‹ Le livre (volume 3)Chapitre 38 sur 103 · LA NOUVELLE VENTE AMBROISE FI RMIN-DIOOT · texte numérisé non relu

LA NOUVELLE VENTE AMBROISE FI RMIN-DIOOT

miniatures ; — deux précieux manuscrits de VHistoire des Croisades de Guillaume de Tyr, traduction française et continuations (n*« 62 et 63), contenant le premier, vingt-cinq, le second^ quarante-sept miniatures d'une extrême fraîcheur et d'une incomparable finesse d'exécution; — VHistoire de Bertrand du Guesclin (n<> 66), traduite de rime en prose par ordre de Jehannet d'Estouteville; — Its Funérailles d'Anne de Bretagne^ par Pierre Choque (n? 67) \ — le Sacre et couronnement de la Reine Claude (n® 68) ; — les Privilèges octroyés aux notaires (n» 70), splendide manuscrit sur vélin, exécuté en France vers i55o, et orné d'encadrements historiés dont la peinture est attribuée à Jean Cousin; nous leur avons emprunté celui qui entoure la première page du présent article ; — vingt autres manuscrits enfin, français, italiens, espagnols, tous si remarquables au point de vue de l'exécution des ornements, des peintures, des reliures, etc., que pour être bien connu, chacun d'eux pourrait faire l'objet d'une monographie spéciale.

Je ne quitterai point la partie des manuscrits sans donner une mention particulière aux trois suivants : Histoire généalogique de la maison de Rabutin (n* 72), manuscrit autographe de l'auteur de ^VHistoire amoureuse des Gaules, et précieux document terminé en i683, recouvert d'une belle reliure du xvii* siècle, aux armes de l'auteur et de la duchesse de Holstein; — Almanaçh (poétique et satirique) de Vannée 172/ (n«74), délicieux manuscrit sur vélin, exécuté pour la petite-fîUe du Grand Condé, la célèbre Duchesse du Maine; les sept feuillets de cette ravissante plaquette in 4», recouverte d'une riche reliure à la ruche^ sont remplis d'allusions piquantes dont la publication jetterait sans doute beaucoup de lumière sur certaines particularités de la petite cour de Sceaux; — enfin les Taxes prélevées sur les Églises du monde entier par la Cour de Rome (n® 58) me paraît être un des plus importants, sinon le plus précieux manuscrit de notre collection. Exécuté sur vélin, en Italie, à la fin du xv° siècle pour le pape Sixte IV, il a successivement appartenu au cardinal Pierre Riario et au pape Jules IL C'est la liste, en latin, des revenus que la papauté tirait des églises de la chrétienté, à chaque changement de dignitaire. Pas un évêque, pas un abbé^ pas un prieur ne pouvait prendre possession de son siège sans acquitter la taxe, dont le montant total constituait au souverain pontife d'immenses revenus. Pour n'en citer qu'un exemple, l'archevêché de Rouen, un des plus imposés d'ailleurs, était taxé à 12,000 ducats. Ce manuscrit, auquel on ne sache pas qu'il ait jamais été fait d'emprunt, est donc un monument historique de la plus grande valeur, puisqu'il constitue à lui seul la statistique officielle de la juridiction de la Cour de Rome, au xvi« siècle, sur le monde catholique. Sa condition matérielle est admirable sous tous les rapports : formons des vœux pour que cette merveille ne quitte point la France, non plus que les autres trésors que renferme cette vente.

i68 LE LIVRE

M^étant étendu, beaucoup trop peut-être, sur la partie manuscrite de la nouvelle vente A. Firmin-Didot, il ne me reste que bien peu de place pour parler de livres imprimés. Cette deuxième partie du catalogue comprend 470 articles, parmi lesquels figurent nombre àHncunables^ des impressions rares des Aide, des Estienne, de Geoffroy Tory, d'Etienne Dolet; des livres précieux sortis des presses d Ulrich Géring et ses collaborateurs, premiers imprimeurs de Paris \ des premiers livres grecs imprimés à Paris par Gilles de Gourmont; des impressions extraordinairement rares de la seconde typographie parisienne, celle de Pierre de Keysere tt Jean Stoll. D'après une note de la main même de M. A. Firmin- Didot, les exemplaires de cette deuxième typographie parisienne sont si peu communs en France, qu^il a mis plus de dix années à en découvrir des spécimens ; ceux qu41 a pu se procurer par la suite provenaient en grande partie d'Allemagne.

Dans cette belle section des livres imprimés, les exemplaires uniques, les exemplaires sur vélin^ les curiosités les plus surprenantes et les plus rares sont loin de manquer; je ne puis en signaler que quelques-unes prises au hasard : c^est, par exemple, une exquise plaquette de sept pages in-8<* seulement qui a pour titre : La novella délia figluola del mercatante che si/uggi la prima sera dal maritoper nonessere impregnata (n* 286). Ce bijou, orné de trois ravissantes gravures sur bois, ne porte ni date ni lieu d^impression, mais très probablement il a dû voir le jour à Florence, vers le commencement du xvi« siècle : cet exemplaire, le seul connu, a appartenu au fameux Libri, puis au marquis de Morante.

C^est à ce dernier bibliophile qu^appartenait encore une curiosité que nous retrouvons ici : le Martial de Malherbe (in-folio, 161 1; n» 189), avec Vex-^libris et une pièce inédite de 3o vers de la main de cet illustre poète, et, au bas du titre, ces deux lignes aussi de sa main : c Delectare in Dno, et dabit tibi petitiones cor dis tui », — /r. Malherbe. ^1612, — Qui ne voudrait pouvoir acquérir Pexemplaire unique du poème latin, en forme prosopéique (n* 204), consacré par Geoffroy Tory à la mémoire de sa fille Agnès, morte à Tâge de dix ans? Cette plaquette de 8 feuillets, qui a précédemment appartenu à M. Techener et au marquis de Morante, offre, pour la première fois, la marque de Tory, le Pot cassé, mais avec une petite image qui représente Pâme de sa fille montant au ciel et qui n^a jamais reparu depuis dans ses livres. — Je ne puis m^empécher de signaler encore presque toutes les éditions originales in-4® des pièces de Corneille; des éditions originales de Racine; une série de vingt ballets rarissimes, dont les intermèdes ont été composés par Molière et dont un ou deux sont restés inconnus à Péminent M. Paul Lacroix; enfin, la merveille des merveilles, le clou de la vente, comme on dit maintenant : le Dialogue des créatures, traduit par Colard Mansion et imprimé, à Gouda (Hollande) en 1482. Cet exemplaire, orné de bois

LA NOUVELLE VENTE AHBROISE FI RH IN-DIDOT. tûf

eïtrémement curieux, est revêtu d'une fort riche reliure de Trautz-Bauzonnet ; c'est, avec l'exemplaire, moins beau d'ailleurs, de la Bibliothèque nationale, le seul que l'on connaisse aujourd'hui.

Ainsi qu'on a pu le voir, dans cette revue si précipitée, la troisième vente Ambroise Firmin-Didot ne le cède presque pas aux précédentes. Elle n'épuise pourtant pas non plus les merveilles de celte splendide collection, et les deux ventes qui auront lieu dans un temps encore Inde'terminé réservent bien d'autres surprises au monde des vrais bibliophiles.

Bien que dispersée en mille mains, cette admirable bibliothèque survivra à sa désagrégation. Son souvenir ne saurait périr, grâce au monument que lui élève son bibliographe, je devrais dire son historien, M. Gustave Pawlowski;en effet, le savant bibliothécaire de la maison Firmin-Didot, a rédigé le catalogue de cette collection presque sans rivale avec tant de soin, de goût, d'exactitude et d'érudition que les cinqpanies de son beau travail formeront plus tard un complément indispensable du Manuel du libraire.

Etmaintenant, ô bibliophiles, macti nummis estote! Les enchères sont ouvertes, le combat commence, il s'agit de forcer la victoire qui, en cette occasion comme en tant d'autres, cédera aux plus gros bataillons, c'est-à-dire aux plus gros sacs d'écus.

LA RELIURE ILLUSTREE

F 10. 92. — Beauvilliers (Marie -Suzanne -Françoise du Creil de BouRNEZEAU, DUCHESSE de), datue d'honneur de Madame Adélaïde, née le 18 août 1716, morte vers 1780. Elle était fille de Jean-François du Creil de Bournezeau, baron de Buillac, seigneur de Chàtelux, CQnseiller d'Etat et intendant de Metz, mort à Paris le 18 mai 1761 âgé de soixante dix-huit ans, et de Marie-Claude-Thérèse Turgot, Elle avait épousé, le 3o décembre 1738, Paul-François de Saînt-AignaQ, duc de Beauvilliers, pair de France, né le 16 août 1710, décédé le 7 janvier 1742, Pieuse et riche, dit le duc de Luynes, la duchesse de Beauvilliers avait réuni un grand nombre d'ouvrages la plupart sur des matières religieuses et très bien reliés. Quoique avare, selon d'Argenson, elle semble pourtant n'avoir rien négligé pour rendre sa collection de livres utile et belle au point de vue qui rintéressait.

Sa marque se trouve frappée sur : Consolations chrétiennes, 1744, joli volume habillé en, maroquîa citron, faisant partie aujourd'hui des richesses bibliographiques. rassemblées par M. le marquis de Gallard en son château de Wïdeville (lle-de-Francc). '

Fig. 93. — BotlRDEAU{CAriï/c)pAet>E),seigneurdeCastera,aupaysde3 Lanncs, directeur de la monnaie de Perpignan en 1737 et de celle de Toulouse en 1739. Il avait épousé vers 1727 Marie-Noelle de la Porte, dame de Baluzin.

Possesseur d'une grande fortune, instruit, amateur ardent des lettres et des arts, le seigneur de Castera avait collectionné un grand nombre de livres et de médailles antiques, en son hôtel de Saint-Sever (Landes). Tout fut dispersé en 1793.

Empreinte prise sur : Office de la semaine sainte, 1726, conservé au

LA RELIURE ILLUSTRÉE Fig. 92. — Bbauvillictb db S'-AroN*«. Fig. gî. -

Saint-Aicnak : Fascé d'ar/^ent et de linople. Les fasces d'argent chargées, la I" de 3 merlettes, la 3' de deux et la 3' d'une seule; accolé de Creh. de Bourne- XKKv, qui est : d'or au chevron de gueules, accompagné de trois clous de ta passion de même.

Écartelé: au \\ d'azur au chevron d'or, accompagné de deux étoiles de mime en chef, et en pointe, d'un casque antique d'argent; au 2, de gueulet à deux épées d'or passées, en sautoir; au 3, degueules à la croix potencée d'argent; au A,d'ajur au lion d'or accompagné de deux fleurs de lys du même en chef.

Fig..95.-CAPTA«.

Ecartelé : au i et A contre écartelé; au I et 4 d'ajur à trois fasces ondées d'argent, au lion issant d'or, qui est de Bulliom; au 3 et 3 d'argent à la bande de gueules, accompagnée de six coquilles du même en orle, gui est de Vincent. Au 2 et 3, d'argent à quatre lionceaux cantonnés de gueules, armés et lampassés d'or, qui est de Beauvau.

Ecartelé: au i, d'argent à trois étohes d'azur; au 2, d'ajur au cygne d'argent; au 3, d'argent au chevron d'azur, accompagné de cinq tourteaux de gueules, deux en chef, trois en pointe, mal ordonnés; au 4, d'argent à trois fasces ondées de gueules.

C*i¥*«Ti^ : D'azur à cinq fan d'ar/^enl; accolé de \EBTnmoii, qui ■ ecarielê : au i, au lion passant d'or ; t et 3, à cinq points iTor iquipolél 4 d'ajur; au 4 de gueules plein.

Vin. >,i. — lîr(fxpo---Wrr>KvtM.R (Marie-Catherine de Beaitvad, vap- «« uv.), Iilk .le JflC<|ug. de Bcauvau, troisième du nom, maréchal de

LA RELIURE ILLUSTRÉE 17

camp et armées du roi, et de Diane-Marie de Campet. Son mari, Louis de Bullion de Wideville, marquis d'Attilly en Brie, seigneur de Pamphon et de Long-Chéne, mourut le i8 juin 1693. Elle épousa en secondes

Fig. 100. — Caumaktih. Fig. loi. — Caukabt'i».

D'azur à cinq fasces" d'argent. Ca^ur, à trois cours d'or posés deux

en chef, un en pointe, gui est de ua Couk accolé de Cauhabtin.

noces Pierre de Barville, seigneur de Noce, lieutenant du roi au fort de Barraux.

Sa bibliothèque contenait, entre autres ouvrages, une fort belle réunion d'ceuvres dramatiques.

Marque frappée sur : Œuvres de théâtre de M. de Nivelle de la Chaussée, ij52, conservées au château de Wideville.

Fig. 9S. — Captan {Pierre-Augustin-Frédéric-Joseph de) seigneur de Monneins, né le 21 juin 1769. Capitaine au régiment d'Aunis, il émigra au moment de la Révolution et servit dans Tarmée de Condé. A son retour en France, il fut nommé chevalier de l'ordre de Saint-Louis, puis commandant de l'arrondissement de Saint-Sever (Landes). II avait épousé Marie-Paule-CamilIedeBourdeau, d'Audigeosde Castera,611e de Pierre-Martin de Bourdeau et de Marie-Joseph de Camarieu.

Cet amateur possédait une remarquable collection de voyages au XVIII* siècle et une suite nombreuse d'éditions Cazin. La plupart de ces ouvrages, ornés de la marque ci-dessus, font partie de la bibliothèque du château de Wideville.

Fig. 96. — Carahan (Marie-Jean-Louis de RiQtier, dit le harquis de) brigadier des armées du roi, et chevalier de Tordre de Saint-Louis. Ce

fut le quatrième fils de Vîctor-Pierre-Françoîs, comte de Caraman, et de Louise- Madeleine-Antoinette du Portail. Né le 26 novembre ijSi, il mourut en 1806. Avait-il une bibliothèque ? Il ne faut pas en douter, d'après son fer. Mais de quoi se composait-elle, et qu'est-elle devenue ? Chi lo sa ! Tout ce que nous pouvons dire c'est que ses armes figurent sur : Six quatuors^ par Chartrain, conservés à la Bibliothèque nationale sous la cote: f* V" 1780 ; ouvrage qui lui est dédié par Pauteur. D'où nous inférons que c'est Fauteur lui-même qui, dans un but facile à comprendre, aura fait frapper l'écusson du marquis sur son œuvre en la lui adressant : usage assez fréquent à cette époque.

Fig. 97 et 98. — Castries (Charles-'Eugène'Gabriel de'la Croix, dit le MARQUIS de), maréchal de France, ministre de la marine et chevalier de l'ordre du Saint-Esprit. C'est à lui que l'on doit l'importante victoire de Clostercamp, remportée en 1760 sur le duc de Brunswick, commandant en chef les lignes ennemies. Il quitta la France pour prendre du service dans l'armée de Condé au moment de la Révolution, puis se retira à Wolfenbutel, où il mourut en 1801 à l'âge de soixante-quatorze ans. Il était né le 25 février 1727. Le duc le fit inhumer à Brunswick même et lui érigea un tombeau, honorant ainsi et le vainqueur et le vaincu.

Avant de quitter la France le marquis de Castries vendit tous ses livres et toutes ses pièces artistiques. De part et d'autre il y avait là des sujets de prix. Sa marque est très commune, ce qui tendrait à faire croire que sa bibliothèque était considérable.

Nous avons trouvé de lui deux fers : l'un n® 97, quand il n'était encore que colonel d'un régiment de cavalerie, grade indiqué par les guidons placés de chaque côté de l'écu ; l'autre n® 98, lorsqu'il fut créé maréchal de France, comme le montrent les deux bâtons passés en sautoir, insignes de cette dignité militaire. Ce dernier fer est placé sur : Tableau des variétés de la vie humaine, par M. G. Daignan ; Paris, 1786, inscrit sous le n*» 56 dans le catalogue Lambilly, Paris, Aubry, 1866.

Fig. 99. — Cjlvuaktïi^ {Catherine Madeleine DEVERTHAMON,'dameDE), décédée le 28 octobre 1722 âgée de quatre-vingts ans. Elle fut inhumée aux Minimes de la place Royale, à Paris, dans la chapelle de Verthamon. Elle avait eu pour. mari Louis-François le Fèvre deCaumartin, conseiller d'État et intendant de la province de Champagne, mort à Paris le 3 mars 1687, le fondateur de cette fameuse bibliothèque dont nous parlerons plus bas, qui passa successivement entre les mains de plusieurs membres de la famille, et toujours en s'augmentant, jusqu'à Jean- François-Paul le Fèvre de Caumartin, évêque de Blois, le dernier possesseur, mort en 1733.

Parallèlement à la collection de son mari, M"* de Caumartin avait aussi la sienne propre, qu'elle forma avec un goût digne d'un vrai

La reliure ILLUSTREE 175

bibliophile. On dit qu'elle était fort nombreuse. Presque tous ces volumes étaient accompagnés des armes de Caumartin, accolées de celles de Venhamon.

Empreinte tirée du cabinet de M. Richard Desaiz, à Issoudun.

Fig. 100. — Cauuabtin (Antoine-Louis-François le Fèvre de), deuxième du nom, chevalier, marquis de Saint-Ange, comte de Moret, seigneur de Caumartin, de Boissy-le-Châtel, etc. Né le 3o juillet 1725, mort en avril i8o3.

Cet amateur délicat, qu'il ne faut pas confondre avec Caumanin Saint-Ange, Tamt de Voltaire, et qui suivra, avait été successivement conseiller au grand conseil, maître des requêtes, intendant de Flandre et d'Anois, conseiller d'État, prévôt des marchands de Paris, et chancelier de l'ordre de Saint-Louis. Ses livres étaient estimés. Vendus à l'encan après sa mort, ils rapportèrent, dit-on, environ 10,000 fr.

Fig. 101. — Caumartin (Madeleine-Ckarles-Émilie le Fèvre db), fille de Louis-François et de Catherine-Madeleine de Venhamon, citée n* 99. Elle avait épousé, le 8 mars 169?, Jacques de la Cour, seigneur de Manneville et de Balleroi, conseiller au parlement de Normandie, puis maître des requêtes, décédé le 19 mai 1725. Elle mourut le 9 mai 1749 dans la soixante-seizième année de son âge, en son château de Ballerot près Bayeux (Normandie), oii se trouvait sa collection de livres dont la majeure panie portaient ses armes, qui étaient de la Cour accolé de Caumartin j l'écu entouré de la cordelière, signe de viduitë.

Marque prise sur : Histoire du vicomte de Turenne, par l'abbé Raginet; La Haye, 1738, in-12, de la bibliothèque de M. le comte David de Riocourt.

Jo&NKIS OviSAKO,

ÉTUDES ET DOCUMENTS NOUVEAUX

g Lct monograpkiti lont k mojtn le pliu u*urt de taire progrctter ta •cicDcc bibliogrtphiijae. ■

hevanx (XiM} an Manège. Ouvrage trouvé dans te portereuille de M'' le prince de Lambesc , grand écuyer de France. Aui Tuileries (Louvre), 1789. Trois livraisons de 8 pages in-8" chacune.

Ce pamphlet anonyme, dirigé contre les membres de l'Assemblée nationale, qui siégeait au Manège, est décrit dans la ■ Bibliographie de la presse périodique* de M. E. Hatin (p. 114), Chaque numéro, nous dit-il, a sa clef sur un feuillet séparé et sous le titre de : ■ Noms des chevaux à dresser, avec leur caractère et leurs penchants. » On apprend ainsi que le Pétulant, c'est Mirabeau ; l'Ombrageux, c'est Clermont-Tonnerre ; le Familier, c'est l'êvèque d'Autun (Talleyrand) ; la Cabreuse, c'est l'abbé Maury; V Indocile, c'est Target; le Peureux, c'est le duc d'Orléans; l'Intrépide, c'est Grégoire ; la Rusée, l'abbé de Montesquieu; le Foudroyant, Thouiei;V Heureux, Bailly; l'Inconstant, d'Aatraigues; la Nonchalante, l'archevêque d'Aix (de Boisgelin); le Terrible, ChJteauneuf-Randon , etc., etc.

Ce curieux et rare libelle n'est pas fort tendre à l'égard des personnaf;es qu'il vise et au sujet desquels il s'exprime ainsi :

Leur orgueil foule bui pieds l'orgueil du diadème; ils ont brisé le joug pour l'imposer eux-mâme. De notre liberté ces illustres vengeurs.

Armés pour la défendre, en sont les oppresseurs. Sous les noms séduisants de patrons et de pères, Us affecient des rois les démarches altiéres.

Ghroniqae (fia) indiscrète da XIS» siècle. Esquisses contemporaines extraites de la correspondance du prince de***. Paris, Persan, 1825. In-S*.

Selon Barbier, qui Ta d'ailleurs assez mal traité, cet ouvrage est de P, La^ halle, /. B. J. J. P. Regnault-Warin et J. B. B. de Roquefort, C'est une compilation d'anecdotes, de portraits, etc. ; cerains personnages y sont nommés en toutes lettres, notamment Barbier, auquel on rend de justes hommages, et qui déclare que c'est le seul article bien fait et exact. Un plus grand nombre de personnes, qui ne jouent pas toujours un beau rôle, ne sont désignées que par des initiales. Il y a là à faire une clef que Ton pourrait publier aujourd'hui sans inconvénient.

Chute de la médecine et de la chirurgie, ou le monde revenu dans son premier âge; traduit du chinois par le bonze Luc-Esiab.

A Emeluogna, la présente année 000 000 000. Petit in-8<^ de n pages. Dans quelques exemplaires, au milieu des quatre lettres bran, la lettre Q est remplacée par celles-ci :

Cette fantaisie malpropre, décrite à la page 5 de la c Bibliotheca Scatalogica », est remplie de mots d'apparence hétérogène, mais dont la clef est bien facile à trouver : il suffit de lire ces mots à rebours, comme on lit l'hébreu ; exemple : Sarg^ Ydram — Mardy-Gras.

Toute cette facétie roule sur une recette pour faire vivre jusqu'à troi^ cents ans, laquelle a été découverte par le célèbre docteur Reikc-a-Top, médecin du grand Luc-ecus,

Voici cette précieuse formule :

Essius-ed'Nortey un gros.

Etomram-ed'Eriofy deux onces.

Neihc-^d'Edrem , quatre onces.

Mêlez le tout dans une pinte de Ellielv-ed-Tassipy qu'on réduira à une chopine.

Suivent les attestations des docteurs Eriofehcely Narb-Eluogne^ Essev* Emuh, et des médecins Lucneelffuos, Norie-Ebogy Tuot-Zelava : le tout contresigné Sarg' Ydram.

Nous laisserons aux amateurs.... de ces grasses facéties le soin de traduire ces noms. Nous ajouterons seulement que cet opuscule fait partie des onze volumes petit in-8<^ publiés par Caron (Pierre-Siméon), de 1798 à 1806. On sait que cette collection n'a été tirée qu'à 56 exemplaires et, au dire du spirituel rédacteur de la « Bibliotheca Scatalogica », ceux qui sont complets se vendent plus cher qu'un bel exemplaire de Bossuet, de Buffon ou de Voltaire. Séparément, toutefois, ces opuscules sembleraient avoir beaucoup moins de valeur, car celui dont il est ici question n'était coté que i fr. 5o en 1873, dans le 90' catalogue de la librairie Baillieu.

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