‹ Le livre (volume 2)Chapitre 81 sur 107 · BENVENUTO CELLINI ÉCRIVAIN · texte numérisé non relu

BENVENUTO CELLINI ÉCRIVAIN

Le manuscrit égaré devait causer des regrets d'autant plus amers qu'une copie de moindre valeur sans doute, mais intéressante aussi, avait également disparu depuis longtemps. Nous voulons parler de celle dont Baldinucci avait extrait plusieurs passages pour les publier dans sa Vie du Primatice^ et qu'il assurait avoir vue chez les héritiers d'un Andréa Cavalcanti >.

Cependant l'année 1728 vit paraître une édition imprimée de l'œuvre de Cellini. C'était la première, et l'honneur en revient à Antonio Cocchi. De quel texte l'éditeur s'était-il servi ? Quand et comment la copie en avait-elle été prise? On l'ignore; mais on a reconnu depuis que la leçon laissait beaucoup à désirer. Néanmoins, elle donna une vive satisfaction à la curiosité, et son succès fut prompt dans la république des lettres. Bien que cette première édition porte la marque de Cologne, on sait qu'elle a été imprimée à Naples.

En 177 1, Thomas Nugent en publia une traduction anglaise à Londres. Le texte du manuscrit dont s'était servi Cocchi étant non seulement inexact, mais souvent inintelligible par la faute du copiste, Nugent s'appliqua moins à rechercher la vraie pensée de l'auteur qu'à mettre de la clarté dans sa traduction, d'où il résulte que celle-ci ne peut plus être considérée comme la reproduction fidèle de l'œuvre aujourd'hui restituée de Cellini*. .

Gœthe, se servant à son tour de l'édition Cocchi, en donna une traduction allemande, qui est élégante et serre de plus près l'original. Elle a été publiée à Tubingen en i8o3.

l-a traduction française ne vient que la troisième dans l'ordre des dates, puisqu'elle ne parut qu'en 1822. Elle eut pour auteur T. de Saint-Marcel. C'est une œuvre d'une lecture agréable, mais on lui reproche avec raison de nombreuses erreurs dans les noms des personnes. Antérieurement à celle-ci, une autre traduction française avait, dit-on, été écrite par le général Dumouriez vers l'année 1777 ; mais elle n'a jamais été publiée •.

Quant aux éditions italiennes, elles s'étaient succédé sans d'abord s'améliorer. Pourtant, à défaut du manuscrit original perdu, deux copies existent à Florence, l'une à la Bibliothèque Magliabecchiana, l'autre à la Làurenpana; celle-ci est de beaucoup supérieure à la première.

En 1806, l'érudit abbé Palamôde Carpani, de Milan, eut la louable intention de publier la vie de Cellini revue sur la leçon de cette dernière copie; mais, par un concours de circonstances dans lequel sa bonne foi fut surprise, il donna le texte Magliabecchiano^ alors qu'il était fermement convaincu de donner le texte Laurem^iano. Il ne s'en aperçut qu'en imprimant les dernières feuilles de son édition, et il confessa ingénument son erreur. Quelques années plus tard, en 1821, il eut la satisfaction d'en présenter une édition nouvelle, celle-là confrontée avec le Codice Laurenpano et enrichie de notes nombreuses, qui l'ont fait à bon droit rechercher. Et le consciencieux abbé n'aurait guère pu être surpassé par un autre éditeur, si le texte original n'avait pas été retrouvé.

I. Cet Andréa ne doit sans doute pas être confondu avec TAndrea^ fils de Loreozo, possesseur aloux du manuscrit original. — Voir Tassi, t. II, p. 198, note a.

s. Thomas Roscoe, en 1823, a publié une seconde traduction anglaise, celle<i d'après l'édition de P. Carpani.

3. Annuaire nécrologique de A. Mahul, octobre 1823. Paris, Ponthleu, Palais-Royal.

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