ANT.-LAUR. POTIER
anéanti ses espérances. Au mois de décembre 1866, il avait perdu presque subitement son fils unique, Eugène Potier, âgé de trente-quatre ans, qui devait lui succéder très prochainement. Depuis lors, le pauvre père n'avait eu qu'une idée, celle de renoncer aux tracas du commerce le plus tôt possible. Il fallut les sympathiques encouragements, les conseils et les prières de ses amis les grands bibliophiles, pour le décider à rester à la tête de sa librairie après ce deuil cruel. Ces encouragements et ces sympathies ne lui manquèrent pas, ainsi que je puis le constater en ouvrant un livre de souvenirs que j'ai sous les yeux et dans lequel il a réuni les nombreuses lettres affectueuses qu'il reçut lorsque ce grand malheur vint le frapper.
En abandonnant le commerce, M. Potier se promettait bien de ne pas dire adieu à ses études de bibliographie, et il avait aussi promis à plusieurs amateurs, auxquels il était attaché d'amitié, de leur prêter son concours pour dresser des notices raisonnées de leurs bibliothèques. C'est ainsi que dans ces dernières années il se vit obligé, par ses promesses et pour rendre service à des amis, de rédiger les catalogues de collections remarquables comme celles de feu M. F. Soleil, caissier principal de la Banque de France, dont la vente fut faite le 22 janvier 1872; — de M. L. de M*** (Lebeuf de Montgermont), 27 mars 1876; — de Rob.-S. Turner, 12 mars 1878; — de J. Taschereau, administrateur général de la Bibliothèque nationale, 1" avril 1875.
Enfin il se disposait à présider encore successivement aux ventes des bibliothèques de M. Ern. Quentin- Bauchart, de feu M. H. Jordan, de M. J. Renard, et de feu M. le marquis de Ganay, dont il avait dressé les catalogues, lorsque la terrible maladie, qui l'avait déjà cloué sur son lit à plusieurs reprises sans l'abattre ni le décourager, vint le frapper de nouveau et l'enlever en cinq jours à sa famille et à ses amis.
Depuis deux ans environ il souffrait, par intermittences, d'une affection très douloureuse des reins. A la suite d'une grande fatigue, occasionnée par une longue course en voiture, l'inflammation se déclara avec une intensité terrible et détermina une fièvre violente, qui causa une congestion au cerveau, et malgré tout ce que les médecins purent faire pour la combattre, il mourut, le 9 février 1881, au milieu d'affreuses souffrances.
Les sympathies n'ont pas fait défaut à la mémoire de cet homme de bien ; nous avons vu, au milieu d'une foule nombreuse qui suivait son convoi, presque tous ceux qui avaient été d'abord ses clients et étaient devenus ensuite ses amis, entre autres : M. le comte de LigneroUes, M. le baron J. Pichon, président de la Société des bibliophiles français ; M. le comte de Mosbourg, M. Bocher, M. Dutuit, le fameux bibliophile rouennais; M. le baron James de Rothschild, M. Eugène Paillet, M. Piquet, M. de Fresne, M. Quentin-Bauchart, M. Maurice Delestre, etc. ; les principaux libraires, M. Porquet, M. Labitte, M. Claudin, M. Fontaine, M. Rouquette, MM. Morgand et Fatout, M. de Saint-Denis, M. Etienne Charavay, M. Cretaine, qui est maintenant le doyen de la librairie française, et qui, malgré ses quatre-vingt-quatre ans, était venu à pied se joindre au cortège; et beaucoup d'autres, dont la tristesse témoignait assez de l'attachement qu'ils avaient porté à celui que nous pleurons.
M. Potier laisse une fille, M"** veuve Desbouis, à laquelle cette mort prompte et inattendue a porté un coup terrible; car elle, qui s'était dévouée depuis
lao LE LIVRE
longtemps à adoucir les dernières années de son père et à lui aider à supporter les chagrins successif qu'il avait éprouvés, ne prévoyait pas une fin si subite. Elle avait réussi tant de fois, h force de tendres soins, à lui rendre la santé, qu'elle espérait bien encore parvenir k vaincre le mal. Mais la nature, si forte pourtant, de cet' homme cruellement éprouvé, avait fini par s'user au choc de grandes douleurs, comme celles qui l'avaient &appé, lorsqu'il avait perdu, en peu d'années, son gendre, son fils, sa belle-mére, sa femme et un de ses frères, qu'il aimait particulièrement. Il succomba.
Je demande à M" Desbouis la permission de lui envoyer, b elle et fa sa fiimille, avec l'expression de mes regrets personnels, l'assurance de mes plus respectueuses sympathies; et je la prie de me pardonner si ces quelques pages sont trop indignes de celui qu'elle a eu la douleur de perdre. Elle savait l'attachement que i'avais pour son père, et elle excusera, je l'espère, l'imperfection de cette notice, en raison du profond sentiment d'afiection et de reconnaissance qui m'a poussé à l'écrire.
Jules Le Petit.
las LE LIVRE
avait dans la seconde partie de la collection des bibliophiles bordelais nombre de volumes remarquables à tous égards. Voici au surplus leurs titres accompagnés du prix auquel ils ont été vendus : Bible de Mortier, avant les clous: go fr ; Nouveau Testament, 3 vol. in-4% figures de Marillier avant la lettre : j5 fr.; la Céramique japonaise : 280 fr.; Histoire générale de la tapisserie : m fr.; les Émaux de Petitot, 2 vol. in-4<* : 59 fr. ; /e Mobilier de la couronne^ 3 vol. in-4° : 61 fr.; les Illustres français, par Ponce, i vol. in-folio : 84 fr.; Fabliaux ou contes, par Legrand d'Aussy, 5 vol. in-8*, figures de Desenne : 97 fr. ; les Grâces^ par Meunier de Querlon, i vol. in-8®. Paris, 1769, exemplaire en papier de Hollande : i5o fr.; Recueil des meilleurs contes en vers (par La Fontaine, Voltaire, Grécourt,etc.),4 vol. in- 18. Londres (Cazin), 1778 : i54fr.; Recueil de Maurepas, Leyde (Bruxelles, J. Gay), i865, 6 vol. in- 12 : 95 fr. ; les Métamor^ phoses de Melpomène et de Thalie : 3y fr.
Monsieur Nicolas ou le cœur humain dévoilé, par Restif de la Bretonne, 8 vol. in-i2 : 2.75 fr. ; collection Cazin; choix de poésies, romans et autres ouvrages en vers et en prose. Londres et Genève, 1 772, et années suivantes, 83 vol. in-i8 : i56 fr,; Raretés bibliographiques, Paris, Genève, San-Remo, Turin, etc., 1862-1875, 170 vol. in-i6 : 675 fr.; Voyages en France^ par La Mésangère, Paris, 1798, 4 vol. in- 18, exemplaire en papier vélin, figure avant la lettre : 200 fr. ; Archives curieuses de l'histoire de France depuis Louis XI jusqu'à Louis XVIII, 27 vol. in-8* : 99 fr.; Journal de Dangeau^ Paris, 1854- 1860, 19 vol. : 121 fr.; V Europe illustrée^ Paris, 1755, 6 vol. gr. in-8', frontispice d'Eisen : i5i fr.; Heptaméron françois^ Berne, 1780, 3 vol. in-8*; reliure de Petit; premières épreuves des figures de Frendenberg : 293 fr.
Cette vente a eu lieu du 14 février au 5 mars.
Le 23 février, M. Porquet a vendu à Thôtel Drouotla collection formée par M. Jordan. Le catalogue comprenait 80 numéros. Citons parmi les raretés : les Joyeuses narrations de Bonaventure Des Périers, i559, i'« édition, imprimée en caractères de civilité : 2,610 fr. Cet exemplaire provenait de la bibliothèque Veinant, vendue en 1860.
La Vie inestimable du grand Gargantua, Lyon, 1537. Édition précieuse reproduisant textuellement en 56 chapitres le texte de l'édition de i535 de François Juste ; reliure de Trautz-Bauzonnet : 5o6 fr. ; Marguerites de la Marguerite des princesseSyLyony Jean de Tournes, 1547,2 1. en i vol. in-8°; exemplaire très grand de marges, le plus grand connu : 2,604 ^f*? Horne in laudem beatiss. Virg. Maria ad usum romanum, 1527, pet. in-8*, reliure du xvi» siècle; édition de la plus grande rareté, exemplaire sur vélin : 3,ooo fr. ; la Vénertie de Jacques Du Fouilloux, I vol. in-4», édition fort rare, imprimée probablement vers 1 567, exemplaire relié par Cape : 600 fr.; les Œuvres de Coquillard, i534, in- 16, lettres rondes, édition rare ; reliure de Duru : 5o5 fr. ; Œuvres de Clément Marot^ Anvers, i539, 3 parties en i vol., relié par Trautz-Bauzonnet : 7o5 fr.; autre édition, Lyon, i543, pet. in-8*', reliure de Bauzonnet, exemplaire de Veinant (vente de i855) : 1,060 fr.; le Papillon de Cupido. Lyon, i543, pet. in-8% volume rarissime qui a fait partie de la bibliothèque du duc de LaVallièreet,en dernier lieu, de celle de M. Veinant (V. Goujet, Bibliothèque française, t. XI) : 860 fr.
CHRONIQUE DU LIVRE lal
Ces quatre-vingts numéros ont atteint ensemble la somme de 2 1,930 fr.; une seconde vente, composée de livres de divers genres, mais ne se rattachant pas à la curiosité, doit se faire prochainement. Ajoutons que M. Jordan, dont la famille est établie à Avallon ou dans les environs depuis plusieurs siècles, a, par testament, légué le prix que produira la vente de ses livres à Thospice de la ville d' Avallon.
Du 7 au 1 5 mars, M. Labitte a vendu îi Thôtel Drouot une bibliothèque dont la plus grande partie se composait de livres ornés de gravures et de nombreuses suites de vignettes. Nous avons remarqué les ouvrages suivants : Galeries des peintres flamands, hollandais et allemands, Paris et Amsterdam, 1 793, 2 vol. infolio : 3oo fr. ; le Temple des Muses, Amsterdam, Châtelain, 1 742 : 96 fr. ; Costumes des femmes du pays de Caux, Paris, 1827, pet. in-folio : 170 fr.; les Métamorphoses d'Ovide, Amsterdam, 1732, 2 tomes en i vol. in-folio, exemplaire sur papier de Hollande, orné d'un frontispice, de deux titres gravés et de io3 fig. de Picart : 147 fr.; un autre exemplaire à^s Métamorphoses^ Paris, 1806, 4 vol. in-4*, exemplaire sur vélin avec les figures de Moreau, Le Barbier, Monsiau et Duvivier, avant la lettre : 1,400 fr. ; la Pucelle d'Orléans, Paris, Didot, an III, bel exemplaire en grand papier, avec la suite des figures de Marillier, Monnet, Monsiau, avant la lettre : i,46ofr.; Chants et chansons populaires de la France, Paris, 1843-44, 3 vol. pet in-4*, première édition et premier tirage des figures : 460 fr.; Choix de chansons mises en musique par M. de la Borde, Paris, de Lormel, 1773, 4 tomes en 2 vol. in-8' : 760 fr.; Molière, Paris, 1734, 6 vol. in-4% exemplaire de premier tirage, figures de Boucher : 455 fr.; les Après^sou" pés de la Société, Paris. 1782-83, 6 tomes en 4 vol in- 18, figures de Martinet et Binet : 38o fr. ; Robinson Crusoé, Paris, Verdière, 3 vol. in-8* avec 2o3 figures, dessins, eaux-fortes, la plupart de premier tirage et avant la lettre : 5 60 fr. ; les Mille et une Nuits, Paris, Pourrat, 1837, 4 vol. in-4<», exemplaire auquel on a ajouté 284 figures anglaises de William Harvey, empruntées à l'édition anglaise de 1841 : 100 fr.; Œuvres de Dorât, 14 vol. in-8<*, exemplaire sur grand papier de Hollande avec de nombreuses figures de Marillier, Eisen et Queverdo : 1,000 fr.; Œuvres de Florian, Paris, 1823-24, i3 vol. gr. in-8® avec 25o figures : 200 fr. ; une suite de 40 dessins originaux à la sépia, de Chasselat : 95 fr. ; 61 eaux-fortes de Deveria pour illustrer la Bible de l'édition Lefèvre, 1828: 219 fr. ; suite des 72 figures de Monnet, gravées parTilliard pour illustrer Télémaque : 2,006 fr. ; suite (moins une planche) des 276 figures de Vivier, gravées par Simon et Coiny avant les numéros, pour illustrer les Fables dé La Fontaine : 5o5 fr. , suite des 20 figures de Fragonard, avant la lettre, non rognées, pour les Contes : 1,200 fr. ; suite de 33 figures de Moreau (i" suite) avec le portrait de Cathelin, épreuves avant la lettre, pour illustrer Molière : 2,2o5 fr.; 3o figures de Moreau (2* suite) : i,5oo fr. ; suite des 140 figures et 2 titres (commencement et fin) de Boucher, Eisen, Moreau, Gravelot, Monnet, etc., gravés par Choffard, Le Mire, de Launay, etc., 1767, pour illustrer les Métamorphoses d'Ovide : 3,3o5 fr.; suite de 42 figures de Deveria, 1822-27, pour illustrer les œuvres de Jean-Jacques Rousseau : 140 fr.; suite des 1 10 figures de Moreau pour les Œuvres de Voltaire : 10, 10 fr.
Le 16 mars, vente à Thôtel Drouot d'une collection de livres, dont voici
les principaux : Bible de Mortier, reliure ancienne de maroquin : 140 fr.; Éloge funèbre du prince de Bourbon, par Bourdaloue, édition originale : loofr.; Politique tirée des propres paroles de l'Écriture, ouvrage posthume de Bossuet, Paris, 1709, I vol. in-4® : 3o6 fr.; Heptaméron des nouvelles, Paris, Jouaust, 1880, exemplaire sur whatman : 320 fr. ; Contes et nouvelles en vers, par La Fontaine, Paris, Barbou, 1762, 2 vol. in-8*, édition dite des Fermiers généraux : 800 fr.; les Aventures de Télémaque, Londres, 1738, 2 vol. in-8® : i5o fr., ce livre fut vendu 260 fr. en 1786, à l'hôtel de Bullion; le Décaméron^ Londres (Paris), 1757-61, 5 vol. in-8*, exemplaire en papier fort de Hollande : ?>io ït.\ Manuel du libraire et de l'amateur de livres, dernière édition, exemplaire en grand papier de Hollande : 416 fr.
D'autres ventes ont eu lieu également soit à la salle Sylvestre, soit à l'hôtel Drouot, mais elles ne présentaient aucun intérêt; nous citerons, pour mémoire seulement, la bibliothèque de Duranty et celle de M. Victor Borie.
De fort belles collections d'autographes ont été, le mois dernier, vendues par les soins de M. Charavay, l'expert bien connu.
Dans une première vente :
Une copie de la lettre d'André Chénier au roi de Pologne, datée du 17 novembre 1790, a trouvé acquéreur à 1,910 fr.
Une lettre de l'amiral Coligny à la reine de Navarre (i569) a été adjugée au prix de 600 fr.
Une lettre de Thomas Corneille à l'abbé de Bellegrade a été également vendue 600 fr.
Un billet de M»* Deshoulières à M"* de Scudéry : 5oo fr.
Deux lettres de la princesse Élisa Bonaparte et de Charles Bonaparte, père àe Napoléon, ont atteint 5oo fr.
Dans une seconde collection, nous noterons :
Une lettre de Pierre Corneille à Pellisson ( ce vendredi », i65o à i653), commençant par ces vers :
En matière d'amour, je suis fort inégal, J'en devise assez bien, et le fais assez mal. J'ay la plume féconde et la bouche stérile, Bon goland au théâtre et fort mauvais en ville ; Et l'on peut rarement m'escouter sans ennuy, Que quand je me produis par la bouche d'autmy.
Voilà, ajoute M. Charavay dans son catalogue, une peinture quMl fit de lui-même, il y a vingt ans. Il ne vaut guère mieux à présent. Quoi qu'il en soit, Mg' le P. G. (Foucquet) a voulu avoir ces six vers, « et je ne suis pas fasché de luy avoir fait voir que j'ay tousjours eu assez d'esprit pour cognoistre mes déftiutz, malgré Tamourpropre qui semble estre attaché à nostre métier ». Il obéit donc sans répugnance aux ordres qu'il lui a plu lui donner, et le supplie de lui ménager un moment d'audience pour prendre congé de lui, puisqu'il a voulu qu'il l'importunât une fois encore.
Cette précieuse lettre a été adjugée au prix de 4,000 fr.
Une lettre de Marie Stuart à l'archevêque de Glascow, signée : Vostre bien bonne amye et mestresse, prisonnière, Marie R..., a été vendue i,oo5 fr.
Une lettre de Marguerite Hessin de la Sablière, la célèbre amie de La Fontaine, au père Rapin, 1,010 fr.
CHRONIQUE OU LIVRE isj
Une lettre de M"* de Sévigné à sa fille, 6i5 fr.
Une lettre de Scarron à Pellisson, 5o5 fr.
Une lettre de Saint-Amant à M. de Grémonville, 660 fr.
Une lettre de Le Sage, 920 fr.
Une lettre de Quinault, 420 fr.
Enfin, la dernière vente qui a eu lieu à Thôtel Drouot contenait des pièces de grande valeur, qui ont été chaudement disputées. Citons entre autres :
Cinq lettres originales de Paul de Foix et Michel de Castelnau, envoyés de Catherine de Médicis auprès de la grande Elisabeth, et fort intéressantes pour l'histoire de Marie Stuart, ont été vendues 9,700 fr.; une lettre du duc d'Alençon à Louis XI a atteint i,oo5 fr.; huit pages de M""' de Grignan, fille de M"^ de Sévigné, 5oo fr. ; quatorze lettres de Palissot, 5oo fi*. ; une symphonie inédite de Rossini, 5oo fr. ; les papiers de Carnerero, fameux agent espagnol, intéressants pour rhistoire de la Restauration, ont été vendus 6,000 fr. en quatre dossiers.
Un exemplaire de V Histoire de la Révolution française de M. Thiers, contenant 720 portraits et autographes des personnages les plus marquants de la Révolution, a été vendu i,5oo fi".
Le total de la vacation s'est élevé à 42,000 fi*.
A Bruxelles, M. Ollivier a mis en vente, dans les premiers jours de mars, une fort belle collection de livres du xviii* siècle, la plupart à figures. Citons notamment : Anacréon, Sapko, Bion et MoschuSj Paris, 1773, gr. in-8* : 180 fi-.; Dictionnaire des graveurs anciens et modernes, par Basan, Paris, 1 789, 2 vol. gr. in-8* : 240 fr. ; la Folle journée ou le Mariage de Figaro^ Paris, 1 785, gr. in-8*, exemplaire en papier vélin: 3oofr.; il Decamerone, 1757, 5 vol. in-8* : 35o fi-.; les Dix journées de Jean Boccace, Paris, Jouaust, 1873, 5 vol. in-8, exemplaire en grand papier : 400 fi*.; l'Ingénieux hidalgo don Quichotte de la Manche, Paris, Hachette, 1869, 2 vol. gr. in-4* avec 35o figures ajoutées, 980 fir.; Fables nouvelles, de Dorât, Paris, 1773, exemplaire sur papier de Hollande : 460 firancs.
Il a été vendu à Londres une Bible que l'on suppose imprimée par Johann Gutenbergen 1462.
Cette Bible, trouvée dans la sacristie d'une petite église de .Bavière, est reliée en peau de porc : la couverture est légèrement piquée.
Elle a été adjugée au prix de 762 livres sterling.
L'année dernière, un exemplaire similaire, que l'on croyait unique, a été acheté par M. Perkins au prix de 2,690 livres.
— Le libraire J.-W. Bouton, de New- York, vient de publier un délicieux volume de bibliophUe, qui n'est autre que la traduction de la Bibliomanie en 1880, par Philomneste Junior.
Le traducteur a mis en appendice quelques-uns des principaux articles bibliographiques publiés par le Livre dans le cours de cette même année. Nous avons à constater la splendide impression de cet ouvrage, en tête duquel l'éditeur a donné un fiic-similé de notre portrait en héliogravure de Trautz-Bauxonnet.
latf LE LIVRE
Académie des inscriptions et belles-lettres. (Extrait de la séance du 25 février.) — M. Delisle met sous les yeux de rAcadémie un manuscrit de la bibliothèque royale de Bruxelles, écrit en lettres onciales, qui a le très grand avantage de pouvoir être daté d'une façon rigoureuse et indépendamment de toute considération paléographique.
En tête de ce volume se trouve un titre fort effacé, mais qui a cependant pu être complètement déchiffré. Il est ainsi conçu :