siciliennes, Jérusalem, etc., n'ont pas trouvé d'acquéreur. La messe de Requiem du même maître, sur la mise de 5,5oo fr., a été retirée sans enchère.

Le lot des partitions de M. Âmbroise Thomas, comprenant le Caïd, le Songe d'une nuit d*été, le Tonelli et Raymond ou le Secret de la reine, a été mis à prix à 87,000 fr. et retiré également.

Même sort pour les partitions d'Auber, Gustave III^ le Premier jour de bonheur y la Fiancée du roi de Garbe^ Rêve d'amour, ainsi que pour la Magi* cienne, d'Halévy ; le Pierre de Médicis, du prince Poniatowski ; le Dom Sébas^ tien, de Donizetti, et les partitions des frères Ricci; une Folie à Rome; Cris^ pino e la Comare, etc.

Quelques personnes ont été étonnées de ne point voir figurer dans cette vente la partition du Trovatore, une de celles qui avaient le plus contribué à la fortune du fonds Escudier : elles ignoraient que la propriété de cette œuvre avait été cédée, il y a quelques années, pour cent mille francs, à l'éditeur Benoît.

Le total des ventes effectuées dans cette séance s'est élevé à la somme de 216,000 fr.

(^É^ Ventes annoncées. — Du 20 mars au 3 avril, le libraire Chossonnery mettra en vente à la salle Sylvestre une superbe collection de livres, de journaux et de documents relatifs à la Révolution française. Cette collection est celle de M. Poche t-Deroche. C'est dans le cabinet de cet amateur que M. Eug. Hatin rédigea sa Bibliographie historique et critique de la presse périodique française.

(^É^ Vente de la bibliothèque de William Beckford, — On ne connaît en France William Beckford que d'une façon assez vague; c'était un personnage excen-

loa LE LIVRE

trique, écrivain fort habile à ses moments de repos (son Vatheky conte oriental qu'il composa en langue française, conserve encore sa réputation, et, ce qui ne gâte rien, possesseur d'une fortune des plus considérables ; lord Byron qui l'envisageait avec admiration rappelle le plus riche des fils de l'Angleterre; ^n^/^nJ'j wealthiest son). Il érigea un château splendide, Fonthill Abbey, qu'on regarde comme une des merveilles du monde, et qu'il vendit en 1 822 pour la somme assez respectable de 33o,ooo livres sterling. Il s'était réservé des tableaux, des livres, des objets d'art, qui furent livrés en l'année suivante à une vente publique qui dura trente-sept jours ; il se retira à Buth où il mourut en 1844 à l'âge de quatre-vingt-quatre ens, employant ses loisirs et son argent à réunir des livres précieux. Il avait toujours aimé les livres; on raconte qu'il acheta en bloc la bibliothèque de l'historien Gibbon, mort à Lausanne et qu'il la laissa toujours enfermée sous clef dans cette ville, en disant que s'il y allait un jour, il trouverait de quoi lire.

En 1810, Beckford maria une de ses filles au comte Alexandre Douglas devenu en 1819 duc d'Hamilton, par suite de la mort de son père; il lui légua tout ce qu'il possédait. Sa magnifique bibliothèque, transportée à Hamilton Palace, y est toujours restée depuis. Une première vente aura lieu au mois de juin; le catalogue rangé d'après Tordre alphabétique comprendra les lettres A à F.

On sait d'avance que les amateurs se trouveront en présence de livres d'élite, édités par les Aide et les Elzevier, d'exemplaires aux armes de François I*', d'Henri II et de Diane de Poitiers, de De Thou et autres personnages illustres. Devançant le goût des amateurs actuels pour les reliures du xviii* siècle, Beckford avait réuni un grand nombre de volumes ayant passé par les mains de Padeloup et des Derome. Un des grands libraires de Londres, M. Bohn, a adressé au Times une lettre dans laquelle il exprime l'idée que la bibliothèque Beckford offre aujourd'hui une valeur de 5o,ooo livres sterling (1,120,000 fr.); il en offrit en bloc 3o,ooo livres sterling avant i85o, à un moment où le duc d'Hamilton avait l'intention de la vendre ; mais la duchesse s'y opposa, par respect pour la mémoire de son père.

Ce sera un grand jour dans les fastes de la bibliophilie, lorsque commencera cette retentissante auction.

Après la vente Beckford aura lieu celle du duc d'Hamilton» elle ne lui cédera en rien. Nous en reparlerons. — G. B.

(^Il^ Dans une séance de l'Académie des inscriptions et belles-lettres tenue deraièrement, M. L. Delisle a annoncé qu'une lacune existant dans le plus iiacien manuscrit que nous aient conservé les annales de Georges Cedrenus venait d'être comblée. Il s'agit d'un ancien volume copié au xiv* siècle, que Fiançois I*' fit mettre dans sa bibliothèque de Fontainebleau et qui est aujourd'hui le n* 171 3 du fonds grec à la Bibliothèque nationale. On reconnut qu'il existait dans la bibliothèque de Bâle une quinzaine de feuillets paraissant provenir du n* 1713.

M. Sieber, bibliothécaire de l'université de Bâle, mit M. Delisle à même de vérifier la conjecture, et après un échange de photographies et d'observations^ il fut constaté que les feuillets de Bâle étaient du même parcherjin, de la même

CHRONIQUE DU LIVRE io|

écriture que le manuscrit de Paris et, de plus, que leur finale s'adaptait exactement au début d'une page de ce dernier manuscrit. La distraction des feuillets était antérieure à l'époque où le volume devint la propriété de François!".

Delisle proposa un échange. Le conseil d'administration de la bibliothèque de Bâle répondit gracieusement en autorisant M. Liéberà remettre purement et simplement à la Bibliothèque nationale les quatorze feuillets provenant du manuscrit royal.

c En m'annonçant cette décision, qui fait tant d'honneur aux sentiments des administrateurs de la bibliothèque de Bâle, et dont nous garderons le plus reconnaissant souvenir, M.Siéber, ajoute M. Delisle, a bien voulu me renseigner sur les circonstances qui avaient amené à Bâle les fragments des Annales de Cedrenus. Ces feuillets ont été trouvés à la fin d'un gros manuscrit renfermant les œuvres de saint Jean Chrysostome, apporté à Bâle et légué au couvent des dominicains de cette ville par Jean de Raguse en 1443.

Il y avait des lacunes dans le volume de saint Jean Chrysostome ; pour les combler et se procurer le parchemin nécessaire, on se mit à racler quelques feuillets d'un manuscrit de Cedrenus, déjà sans doute incomplet. Il paraît donc certain que notre manuscrit de Cedrenus, auquel François I" fit mettre la belle reliure ornée de fleurs et des armes de France, de fleurs de lis, de grands F couronnés, que nous admirons aujourd'hui, est arrivé d'Orient en même temps que saint Jean Chrysostome. Le cardinal Jean de Raguse avait été député à Constantinople, en 1433, par les pères du concile de Bâle, avec des instructions dont un article était conçu en ces termes : « Date operam perquirendi libros auctorum graecorum antiquorum ( s'occuper de rechercher les livres des anciens auteurs grecs )».

f J^nf La vente Rochebilière ou Antoine Rochebilière. — Notre siècle, qui est par excellence le siècle de la curiosité, possède aussi entre tous le privilège d'avoir des spécialistes incamés dans telle ou telle époque, ne vivant que par elle ou pour elle, respectés et consultés à ce titre, comme s'ils avaient réellement vécu au temps qu'ils connaissent si bien. Mon collègue Rochebilière comptait parmi ces experts d'un autre âge. C'était le xvn" siècle fait homme et bibliothécaire. Dès la vingt- quatrième année, sa chevelure précocement argentée semblait avoir voulu se faire aussi vieille que les objets de sa constante prédilection, mais l'œil restait noir et vif, ses jambes ne se lassaient point de faire chaque jour entre quatre et cinq heures la ronde des bouquinistes du quai, à moins que Sainte-Beuve ne l'appelât, pour causer de Port-Royal, dans son ermitage de la rue Montparnasse. Depuis quinze ans, les libraires trouvaient qu'il n'achetait plus. Et à dire vrai, c'était parce qu'il avait tout acheté. Toutes les éditions du grand siècle, il les possédait en son logis de la rue Saint-Maur; il ne s'était pas contenté de les aligner sur ses rayons, il les avait lus, relus, épluchés et annotés de la bonne manière, car c'était un critique implacable ; son recueil d'errata est immense ; il embrasse, au point de vue typographique comme au point de vue de l'histoire littéraire , toutes les éditions de ses auteurs favoris. Il y a là de quoi faire le désespoir des éditeurs passés, mais aussi la joie des éditeurs futurs. Et à vrai dire, c'est là l'œuvre unique de Rochebilière. L'examen

prolongé d'autrui amèae presque toujours ainsi les plus purs k cette sorte de suicide littéraire causé par un sentiment trop vif de la perfection. Cas d'autant plus regrettable qu'il y avait chez lui une vocation vraie. Graveur de son métier, dés l'Sge de quatorze ans, il consacrait à l'achat de vieux livres le peu d'argent qu'il pouvait gagner. Vers 1814, les cours de Cousin décidèrent absolument de sa vie qui resta vouée au xvii* siècle. Les trouvailles étaient possibles ; alors, on n'entassait pas les billets de banque sur les éditions originales, on pouvait se livrer avec quelque bonheur à la chasse discrète des raretés qu'on ne se lasse plus de coter en hausse aujourd'hui.

Nommé bibliothécaire à laNationale, puis à Sainte-Geneviève, Rochebilière devint rapidement le fournisseur accrédité des auteurs qui se risquaient sur son terrain. Il n'en est guère, et des meilleurs, qui n'aient irappé à sa porte. Walckenaer le consulta pour ses éditions classiques; Basse, pour son Pascal; Gilbert, pour son Vauvenargues ; Monmerqué, pour ses Lettres Je Af"» de Sévigné... Tous ces consulteurs ont disparu aujourd'hui, et c'est l'arsenal où siégeait leur consultant qui va se disperser aus enchères. On y verra bien des raretés ; les Molière de 1666 et 1683, la Prétieuse de l'abbé de Pure, les éditions originales de Racine et de Corneille; une suite du La Bruyère avec des cartons et des clefs à l'infini ; un Bossuet sur grand papier, aux armes de Condé ; Oraison funèbre d'Annede Goitjague ; lesConlesde La Fontaine de i665 et de 1674, ses Fables de 1668; les Provinciales dt 1657; unBoileau de 1675; les La Rochefoucauld de 1664 et de i665; des Montesquieu de toute rareté, pour ne citer qu'une éditiondes Considérations de 1734.

Dans cette galerie si complète et si unifiée ont pris place cependant deux modernes. Ces intrus s'appellent Béranger {Chansons morales et autres. Paris, Eymery, 1816) et Victor Hugo (Oifes et poésies diverses). iSaaJ. — Mais il faut se reporter à la date de la naissance de Rochebilière (11 août i8ii)et lui pardonner ces deux faiblesses, qui coûteront probablement encore plus cher ^ '''«"»"■ L. Larcbey.

CROQ.UIS ROMANTIQ UES

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